Si l'enfer "brûle" c'est parce que le clergé imaginait une "justice poétique". " Un feu qui brûle toujours sans jamais consumer le sujet à qui il est attaché et sans jamais se consumer lui-même. C’est ce qu’on jugerait impossible, si nous ne savions que tout est possible à un Dieu qui se venge » s’extase benoîtement Giroust dans ses « sermons pour le carême » …Il y’a une symbolique du feu qui purifie les âmes. Il est donc normal de brûler l’hérétique, le possédé et que l’Enfer devienne un lieu enflammé…Il y’a aussi une autre interprétation plus psychanalytique : l’épistémologue Gaston Bachelard ne faisait-il pas un lien entre la symbolique de l’Enfer et la psychopathologie de l’incendiaire ? Les pulsions incendiaires ne sont-elles pas l’expression pervertie de pulsions sexuelles ? Pulsions sexuelles que le catholicisme a toujours voulu refrénée à travers la sublimation de l’âme et le mépris du corps ; corps jugé responsables de toutes ces pulsions animales ? On voit des lors en quoi l’Enfer est un symbole du refoulé…
Du coup, nos exégètes vont immédiatement se triturer l’esprit pour savoir où localiser l’Enfer, question de « nous dire de façon précise où se situe l’Enfer. Une seule bombe à hydrogène serait alors suffisante pour mettre fin à cette calamité à tout jamais » comme nous le souffle, non sans rire, l’archevêque de San Franscisco dans son journal paroissien (que comique, celui la !)
Pour qu’il y règne un feu ardent et éternel, l’enfer se localiserait-il dans un volcan ? C’est ce qu’affirme Mgr de Ségur se basant sur le catéchisme du concile de trente et des écrits de Saint Thomas. « Le peu de fumée qui s’échappe par la bouche des volcans confirme pleinement cette assertion » ajoute notre grand penseur…
A moins qu’il ne soit au centre de la terre ? Le plus grand défenseur de cette thèse n’est rien d’autre que Saint Thomas…
Mais maintenant que nous allons au centre de la Terre et que nous n’y avons pas trouvé de malins diablotins qui piquent de leurs fourches les couilles de nos pauvres pécheurs, il ne reste plus que les mystères de la physique élémentaire pour situer l’enfer. Les mondes à multiples dimensions, telle est sans doute la solution. Si le monde a plus de trois dimensions, Dieu ne peut être que dans la dernière dimension puisqu’il est omnipotent, intemporel et omniscient…Et le Diable et son domaine dans l’avant-dernière dimension….
"Ne prenez pas la vie trop au sérieux. De toute façon,vous n'en ressortirez pas vivant!"