Peut-être va-t-on s'insurger contre moi, mais malgré le caractère sûrement provocant de ta question, je répondrais que oui, elle peut se le permettre. Évidemment, ce n'est pas à souhaiter, car cela reviendrait à dire que, d'ici deux décennies, quand ce seront ces individus qui géreront l'économie, la société, et toutes les grandes instances, plus personne ne sera à même de prendre de décision réfléchie ni d'avancer vers un but. Mais fondamentalement, on peut considérer que un tel peut se comporter de telle façon sans motif, juste en subissant les diverses influences, en se conformant à quelques principes inculqués par la société, et en délibérant des choix qui s'offrent à soi en procédant par défaut.
Maintenant, j'apporte ce côté de la balance parce que c'est le plus paradoxal, mais j'envisage également le fait qu'on soit obligé d'avoir des idéaux, sans quoi on serait une sorte d'autiste. C'est l'idéal de réussir sa petite vie qui fait que nous poursuivons des études, prenons le métro pour aller au travail, sortons en boîte pour trouver l'âme soeur. C'est également l'idéal de ne se fritter avec personne, l'idéal de tranquillité et de quiétude, qui nous incite à obéir à papa et maman, et à respecter le code de la route. C'est encore l'idéal d'avoir une bonne image de soi (ou de la refléter auprès des autres) qui motive que l'on s'insurge face au gouvernement, que l'on s'engage dans une association caritative, que l'on saute du grand plongeoir, que l'on tâche de ne pas arriver en retard...
Oui, en un sens, on peut très bien dire qu'il est impossible, dès que l'on a connu une relation humaine (voire matérielle), donc dès la naissance, de faire quoi que ce soit sans se conformer à un, si ce n'est plusieurs idéaux simultanément.
Vian²