Limiter certains commentaires, c’est accroître la censure plus qu’il n’en faut. Et selon quels critères devra t-on statufier qu’une réponse est pertinente ou pas ? Comment mesurer la pertinence au juste, si ce n’est que le questionneur est satisfait de la réponse ? Car, à vrai dire, poser une question, c’est pressentir une réponse. On ne la connaît pas mais on a envisage que la réponse sera donnée dans un registre précis : une question scientifique induit une réponse qui l’est également, etc.
Poser la question « pourquoi se brosser les dents », c’est déjà envisager une réponse scientifique sur l’hygiène. Mais est-il hors-jeu celui qui répondra « c’est idiot. On devrait être libre de le faire ou pas » s’interrogeant sur le libre-arbitre de nos actes? Depuis quand une question n’a pas le droit d’ouvrir une autre question? Faudrait t-il alors éliminer toutes les digressions qui ouvrent sur de nouveaux horizons…Ne serait pas là un assèchement de la discussion ; quand on sait que le propre de la dissertation philosophique est de montrer qu’une question, aussi claire soit-elle, peut s’analyser sous une infinité d’angles aussi déroutants pour le questionneur?
De plus, la réponse « à coté de la plaque » n’est-elle l’expression même de la diversité humaine qui fait que nous ne comprenons jamais la même chose, excepté justement quand nous nous …questionnons mutuellement. ? Dès lors, les réponses incohérentes devraient nous pousser à interroger l’autre plutôt que de jouer au censeur…
Ensuite, définir une question par son utilité, c’est se poser la question : « utile pour qui ? ». Il n’est pas sûr que ce qui est inutile pour moi le soit pour un autre… Je ne vois pas pourquoi une question qui semble conne n’aurait pas le droit d’exister. Nous avons toutes une carte mentale qui nous est propre et qui fait que ce qui est con ne l’est que pour nous…rappelez vous une journée dans une administration où la guichetière vous fait bien sentir que vous êtes un imbécile parce que vous ne comprenez pas le formulaire B 423… alors que personne ne le comprend à part elle…
Enfin, l’Histoire des sciences montrent que les questions inutiles, stupides ou idiotes ont souvent été à l’origine de grandes découvertes. Qui aurait pu penser qu’une question aussi ridicule comme « qu’est que cela fait si on chevauche un rayon de lumière » a débouché sur la relativité générale quand un enfant buté à continué adulte à réfléchir à la question qu’il se posait enfant, sur les bancs de l’école, tandis que ses prof ridiculisaient ce genre de remarques…
Voila un florilège de questions qui peuvent paraître connes :
- Pourquoi je ne trouve jamais de trèfles à quatre feuilles ? Pourquoi les bus viennent par trois ? Pourquoi je ne peux pas me sodomiser avec mon kiki ? Pourquoi roter, c’est mal vu adulte alors qu’on admire quand c’est un bébé qui le fait?
Mais dont les réponses ne le sont moins .les scientifiques reconnaîtront pour la première la problématique de la suite de Fibonacci appliquée aux pétales des fleurs .La seconde traite de la loi de Poisson en Statistiques…la troisième peut être une introduction à l’adaptationnisme des organes ou à l’hygiène : les matières fécales ne doivent pas entrer dans l’urètre…Et la dernière sur le relativisme culturel…
Sont-elles si connes, ces questions vues sous cet angle ? Car la vérité est autre : il n’a pas de questions, ni de réponses connes. Il y’a que des questions et réponses qui sont signifiantes pour vous…
"Ne prenez pas la vie trop au sérieux. De toute façon,vous n'en ressortirez pas vivant!"