tiens, j'avais déja mis un post sur la notion de libre-arbitre:
[23/09/2007 - 23h16]
Disons que la libre-arbitre est une fiction nécessaire et fondamentale pour juger et punir dans toute société. Des lors, elle a fait l'objet de tous les mythes possibles. D'abord le religieux l'a traité brillamment. Sans libre arbitre, l'ENFER n'a pas de sens puisque le bien et le mal ne peuvent exister que parce que l'homme a le choix entre les deux options. Donc qu'il est libre. Autrement la notion de mal n'existerait pas. Puis la philosophie politique le reprend à son avantage: la notion de contrat social sous entend que vous êtes libre de choisir votre vie...Notons qu'avec les Lumières et l'individualisme, cette conception que "je dirige ma vie" va être poussée à l'extrême
Sauf que le rusé Leibniz ironisait déjà dessus: même une pierre qui tombe se croit libre! il lui suffit de croire que c'est elle qui impulse le mouvement et non pas l'homme qui la fait tomber! Vous vous croyez libre d'être amoureux de Suzanne? Non, phéromone! vous croyez libre de boire coca-cola? Non, marketing! Vous vous croyez libre de faire psycho! Non, productivisme! Bon, ok, Liebniz ne le disait pas comme ça mais c'est bien la parabole de "la pierre qui tombe et trouve que c'est là sa volonté de tomber"...
Notons que l'anthropologue connait l'existence de nombreuses sociétés (africaines notamment) ou l'homme n'est pas libre: les grecs et leurs mythologie ne disaient pas mieux d'ailleurs...
Donc êtes-vous libre? Qui dirige votre vie? Le capital et ses forces transformatrices repondrait Karl Marx... Tandis que l'individualisme de Nietzsche rétorquerait que c'est là le but du surhomme, d'être libre en...exploitant la populace...Curieux, non?
Quand à Sarte, l'éternel abruti de la philo dont le seul enjeu de sa vie fut de baiser l'étudiante -provinciale qui débarquait à la Sorbonne- en jouant le "beau parleur", pour ne pas contredire son édifice, il en vient à rejeter l'existence de l'inconscient; preuve que "je est multiple" et que nous ne sommes pas les maitres de nous-même...
Qu'en dit la Science? N'en déplaise à vianVian, Chochise et cet individualisme ethnocentré typiquement occidental, ben, les neurosciences, la psychologie sociale, le cognitivisme ne croit plus vraiment au libre-arbitre... En neurologie, Modifiez tel zone du cerveau et vous obtenez une individu docile et gentil, appuyez un courant électrique sur une autre et c'est l'inverse...Voyez l'embarras des neurologues sur la question ("l'homme qui prenait sa femme pour un chapeau" s'interroge dessus..) .Mais cela ne contredit pas non plus le libre-arbitre, contruct "trop philosophique" pour décrire les interactions corps /esprit. Mais disons que l'inconscient, la psychologie sociale et sa démonstration de l'absurdité de la notion de personnalité et des opinions que l'on a de soi, la neurologie et les subtiles liens entre connexions neuronales et comportement ne vont pas vers une croyance en un "je dirige ma vie, vrai de vrai" béat...
Notion que la psychologie sociale montre que le libre-arbitre se construit dans l'enfance (notion d'internalité): bref, on vous apprends à croire au libre-arbitre,que c'est vous qui dirigez votre vie et c'est l'une des façons d'avoir...une bonne note en classe (un enfant qui répond "c'est de ma faute" est plus apprécié par le prof)
Alors, pourquoi croit t-on dur comme fer en cette fiction? D'abord, la fébrilité de Cochise sur la notion de victime vous met la puce à l'oreille: Sans libre-arbitre, point de PUNITION. Une société peut-elle se passer de l'expression de la violence legitime? Bien sur que non!
D’autre part, le libre arbitre est un système de contrôle: lorsqu'on vous assomme que vous êtes en démocratie, que vous êtes libres; et bien, vous êtes plus dociles (alors que votre vie est dirigé de A jusqu'à Z). C'est d'ailleurs la parabole de Matrix: la servitude est volontaire lorsque l'on se croit libre...les manipulateurs le savent bien (et la psy sociale aussi!)
"Ne prenez pas la vie trop au sérieux. De toute façon,vous n'en ressortirez pas vivant!"