J'ai voulu poster un message mais je me suis aperçu que j'avais déja ecrit ma position dessus:
"C'est une question difficile à traiter car il faut se rendre compte qu'autoriser l'euthanasie risque de déclencher de nombreux abus dans une société où l'on envoie nos vieux croupir dans des mouroirs, où « l'ennemi » social est l'individu jugé inutile, non- productif, le « parasite des aides sociales » dont les prototypes par excellence sont le chômeur dans le mauvais rôle et l’handicapé dans le bon…
Dans une idéologie actuelle du culte de la rentabilité et de l’efficacité, il est normal que les handicapés, les vieux, les chômeurs et les légumes au propre comme au figuré se sentent inutiles...Or Durkheim avait déjà étudié ce que l’on nomme le « suicide altruiste » , le suicide type des personnes qui ne veulent pas encombrer les autres de leurs présences étouffantes (car ils se jugent comme un poids pour les autres) …On peut alors craindre de passer du suicide , acte personnel que l’on enrobe de considération politique en le nommant « euthanasie », à une pratique généralisée et acceptée comme telle par la Loi…
Vous voyez alors la perversion du Système : dans le champs social actuel ou l'on juge une personne à sa capacité fonctionnelle; on peut craindre une élimination en douce des personnes jugées "inutiles". Déjà que nos sociétés pratiquent un « eugénisme doux »en particulier pour les foetus (diagnostics prénatal des anomalies génétiques et malformation en vue d’un avortement), on peut craindre que cet eugénisme larvé poursuive son oeuvre d'élimination des marginaux. Eugénisme doux actuellement pour les naissances, il est normal que nous passions à un eugénisme doux pour les fins de vie...
Aux dilemmes personnels d'un accidenté ne s'acceptant pas comme diminué peut se substituer un machine eugénique d'élimination des laisser pour compte. Et ça, c'était justement le rêve d'Hitler et je ne voudrais pas que, par médiatisation des trajectoires individuelles, nous ouvrons une nouvelle porte de Dachau, certes reliftée par le marketing néolibéral actuel mais dont l’objectif reste le même : réduire les coûts sociaux en permettant à ceux qui représentent une charge social à la collectivité de s’éliminer, avec en prime l’aide de la gentille infirmière dont le sein au rose téton dépasse de sa blouse…"
Evidemment, on peut imaginer que l’on poussera volontiers mémé au faible revenu à la solution finale tandis que les vieux riches auront droit aux meilleures retraites qui soient…
De surcroît l’euthanasie soulève de trop nombreuses questions pour changer la Loi en sa faveur :
Question psychologique : comment être sur que la personne veut se suicider et qu’elle ne passe pas une phase dépressive, ou qu’elle ne cherchera pas ensuite à revenir sur sa décision ?
Question philosophique : En quoi une vie diminué serait-elle moins riche qu’une vie normale ? Qu’est ce qui permet de définir une vie qui mérite d’être vécu ?
Question scientifique : quand on sait les difficultés à tuer en homme par la peine capitale et la délicate activité du bourreau, comment ne pas craindre des complications techniques ? (Par exemple, un poison risque de créer une agonie plus douloureuse que l’on n’aurait cru…)
Etc.
"Ne prenez pas la vie trop au sérieux. De toute façon,vous n'en ressortirez pas vivant!"