salut !!
Dans les traditions gréco-romaines, la chevelure rousse était déjà pareillement prise en mauvaise part. La mythologie grecque, par exemple, la place sur la tête de Typhon, être monstrueux, fils révolté de la Terre, ennemi des dieux et particulièrement de Zeus. Diodore de Sicile, historien grec du Ier siècle avant notre ère, raconte comment « autrefois » on sacrifiait des hommes roux à Typhon pour apaiser sa colère. Légende peut-être venue de l'Egypte ancienne, où Seth, le dieu identifié au principe du Mal, passait lui aussi pour être roux et pour recevoir, au dire de Plutarque, le sacrifice d'êtres humains aux cheveux de même couleur.
Les choses sont moins sanglantes à Rome, mais les roux n'y sont pas moins dévalorisés pour autant. Ainsi le mot rufus est-il, surtout à l'époque impériale, à la fois un surnom souvent teinté de ridicule et une des injures les plus ordinaires. Elle le restera tout au long du Moyen Âge, surtout dans les milieux monastiques où, très banalement, dans la vie quotidienne, on n'hésite pas entre moines à se traiter de rufus ou de subrufus (ce qui est pire...}. Dans le théâtre romain, la chevelure rousse ou les ailes roussâtres attachées aux masques désignent les esclaves ou les bouffons. Enfin, tous les traités de physiognomonie - pour la plupart héritiers d'un texte du IIIe siècle avant notre ère attribué à Aristote -présentent les hommes roux comme des êtres faux, rusés et cruels, à l'image du goupil. Tradition qui en Occident perdurera dans ce type de littérature jusqu'en plein XIXe siècle et dont quelques reliquats peuvent s'observer aujourd'hui.
Dans le monde germano-Scandinave, où a priori l'on pourrait s'attendre à ce que les roux, relativement nombreux, soient mieux considérés qu'ailleurs, il n'en va guère différemment. Le dieu le plus violent et le plus redouté, Thor, est roux; de même qu'est roux Loki, démon du feu, génie destructeur et malfaisant, père des monstres les plus horribles. L'imaginaire des Germains - comme du reste celui des Celtes - ne diffère en rien, vis-à-vis de la chevelure rousse, de celui des Hébreux, des Grecs et des Romains.
Le Moyen Âge chrétien, doté de ce triple héritage, ne pouvait que renforcer et prolonger de telles traditions. Toutefois, son originalité me semble résider dans la spécialisation progressive de la rousseur comme couleur du mensonge et de la trahison. Certes, tout au long du Moyen Âge, être roux c'est encore, comme dans l'Antiquité, être cruel, sanglant, laid, inférieur ou ridicule; mais au fil du temps cela devient surtout être faux, rusé, menteur, trompeur, déloyal, perfide ou renégat. 
sources : http://viventlesrousses.blogspot.com/
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