Penser à quelque chose de mal fait-il de nous quelqu'un de mauvais ?



leonardov
Cette question a été posée par LeonardoV, le 30/06/2010 à à 20h52.  *  Alerter les modérateurs
Vous trouverez peut être plus d'information dans l'annuaire de Web-Libre, dans la catégorie Styles de vie.

Vous pouvez y répondre en utilisant le formulaire situé ici.
 


Liens commerciaux

Réponses



 carter a écrit [30/06/2010 - 21h10 - Avis,définition, témoignages et conseils sur le guide du savoir Web Libre.org]  
carter

On ne contrôle pas ses pensées. Par contre, nous pouvons contrôler nos comportements. Nous sommes donc jugés par nos actes et non par nos pensées. Si, adulte, vous voyez une gamine de 14 et que vous rêvez de vous la faire ; ca ne fait pas de vous un pédophile. Vous l’êtes si vous passez à l’acte. Rêvez de tuer son patron ne fait pas de vous un criminel. Vous l’êtes si vous le strangulez !

Une pensée est incontrôlable. Le temps que vous vous fixez sur elle et une autre pensée la remplace ! D’ailleurs, méditer n’est pas faire le vide dans sa tête (on ne peut pas !) ; méditer, c’est apprendre à « dé fusionner » de ses pensées ; c'est-à-dire apprendre à bien saisir que ses pensées ne sont que des pensées et non la réalité. C’est comprendre que les idées arrivent dans votre « théâtre » mental sans que vous puissiez faire quoi que ce soit ; si ce n’est de prendre note qu’elles se sont imposées à vous sans pour autant qu’elles soient vraies…




"Ne prenez pas la vie trop au sérieux. De toute façon,vous n'en ressortirez pas vivant!"


 Chu Fu a écrit [30/06/2010 - 23h30 - Avis,définition, témoignages et conseils sur le guide du savoir Web Libre.org]  
Chu Fu

Les pensées s'élèvent et disparaissent dans l'esprit un peu comme les vagues sur l'océan : en ce sens, je serais d'accord sur l'aspect "incontrôlable" dont parle Carter... le tout est de ne pas les saisir car on devient ce que l'on mange - logique ! - et ça vaut pour l'esprit : un esprit nourri par la haine devient de plus en plus haineux... un esprit nourri de médisance et de ragots devient de plus en plus obsédé par guetter les autres pour surprendre leur vie privée et répandre sur la voie publique ce qu'il a vu, dire du mal, critiquer... un esprit nourri d'avidité entretiendra l'insatisfaction et le désir grandissant d'avoir plus, toujours plus, ainsi que la jalousie et la concupiscence...

C'est sur ce point que je ne suis pas d'accord avec carter (salut carter !!!) En fait, si l'apparition d'une pensée est "incontrôlable", la saisir et s'en repaître est déjà nourricier pour l'esprit et c'est à ce niveau que l'on peut agir : on peut choisir de ne pas suivre cette pensée, de ne pas la saisir de ne pas s'en nourrir afin qu'elle ne devienne pas notre pain quotidien et ne nous entraîne pas dans une spirale cyclonique.

Les effets d'une émotion ne durent pas plus d'une minute : si on laisse la chose s'éteindre, on passe à autre chose sans avoir donné à notre esprit le droit de se nourrir de la pensée.

Pour reprendre l'exemple de la pédophilie, je ne suis pas d'accord avec carter : le seul fait de s'autoriser à rêver de "se faire" une gamine de 14 ans, même sans passer à l'acte, est de la pédophilie doublée d'une négation absolue de l'intégrité de l'autre. Ne pas laisser s'éteindre sans la saisir une pensée malsaine et destructrice et s'en nourrir va mener un jour ou l'autre celui qui s'engage dans une telle voie à un acte irréparable.

Je compare souvent cela à un escalier qu'une personne descend : marche après marche, elle ne descend jamais qu'une marche à la fois... lorsqu'elle descend la dernière marche, pour elle, elle n'a descendu qu'une marche, mais pour les gens autour, elle est au fond d'un épouvantable gouffre et elle ne s'en rend absolument pas compte, trouve sa situation "normale"...

C'est pour cela qu'il est préférable de saisir consciemment les pensées positives et de s'en nourrir et, bien sûr, de faire l'inverse avec les pensées négatives...




 carter a écrit [30/06/2010 - 23h45 ]  
carter

"on peut choisir de ne pas suivre cette pensée, de ne pas la saisir de ne pas s'en nourrir"

Exact. Ca s'appelle "défusionner" , c'est à dire comprendre que nos pensées ne sont pas réelles. Je te remercie Chu Fu (salut) de mieux expliciter ma..pensée.




"Ne prenez pas la vie trop au sérieux. De toute façon,vous n'en ressortirez pas vivant!"


 Chu Fu a écrit [30/06/2010 - 23h49 ]  
Chu Fu

qu'importe le nom qu'on lui donne, dans le bouddhisme, entre autres, on appelle ça "sagesse"... bisous cher ami




 betina a écrit [01/07/2010 - 01h33 ]  
betina

Si une pensée chasse l'autre ça va mais si la pensée malsaine devient récurrente ou s'installe,il y a de fortes chances de devenir quelqu'un de mauvais dans le cas de la pédophilie dont parlait carter.

Mais il a raison quand il dit que l'idée de tuer son patron ou une autre personne nous a tous traverser l'idée mais nous n'avons pas entretenu cette pensée,nous sommes passés à autre chose car la vie nous fait tellement avancer vite que nous sommes déjà dans un nouveau trip qui peut-être positif celui-là mais que l'on appliquera pas plus.

Notre petite tête n'arrête pas de bouillonner de mille et une choses mais quand la même chose négative revient,attention....




"La violence est le dernier refuge de l'incompétence".Isaac ASimov "la connerie c'est la décontraction de l'intelligence" S.Gainsbourg


 Wisty a écrit [01/07/2010 - 07h33 ]  
Wisty

Bonjour,
La pensée est libre de tout un chacun, ce n'est pas une raison que l'on puisse devenir mauvais. La perversité est parfois innée chez certain individu, qui n'a rien à voir avec la pensée.




Wisty


 LeonardoV a écrit [01/07/2010 - 19h56 ]  
LeonardoV

Une pensée peut être mauvaise sans pour autant que l'individu qui la possède ne passe à l'acte. Pour reprendre l'exemple de la pédophilie, avoir une réelle attirance sexuelle envers une gamine de 14 ans est une idée malsaine.
En est-on mauvais pour autant, c'est une question de degré, quand est-ce qu'on passe d'une personne 'pas bien gentille' à une personne mauvaise. Le calibrage est subjectif et sera influencé par la religion, l'éducation, la nationalité et encore d'autres facteurs très nombreux, mais dans la société française pour avoir un cas concret, la personne est considérée comme mauvaise, même sans avoir agis. C'est pourquoi un ancien pédophile même traité avec divers médicament est toujours une personne mauvaise car ses idées restent les mêmes.

En revanche, car j'attends l'argument du "vouloir tuer son patron", il ne s'agit pas là d'une vraie pensée (ou réelle envie, comme je l'ai indiqué pour mon argument sur la pédophilie) d'un meurtrier en devenir, mais plutôt d'une pulsion, d'une exagération de notre colère qui, elle, est saine car naturelle. De ce fait, ces personnes ne sont pas des personnes mauvaises parce qu'elles pensent avoir eu envie de tuer leur patron; sauf cas exceptionnel où la personne en question de par son parcours possède de vraies envie de meurtre, et dans ce cas nous sommes en presence de quelqu'un qui peut etre qualifié de mauvais.




Life is a game


 carter a écrit [01/07/2010 - 22h07 ]  
carter

Vous employez des arguments à géométrie variable : tantôt la pensée est mauvaise, tantôt elle est bonne en fonction de vos tabous et de vos aprioris moraux. « Penser à massacrer votre patron » ne vous choque pas ; les idéaux socialistes ayant sans doute forgé votre imaginaire. Par contre « penser sodomiser cette petite garce de lolita qui suce sa sucette en me narguant » vous choque…Alors que dans les deux cas, il ne s’agit de que pensées qui arrive dans votre « théâtre mental », rien de plus !

Tant qu’elles se sont pas obsédantes et réponde à des incongruités contextuelles, elles sont bien innocentes. Si elles sont persistantes, on peut parler d’obsession ; mais les obsessions ne font souffrir que ceux qui les vivent car ces personnes les reconnaissent comme insupportables. C’est donc bien qu’elles sont saines puisqu’elles identifient ces obsessions comme telles et veulent s’en débarrasser …

Et quand bien même cette petite lolita vous obsède -et les petites filles en général- au point que l’on puisse indéniablement diagnostiquer en vous des tendances de « perversions sexuelles », il m’empêche que vous oubliez tous une évidence : on est jugé que par nos actes ! Aucun juge ne vous accusera de penser « sodomiser cette petite salope » si vous vous dé fusionner de cette pensée et que vous la voyez comme telle : un fantasme qui n’a pas pour objectif de se concrétiser…Vous n’êtes pas votre pensée et rien ne vous oblige de la suivre ou de la considérer comme réelle !


Il y’a de part le monde de nombreuses personnes qui ont des pulsions pédophiles et qui n’ont franchi la ligne rouge pour une raison fort simple : elles savent distinguer le réel de l’imaginaire et savent que « penser à des gamines, ce n’est pas la même chose que de « se les faire en vrai ». La criminalité est dans l’acte. Point barre

Je porte donc un toast en hommage à tous ces gens qui possèdent des pulsions pédophiles et ne passeront jamais à l’acte. Ils sont une leçon à assimiler : on ne peut accuser un individu parce qu’il pense telle chose, on l’accuse parce qu’elle a fait cette chose. Nuance

A tous ces gens qui ont des pulsions pédophiles et qui n’ont jamais et ne passeront jamais à l’acte, la Société vous remercie : vous êtes noble parce que vous avez su passer outre votre état de nature. A tous ces eternels inconnus qui gardent en eux leur secret ; la société reconnaissance…




"Ne prenez pas la vie trop au sérieux. De toute façon,vous n'en ressortirez pas vivant!"


 carter a écrit [01/07/2010 - 22h21 ]  
carter

"Une pensée peut être mauvaise sans pour autant que l'individu qui la possède ne passe à l'acte."

Oui mais ce n'est pas ta question...




"Ne prenez pas la vie trop au sérieux. De toute façon,vous n'en ressortirez pas vivant!"


 cochise_fr a écrit [01/07/2010 - 22h38 ]  
cochise_fr

Bonjour,
Oui, bien sur que cela fait de celui qui a cette pensée un être mauvais.

La seule différence est que cet être mauvais ne sera révélé au monde que lorsque sa conscience lui donnera vie et-ou réalité..... c'est à dire trop tard quand il y aura une victime.




La richesse d'un pays ne se mesure pas à son PIB. mais à celle du plus pauvre de ses habitants. Améliorez son sort et toute la société en sera meilleure. Dans un pays riche, l'existence de la pauvreté devrait être un délit.


 carter a écrit [01/07/2010 - 23h22 ]  
carter

Youpi ! Après le déterminisme social, après le déterminisme biologique, voici venu l’heure du déterminisme cognitif : tu es ce que tes pensées sont. Ben, va falloir accroitre les prisons, mon Cochise, parce que si maintenant, il faut fliquer la pensée, y’aura pas assez de cellules pour tout le monde…Parce que c’est vrai, ca ! Toute mauvaise pensée répétée est le signe avant coureur d’un délit forcement inévitable et que fait la police pour entraver ces crimes qui n’ont pas encore eu lieu ?
Va-t-on avoir un délit de potentialité ?

(Nota béné : le film de SF « Minority Report » s’est d’ailleurs attelé à montrer les travers d’un tel paradigme.)




"Ne prenez pas la vie trop au sérieux. De toute façon,vous n'en ressortirez pas vivant!"


 LeonardoV a écrit [02/07/2010 - 01h03 ]  
LeonardoV

Carter, pour répondre à ton texte sur les arguments à géométrie variable, je suis d'accord avec toi et c'est pour cela que je me suis interrogé sur le fait qu'une pensée peut être choquante en France mais ne fait pas de cette personne quelqu'un de mauvais pour autant. Ce sont là notre éducation aussi bien par nos parents que par le système scolaire ou encore les médias qui nous font associer certaines idées au mauvais ou non d'où la précision que j'ai apportée.

Par contre, il est vrai que penser à massacrer son patron ne me choque pas, tout simplement pour la raison que j'ai évoquée qui est que notre pensée n'est pas réelle, elle est juste exagéré sous le coup de la colère.
Tu compares l'envie de tuer son patron et l'envie de se faire une petite.
On pourrait en effet reporter le schéma de pensée réelle/non réelle pour l'attirance sexuelle envers la petite fille, pour certaines personnes ce ne sera que temporaire et associé à un contexte (la sucette par exemple) qui fera en sorte que plusieurs idées fusionneront dans notre tête. Une sucette possède une connotation sexuelle que l'on associe à la petite fille parce qu'elle lèche la sucette, rien de plus. L'attirance sexuelle n'est pas envers la petite fille mais envers le contexte qu'elle porte.

D'autres personnes en revanche auront une réelle attirance sexuelle envers cette petite fille et ce sont eux qui ont une pensée malsaine réelle et non pas une imbrication d'idées [mauvaise dans le sens "qui nuit a autrui" (autrui est la gamine ici)] . Ce sont eux les pédophiles et non pas les gens de tous les jours, les vous et moi, qui à un moment ou un autre ont tous eus des idées perverses, mais non réelles, envers une gamine !


C'est pour cela que l'idée de tuer son patron et de se faire une gamine n'ont pas pour moi la même conséquence quant à la malsanité de la personne. Je ne me base aucunement sur nos a priori conditionnés par la société. Je me base sur la réalité de notre pensée. Est-elle vraie, ou nous semble-t-elle vraie. Notre inconscient fait croire au conscient que les deux situations sont les mêmes mais elles ne le sont pas, et c'est là que se situe la nuance qui nous permet de trancher sur le fait d'être mauvais ou non.





" "Une pensée peut être mauvaise sans pour autant que l'individu qui la possède ne passe à l'acte."
Oui mais ce n'est pas ta question... "

En effet, mais cette remarque permet de montrer qu'un individu qui ne passe pas à l'acte peut avoir des idées mauvaises, c'est un point important de la réflexion. Sinon, il nous suffirait de dire que l'individu qui ne passe pas à l'acte ne possède pas de pensée mauvaise, et que donc quelqu'un qui ne possède pas d'idée mauvaise ne commet pas d'acte mauvais et n'a aucune raison d'être jugé comme étant mauvais. Du coup c'est l'acte qui décide de si un individu est mauvais ou non, et la discussion est close ^^. Mais ce n'est pas le cas !



(Question qui pourrait être formulée comme ceci: "la pensée mauvaise ne peut-elle provenir que d'un homme mauvais, ou est-ce l'acte qui nous permet de dire d'un individu qu'il est mauvais?)




Life is a game


 LeonardoV a écrit [02/07/2010 - 01h04 ]  
LeonardoV

Et je ne parle pas de criminalité du point de vue judiciaire mais bien d'être mauvais ou non de point de vue philosophique !




Life is a game


 cochise_fr a écrit [02/07/2010 - 02h23 ]  
cochise_fr

Bonjour,
"la pensée mauvaise ne peut-elle provenir que d'un homme mauvais, ou est-ce l'acte qui nous permet de dire d'un individu qu'il est mauvais?"

L'individu n'est déclaré mauvais qu'après avoir eu connaissance de ses idées, que ce soit en paroles ou en actes. Tant qu'elles restent secrètes et-ou maitrisées, rien ne permet de le dire, ce qui rend la détection préventive si difficile.




La richesse d'un pays ne se mesure pas à son PIB. mais à celle du plus pauvre de ses habitants. Améliorez son sort et toute la société en sera meilleure. Dans un pays riche, l'existence de la pauvreté devrait être un délit.


 carter a écrit [02/07/2010 - 02h31 ]  
carter

« la pensée mauvaise ne peut-elle provenir que d'un homme mauvais, ou est-ce l'acte qui nous permet de dire d'un individu qu'il est mauvais

Finalement, tu poses la question du Bien et du Mal…Bon, voyons ce qu’en dit la littérature scientifique sur les individus « mauvais » car vois-tu, de nombreux chercheurs se sont posés la question sur les caractéristiques des gens qui avaient fait ou font le Mal.
Nous chercherons à savoir si les individus « mauvais » ont- ou eux-mêmes perçoivent en eux- des « pensées mauvaises » afin de valider le paradigme expérimental proposé par Chochise qui voudrait « que des pensées mauvaises vous rendent mauvais ».
Le corollaire est donc que chaque personne qui fait le Mal perçoit confusément qu’il fait le Mal ou que le Mal est produit par de mauvaises cognitions…

Ca tombe bien, le psychologue Baumeister avait fait une synthèse des recherches actuelles sur le « Mal » que je cite de mémoire (j’insiste parce que j’oublierais sans doute certains points) :


On est mauvais parce qu’on :


-on est sociopathe, c'est-à-dire que l’on ne distingue pas le Bien du Mal et que l’on n’arrive malheureusement pas à se mettre à la place d’autrui. Les psychopathes sont dépourvus d’empathie envers leurs victimes : ils sont incapables de se mettre à leur place et donc, de comprendre leur souffrance.
La majorité des être humains ressentent ce que les autres ressentent et lorsqu’ils veulent faire le mal, ils sont bloqués par leur capacité empathique : la douleur de la victime leur fait immédiatement arrêter. (Rappelez-vous la cour de récré et les comportements que les caïds pouvaient avoir avec les souffre-douleurs : ils arrêtaient quand ils sentaient qu’ils allaient trop loin) Bref, faire le Bien est relié à l’empathie, cette capacité de ressentir ce que l’autre ressent. Apres, nous théorisons ce sentiment à travers « la règle d’or » : « ne fais pas autrui ce que vous ne voudriez pas que l’on vous fasse » ; mais la règle d’or est viscéralement inscrit dans nos émotions : pour faire mal, il ne faut pas rentrer en empathie vers celui sur lequel nous dirigeons notre cruauté…

Essayer de tabasser un chien : son hurlement vous fera reculer. Il faut « se durcir » pour passer outre la douleur infligée pour continuer
Les psychopathes sont dépourvus de cela. Ils n’ont pas la capacité de se mettre à la place de leurs victimes. Du coup, ils peuvent y aller sans remords. En un sens, ils ne ressentent de « pensées mauvaises » comme le remord ou l’idée de transgresser un tabou. En conclusion, ils n’ont pas de pensées mauvaises puisqu’ils ne savent pas ce que c’est...Ils relèvent d’une amoralité, c'est-à-dire que le concept de moralité leur échappe…Pour eux, il n’y a rien de mal à tabasser autrui…



-on est mauvais parce qu’on est envieux. Dans ce cas, on sait distinguer le Bien du Mal mais on désire s’approprier le bien d’autrui. On risque alors de s’auto-justifier à travers des arguments bellicistes ou moraux. C’est l’explication de la majorité des « va t-en guerre » qui camouflent toujours derrière la Morale le désir de s’approprier les richesses d’autrui. La aussi, on risque de s’auto-illusionner pour justifier nos actes en fonction des idéaux de l’époque que l’on traverse. Jadis, c’était pour Dieu. Désormais, c’est pour les Droits de l’homme que l’on fait la guerre…Là, nous avons des pensées « mauvaises » mais elles sont tues par la conscience du sujet. Remarquons alors que pour éviter toute empathie, nous exagérons la perversité de notre ennemi afin de déjouer nos capacités empathiques …



-on est mauvais parce que l’on se croit supérieur et que l’on a une estime de soi surdimensionnée. En fait, ce sont majoritairement les psychopathes qui ont l’estime de soi (ES) la plus développée dans nos sociétés modernes ; et c’est en prison qu’on trouve le plus de gens qui ont l’ES la plus importante ! Vous faites alors le Mal parce que tout simplement vous pensez que vous avez plus de droits que les autres et que vous minorez la souffrance d’autrui ! Comme vous êtes plus important que les autres, la conséquence est que la Justice est à géométrie variable : vous pensez naturellement vous faites aux autres un « petit » mal tandis que les autres vous font un « grand mal ».

-« arrêtez dira le requin de la finance, je ne lui ai juste pris que sa maison, pas la vie quand même ! » ; un autre dira « c’est la loi du plus fort ! »

On fait le mal parce que l’on se concentre sur soi-même et ses besoins narcissiques. Contrairement au cas précédents, le mal que vous faites n’est pas rationnalisé à travers des arguments foireux. Non, vous sous-estimez le mal que vous faites et vous surestimez le Mal que font les autres.

Exemple : les hommes politiques ont souvent une ES très développée (normal). Jacques Chirac a toujours dénoncé le mal que Sarko lui avait fait en le trahissant pour Balladur (sur estimation) mais il a lui –même trahi nombreux de ses amis (sous-estimation)



-on fait le Mal par idéologie. La, c’est tres drôle parce qu’ici, le Mal est indéniablement fait pour de bonnes raisons ou ce que l’on croit être de bonnes raisons. Le Mal est la conséquence d’un idéal que l’on porte. On l’oublie un peu que le Bien peut aboutir à des conséquences néfastes. Et c’est pourtant la raison numero 1 du Mal dans le monde! La majorité des guerres, des génocides , des guerres économiques sont concrètement réalisés par des gens qui croient réellement œuvrer pour le Bien. C’est aussi la fameuse « banalité du Mal » : par exemple, ils sont bons pères de familles mais ils vont concrètement mettre en place le génocide juif parce qu’ils pensent œuvrer pour l’avenir de la nation allemande…

C’est également le père qui fait souffrir son fils parce qu’il pense qu’il faut l’endurcir pour qu’il affronte une vie difficile. Combien de cruauté ont été faites au nom du Bien ? Ils sont nombreux et dans ce cas, la question de « pensées mauvaises » n’a pas de sens.

Toutefois, il y’a l’obstacle de la capacité empathique. Quand un père se montre dur avec son fils, il le voit bien souffrir. Il continue parce qu’il pense faire le Bien. Toutefois, la psychologie montre qu’il faut outre une idéologie (le darwinisme social dans le cas du père) un profond sentiment d’urgence. Vous n’allez pas buter les juifs parce que vous possédez du ressentiment vis-à-vis d’eux. Encore faut-il qu’un sentiment d’urgence soit présent comme par exemple, une hyperinflation et une situation économique catastrophique…
Encore faut-il que le père ressent un sentiment d’urgence pour forger le caractère de son fils…



-on fait le mal parce que l’on ne distingue plus les conséquences de nos actes : on ne se sent plus alors responsable parce que notre responsabilité se dilue dans le groupe.... Migram a énormément travaillé dessus. Tuer quelqu’un est difficile. Si par contre, on te propose de le faire à travers une chaine d’ordres reçus et de bouton à appuyer, ca passe mieux ! D’une certaine façon, l’informatisation de nos sociétés rend le Mal plus facile. Combien de patron préfèrent virer le gens via un mail ou via des subalternes plutôt que de les voir de visu ? Parce que nous nous déresponsabilisons, le Mal ne se perçoit plus. Ici non plus, le concept de « pensées mauvaises induisant de mauvaises actions » semble légèrement dépassé…


En conclusion, non ; des pensées mauvaises n’induisent pas forcement de mauvaises actions…Ce n’est pas le « responsable » numéro 1 des crimes et fléaux que l’humanité a subis…
C’est aussi oublier que les personnes avec un Surmoi surdimensionné ont souvent le sentiment d’êtres mauvaises parce qu’elles analysent le moindre de leurs « mauvaises pensées » qui leur traversent l’esprit et dont elles ressentent une honte indicible. Ces personnes sont au contraire très socialisées parce que justement, elles ont un Surmoi tellement opérant qu’il censure et les font culpabiliser à la moindre de leurs pensées dissonantes…

Les psychopathes, eux, n’ont pas de mauvaises pensées...

En conclusion, craignez de ne pas en voir, de ces pensées qui vous font honte…




"Ne prenez pas la vie trop au sérieux. De toute façon,vous n'en ressortirez pas vivant!"


 carter a écrit [02/07/2010 - 03h14 ]  
carter

Tiens, j’en ai oublié un autre, comme explication de l’origine du Mal :

-on est mauvais parce que l’on infère aux autres des « pensées mauvaises ». La théorie cognitive de l’agression montre que les gens qui agressent ont tendance à penser que les autres ont de mauvaises intentions à leur encontre. Ils se sentent avant tout menacés. L’ironie est la suivante : nous inférons de mauvaises pensées aux autres et nous y répondons. En somme, « les mauvaises pensées » ; ce sont les autres qui les ont !

Exemple : vous entendez des rires. Vous pensez que l’on se moque de vous. Aussi, vous vous approchez du salaud qui rigole pour lui donner une bonne leçon de rire aux éclats dans votre dos…
Pour que vous pensiez que les rires vous sont adressés, il a sans doute fallu que vous ayez subi des moqueries étant enfant (et c’est ça le drame) ; de sorte que vous vous êtes représenté le monde comme menaçant pour vous…
La théorie cognitive de l’agression est souvent corrélé avec des gens qui ont subies des humiliations…On comprend un peu mieux pourquoi des enfants maltraités finissent dans la violence…




"Ne prenez pas la vie trop au sérieux. De toute façon,vous n'en ressortirez pas vivant!"


 Wisty a écrit [02/07/2010 - 10h16 ]  
Wisty

Bonjour,
@ cochise, la pensée est libre, c'est ce que nous avons encore, et le fait d'avoir une pensée désavouée, ne veut pas dire réellement qu'elle soit mise en exécution et ne signifie pas que l'individu est catalogué selon sa pensée, du moins s'il ne l'extériorise pas.

En principe, la personne qui veut appliquer une pensée malveillante ou exécuter ce qu'il pense, il reste discret à sur sa préméditation.
Il suffit de lire l'actualité, pour s'en rendre compte.




Wisty


 cochise_fr a écrit [02/07/2010 - 12h49 ]  
cochise_fr

Bonjour,
Je n'ai rien dit d'autre Wisty, je ne vois pas où et le problème.
Ce n'est pas parce qu'une pensée est libre et dissimulée qu'elle est sans valeur pour son auteur.




La richesse d'un pays ne se mesure pas à son PIB. mais à celle du plus pauvre de ses habitants. Améliorez son sort et toute la société en sera meilleure. Dans un pays riche, l'existence de la pauvreté devrait être un délit.


 kariel05 a écrit [05/08/2014 - 02h19 ]  
kariel05

;-) Je pense que chaque individu peut, des sa naissance faire la différence entre le bien et le mal mais arrivé a l'age adulte, être bombardé de mal par les médias ou la vie et se remettre en question en ayant le choix de faire le bien ou le mal par réflexe mental logique (est-ce que moi je ferais ça!)se l'imaginer ect...
si je m'imagine sodomiser une fillette et que ça me fais jouir ATTENTION cela révèle de la pédophilie annoncé. Par contre si j'y pense et que ça me dégoutte alors je suis normal! voyez vous que penser a certaine chose annonce le but mental de certaine personne pour arriver a ses fin!




Répondre à LeonardoV






Attention vous n'êtes pas connectés !!! sad

Renseignez vos identifiants de connexion au site, sinon votre réponse ne sera affichée qu'après avoir été validée par notre équipe de modérateurs (et sera en plus postée en "Anonyme")

Votre pseudo :
Mot de passe :

smile wink confused normal lol laugh sad angry cool surprised cry eek

    


 Je souhaite être alerté des prochaines réponses !








Poser votre question !   Poser votre question !
* Avertissement : les propos tenus sur cette page sont le fruit de la discussion entre les internautes membres de la communauté Web-Libre, et ne reflètent en rien la conviction personnelle des administrateurs du site.
Copyright © 2013 - Weblibre / Tous droits réservés, propriété exclusive de web-libre.org - Toute reproduction même partielle de ce site sans consentement est interdite et donnera suite à des poursuites.