Salut!
Le rêve américain est une réponse à la question suivante: pour atteindre le bonheur, que faut-il faire? Il y'a philosophiquement deux positions: soit la quête du bonheur est une action collective et c'est la politique (dans le sens noble) qui le permet (position de Saint-just puis des socialistes); soit c'est une quête individuelle, (seul la personne peut produire son bonheur, idée chère au libéralisme).
Le "rêve américain" postule le 2eme choix. C'est le mythe du « self made man » ou "si vous travaillez dur, vous réussirez seulement grâce à vous-même" oubliant que la réussite dépend aussi de facteurs externes qu'aucun individu isolé ne peut gérer à lui seul (règles de société éthiques, capital social, démocratie participative, etc.).
Du coup, la majorité des américains croient que s'ils travaillent durs, ils s'enrichiront…oubliant les travaux des sociologues américains sur la question: n'en déplaise au mythe du self made man, le pourcentage de réussite social aux USA n'est guère supérieur qu'en France actuellement ; à moins bien sûr d'avoir des acquis sociaux dus à votre rang de naissance: la "reproduction sociale " des riches chère à Bourdieu est pire aux USA qu'en France! (Y’a un peu- un p’tit peu- de redistribution dans notre société française, bien que cela ne va pas durer)
Et si des émigrés européens s’enrichissent aux USA, c’est avant tout parce qu’en Europe, ils ont acquis gratuitement par scolarité un savoir qu’il eut coûté cher à l’américain lambda s’il avait sorti de sa poche le prix de son diplôme(université européenne gratuite contre l’université américaine payante)
Je définirais le rêve américain comme un miroir aux alouettes: il s'agit de croire en l’idée d’une réussite sociale possible par sa seule volonté, oubliant l’action sociale à mener pour atteindre ce bonheur collectivement. Bref, comme l’avait dit un humoriste américain : « si les idées socialistes n’ont pas percer en Amérique, c’est que chaque pauvre se voyait comme un riche dans la gêne »… Bien vu ! Sauf que la répression américaine des syndicats, des anarchistes et penseurs contestataires y a aussi grandement contribué !
Ainsi estimer que le bonheur est individuel vous permet donc de vous dédouaner d’aider les pauvres qui, bien sûr, ne foutent rien parce qu’il suffit de regarder ceux qui réussissent et qui sont parti de rien. Sans que lorsqu’on regarde de plus près, il ne sont pas partis de « rien » ceux qui réussissent.
Pour finir, je tire de l’excellent livre « Portrait de l’homme d’affaire en prédateur » de sociologues qui ont potassé la réussite des plus grands de ce monde soit disant « self made man parti de rien » cinq caractéristiques : ils sont nés dans des familles maîtrisant le commerce, ont reçu une formation qui les distingue des autres, ont été initié très tôt dans les affaires, profitent d’avantages compétitifs et bénéfice d’un soutien direct d’un mentor.
Si vous avez ces caractéristiques, vous pouvez faire partie des 99% des milliard/ millionnaires. Sinon, la richesse ne viendra jamais à vous…
"Ne prenez pas la vie trop au sérieux. De toute façon,vous n'en ressortirez pas vivant!"