Comment définiriez-vous le rêve américain ?



mana
Cette question a été posée par Mana, le 25/09/2007 à à 16h43.  *  Alerter les modérateurs
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 Yelen a écrit [25/09/2007 - 16h53 - Avis,définition, témoignages et conseils sur le guide du savoir Web Libre.org]  
Yelen

je le définirais par la réussite, l'ascension, le fait de partir de rien et d'arriver de quelque chose. Voila comment je définirais le rêve américain .




« Entoure-toi de gens capables. »


 Ley a écrit [25/09/2007 - 17h29 - Avis,définition, témoignages et conseils sur le guide du savoir Web Libre.org]  
Ley

Le rêve américain c'est pour moi l'idée que chacun puisse parvenir à se faire une très bonne place dans la société uniquement à force de travail et de détermination. L'idée du rêve américain a attirée de nombreux immigrés qui ont vite eu à se confronter à la triste réalité.




Rien ne sert de courir, il faut partir à point...


 carter a écrit [25/09/2007 - 18h17 ]  
carter

Salut!

Le rêve américain est une réponse à la question suivante: pour atteindre le bonheur, que faut-il faire? Il y'a philosophiquement deux positions: soit la quête du bonheur est une action collective et c'est la politique (dans le sens noble) qui le permet (position de Saint-just puis des socialistes); soit c'est une quête individuelle, (seul la personne peut produire son bonheur, idée chère au libéralisme).

Le "rêve américain" postule le 2eme choix. C'est le mythe du « self made man » ou "si vous travaillez dur, vous réussirez seulement grâce à vous-même" oubliant que la réussite dépend aussi de facteurs externes qu'aucun individu isolé ne peut gérer à lui seul (règles de société éthiques, capital social, démocratie participative, etc.).

Du coup, la majorité des américains croient que s'ils travaillent durs, ils s'enrichiront…oubliant les travaux des sociologues américains sur la question: n'en déplaise au mythe du self made man, le pourcentage de réussite social aux USA n'est guère supérieur qu'en France actuellement ; à moins bien sûr d'avoir des acquis sociaux dus à votre rang de naissance: la "reproduction sociale " des riches chère à Bourdieu est pire aux USA qu'en France! (Y’a un peu- un p’tit peu- de redistribution dans notre société française, bien que cela ne va pas durer)
Et si des émigrés européens s’enrichissent aux USA, c’est avant tout parce qu’en Europe, ils ont acquis gratuitement par scolarité un savoir qu’il eut coûté cher à l’américain lambda s’il avait sorti de sa poche le prix de son diplôme(université européenne gratuite contre l’université américaine payante)

Je définirais le rêve américain comme un miroir aux alouettes: il s'agit de croire en l’idée d’une réussite sociale possible par sa seule volonté, oubliant l’action sociale à mener pour atteindre ce bonheur collectivement. Bref, comme l’avait dit un humoriste américain : « si les idées socialistes n’ont pas percer en Amérique, c’est que chaque pauvre se voyait comme un riche dans la gêne »… Bien vu ! Sauf que la répression américaine des syndicats, des anarchistes et penseurs contestataires y a aussi grandement contribué !

Ainsi estimer que le bonheur est individuel vous permet donc de vous dédouaner d’aider les pauvres qui, bien sûr, ne foutent rien parce qu’il suffit de regarder ceux qui réussissent et qui sont parti de rien. Sans que lorsqu’on regarde de plus près, il ne sont pas partis de « rien » ceux qui réussissent.

Pour finir, je tire de l’excellent livre « Portrait de l’homme d’affaire en prédateur » de sociologues qui ont potassé la réussite des plus grands de ce monde soit disant « self made man parti de rien » cinq caractéristiques : ils sont nés dans des familles maîtrisant le commerce, ont reçu une formation qui les distingue des autres, ont été initié très tôt dans les affaires, profitent d’avantages compétitifs et bénéfice d’un soutien direct d’un mentor.

Si vous avez ces caractéristiques, vous pouvez faire partie des 99% des milliard/ millionnaires. Sinon, la richesse ne viendra jamais à vous…




"Ne prenez pas la vie trop au sérieux. De toute façon,vous n'en ressortirez pas vivant!"


 cochise_fr a écrit [26/09/2007 - 01h06 ]  
cochise_fr

Bonjour,
Le rêve capitaliste américain (mais pas seulement) se résume très bien en quelques mots:

Tout pour moi et rien pour les autres dont je n'ai que faire.

Tout le reste, c'est du bavardage inutile. Même conçu au titre de la liberté, se faire prédateur met toujours en position de devenir une proie........ à vous de voir si le jeu en vaut la chandelle.




La richesse d'un pays ne se mesure pas à son PIB. mais à celle du plus pauvre de ses habitants. Améliorez son sort et toute la société en sera meilleure. Dans un pays riche, l'existence de la pauvreté devrait être un délit.


 sotaro a écrit [22/10/2007 - 19h15 ]  
sotaro

Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire vous viennent aisément. Merci cochise d'avoir si bien résumé la situation.




Ma mission est de tuer le temps et la sienne de me tuer à son tour. On est à l'aise entre assassins". Cioran


 Gilbert Keith C a écrit [04/05/2008 - 05h07 ]  
Gilbert Keith C

"le pourcentage de réussite social aux USA n'est guère supérieur qu'en France actuellement"

Le pourcentage de réussite sociale? hmm.... mais qu'est-ce que c'est que ca? Jamais entendu parler d'un pourcentage de réussite sociale pour un pays! D'autant plus qu'avoir "réussi" n'est pas une notion absolue, elle est forcément relative aux autres! Et même si on essaye d'adhérer à ton mode de pensée, à partir du moment ou "avoir réussi" signifie "avoir fait mieux qu'un certain pourcentage de la population", c'est à dire "être placé dans le groupe de tête", alors on peut dire que quel que soit le pays il y a partout le même "pourcentage de réussite sociale".
Vient alors le "actuellement" de la fin... alors là je suis encore plus perplexe! C'est sans doute pour donner un semblant de "je suis dans le coup, j'écoute les info"...

C'est quand même fascinant de voir comme on peut enchainer des mots sans arriver a donner un sens à sa phrase. Et pourtant ces mots sont porteurs d'idées, ils ont une histoire, ils déclenchent des émotions... la langue seule a réussit à donner à cette phrase toute sa force, sans même que son auteur n'ai pris la peine de lui donner de sens...

Il y a autre chose qui fait que cette phrase est presque lisible: elle est en fait constitué de discours d'hommes instruits qu'on entend tous à la télé, à la radio, qu'on lit dans les journaux... morcellés puis rassemblés n'importe comment par l'auteur de cette phrase (certainement dans le but de se donner de l'importance), si bien que notre oreille étant tant habituée à entendre ces mots ont redonné un sens à cette phrase. Ce sens peut alors être: "aux USA un immigré, un pauvre, un handicapé ou un ex-taulard n'a pas davantage de chance de s'élever dans la société qu'en France"




 carter a écrit [04/05/2008 - 07h01 ]  
carter

Je suppose que ma formulation est malheureuse… Peut-être qu’une formulation du genre « La mobilité des revenus est faible aux USA, et plutôt plus faible qu'en Europe. » (repris sur le site « éconoclaste » ) est en effet économiquement juste (on se référera au livre « combattre les inégalités et la pauvreté d’Alesina et Gleaser ») et plus convaincante quant à une comparaison des inégalités sociales entre pays et du fait, qu’aux USA, la mobilité sociale (terme exact) est légèrement moins importante qu’en France. Et donc qu’une personne n’à guère plus de chances de s’élever socialement aux USA qu’en France. Ceci est un fait économique étayé.

Et pourtant, ma formulation « "le pourcentage de réussite social aux USA n'est guère supérieur qu'en France actuellement" » est-elle si malheureuse ? L’erreur est d’avoir utilisé le mot « réussite » plus évocateur que le terme « mobilité sociale ». Il m’aurait fallu alors expliquer la mobilité horizontale et verticale (or seul la mobilité verticale est étudiée dans ce cas ). Bref, il m’aurait fallu développer le concept et je ne suis pas sur que sur le coup, je désirais le faire (hypothèse plus séduisante que l’erreur d’étourderie de ma part qui est sûrement la plus juste…)
D’ailleurs, je constate, non sans une pointe d’ironie, que vous avez fort bien su me comprendre…Et depuis Austin, nous savons que le langage est avant tout pragmatique (traduisez : l’essentiel est d’être compris )



Toutefois, si votre remarque était pertinente au début, elle vire vite au raisonnement bébête. Argumenter d’un « réussi" n'est pas une notion absolue, elle est forcément relative aux autres! » pour critiquer le non sens de ma phrase me fait doucement marrer…Non sans blague ? Je vois que monsieur s’y connait en économie parce que c’est justement un vérité élémentaire ! On sait depuis Thorstein, que l’individu compare sa position sociale avec celles des autres ; et que cela lui permet de déduire son sentiment de réussite sociale, et donc de bien-être justement. Ce qui pose au chercheur d’étranges paradoxes quant à la réflexion économique : si la croissance permet la diffusion des biens à tous et que notre sentiment de bien-être dépend d’une comparaison sociale (terme exact puisque vous aimez les termes exacts) à notre avantage, la croissance peut-être rendre les individus heureux (on parcoura la 1er question du livre qui vient de sortir « 27 questions d’économie » sur cette problématique) puisqu’elle accroît la consommation ostentatoire afin de se distinguer avantageusement d’autrui?

Donc la critique est mieux… quand elle est elle-même étayée ! Sans parler du « porteurs d'idées, ils ont une histoire, ils déclenchent des émotions » qui aurait sans doute plus à Flaubert pour son dictionnaire des idées reçues…Ca sent bon le cours de philo de base. Ha ! Si vous m’eussiez parlé de la pragmatique, des actes et des fonctions du langage ; j’aurais volontiers admiré cet air hautain dont vous faites grande consommation et dont curieusement vous me prêtez (transfert freudien ?) …


Car sinon, comment expliquer les phrases suivantes du genre « sans doute pour donner un semblant de "je suis dans le coup, j'écoute les info"... » bien superfétatoires, et volontiers méprisants ? .Sans parler du procès d’intention assez mesquin que vous me faites et qui vire vite au délire d’interprétation du genre « Carter se la pête mais rien dans son discours ne vole haut ! ». Vous me permettrez bien cette interprétation puisque vous le faites vous-même à mon égard ! Comment pourrait-on en déduire cela sans soi-même tomber dans les idées reçues, les lieux communs et les pièges de la pensée que l’on véhicule volontiers sur l’alter qui ne daigne guère partager son opinion ?

Bref, si c’est pour analyser la vacuité de mes propose et la remplacer par les vôtres ; tout cela me parait annuler la démarche ; la rendant finalement un brin ridicule …

Je savais que Gilbert Keith Chesterton (référence ?) était un conservateur convaincu mais j’ignorais qu’il pouvait se montrer un peu faiblichon quant à la critique, lui qui avait la plume acérée…




"Ne prenez pas la vie trop au sérieux. De toute façon,vous n'en ressortirez pas vivant!"


 carter a écrit [04/05/2008 - 08h26 ]  
carter

Ce qui d'ailleurs me fascine avec Gilbert Keith, c'est qu'à aucun moment l'hypothèse pragmatique en linguistique n'a été élaborée: à aucun moment, il ne comprend que ce qui donne sens à cette phrase, c'est le contexte! C’est à dire que le sens de cette phrase ne peut justement pas se concevoir sans saisir l'ensemble du texte! À aucun moment, il n'en comprend que la faible mobilité sociale aux USA se déduit naturellement d'un contexte qui développe un argument s'opposant au rêve américain...Bref, que la phrase prend du sens parce que c’est tout le texte qui le lui donne !

Prenons une phrases simple: " pouvez-vous me passer le sel?".
Si vous comprenez le sens de cette phrase, la réponse est "oui/non, je vous le passe" (réponse à une question interrogative) sans faire le moindre geste…
Pourtant, à table, quand on vous le demande, vous passez le sel à celui qui vous la pose sans lui répondre verbalement...Ce qui, en terme de logique est faux! La question demande de répondre par oui ou par non...et non de passer le sel !
Bref, l'importance du contexte donne du sens à la phrase: ce n'est pas une question que l'on vous pose ; mais une demande...

Mais bien sur, introduire une fonction pragmatique qui produit du sens, c’est admettre que finalement, le texte est suffisamment élaboré pour créer du sens à chacune de ses phrases qui le composent…Et donc que mon texte a suffisamment de sens pour effacer ses erreurs… Ce serait introduire l’inconvénient qu’une erreur révèle finalement une force

On comprends mieux alors pourquoi c’est forcement d’autres interprétations qui doivent être considérées…du genre « réceptacle passif des propos des autres »…Mais l’hypothèse de la pragmatique me parait plus étayée scientifiquement pour que je ris de celle de Gilbert K C




"Ne prenez pas la vie trop au sérieux. De toute façon,vous n'en ressortirez pas vivant!"


 carter a écrit [04/05/2008 - 15h44 ]  
carter

Je reviens à la réponse parce qu’elle me fascine aussi…un type qui ne comprend pas en quoi l’emploi incorrect d’un mot ne modifie pas forcement le sens de la phrase et qui , de surcroît, en arrive à déduire une réflexion psychologisante de « l’auteur » me laisse rêveur et pantelant d’admiration…

Quelqu’un qui me sort dans un envolée lyrique que le mot « pourcentage » fait partie des mots qui sont « sont porteurs d'idées, ils ont une histoire, ils déclenchent des émotions.. » produit en moi un état d’hébétude quasi-hypnotique… Faut être fort pour être transporté d’émotions avec « pourcentage » …balèze même… Avec un peu, il nous aurait parlé de la madeleine de Proust ; en quoi le mot « pourcentage » faisait revire en lui une foule de souvenirs oubliés jusque là : sa première fessée par son prof de maths ; sa première erreur au tableau…Non, vraiment. On aurait pu attendre de telles évocations de la part d’un type dont « pourcentage » résonne en lui avec une telle force… J’aurais dû sortir les mots « statistiques, corrélation, PIB » pour que mon Gilbert jouisse d’aise, victime de trop d’émotions ! Y’a pas à dire : ton orientation est toute tracée ! On fera de toi un bon technocrate !


« si bien que notre oreille étant tant habituée à entendre ces mots ont redonné un sens à cette phrase »
Moi personnellement, ce qui blesse mon oreille, c’est la cacophonie que recèle cette phrase. J’ai pas osé le dire dans mon premier post, mais relever la chose est si tentant… tant tant…étant tant…tonton…

Pour le fun, Gilbert aura l’exercice suivant : comprendre le texte d’une pièce de Jean Tardieu et démontrer en quoi le contexte permet de donner sens à du non-sens :

-M.de Perleminouse (à part) : Fiel ! Ma pitance !
-Mme de Perleminouse : Fiel ! Mon zébu ! (Avec sévérité) Aldalgonse, quoi, vous ici ? Comment êtes-vous bardé ?
M. de perleminouse (désignant la porte) Mais par la douille !


Si Gilbert Keith C ne saisit rien, c’est qu’il ferait indéniablement un bon technocrate…




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