Le choix de son maître de vie fait souvent écho à des besoins ressentis profondément. S'il y a des personnes qui découvrent assez tôt leur maître de vie, souvent inspirées par leur religion, il y en a qui ont besoin d'expérimenter quelque chose de particulier pour ressentir le besoin d'identifier cet exemple. Et ce dernier peut être pour ainsi dire, n'importe qui, pour peu qu'il a développé une philosophie ou un concept particuliers auxquels le suiveur adhère.
Entre Jésus de Nazareth et Socrate, Épicure et Hannah Arendt, chacun poursuit l'exemple de son idéal, porté par le désir d'un mieux vivre intérieur. Dans l'actuelle société de consommation qui fait vite oublier le goût des choses simples, Antoine de Saint-Éxupéry serait un excellent maître de vie.
Son « expérience du désert » est un bon moyen pour redécouvrir la valeur de ces choses que nous possédons et qui nous rendent blasés. Voir de plus près ce que l'on est et plus loin que ce que l'on a, voilà le principe.
Un premier pas utile d'ailleurs, pour créer des liens. L'on a perdu le goût des vrais contacts et l'on se laisse berner par l'illusion de l'amitié virtuelle. La véritable relation, qui rend responsable de l'autre, comme enseigné dans « Le petit prince », est en train de se perdre.
Sans se sentir responsable de l'autre, des autres, l'on peine à trouver des motifs pour donner, un autre enseignement précieux de ce maître de vie, passionné d'avions.
Le don, pas nécessairement de choses matérielles, mais de son temps et d'un peu de sa personne, semble ne plus intéresser qu'une poignée d'humains.