Zut ! Si Karol jette l’éponge (même ironiquement) ; c’est à moi de reprendre le flambeau…
Bon, je vais me faire l’apologie de l’expérimentation animale d’une façon plus « équilibrée » ; plus scolaire, vu les émotions que suscite ce genre de débat…
A) Revenons aux faits :
On estime entre 2000 et 3000, le nombre d’animaux utilisé pour un tester un produit lambda
Aux USA, il meurt un animal par seconde dans un laboratoire.
La CEE a lancé l’un des travaux scientifiques les plus ambitieux pour tester la toxicité de plus de 30 000 produits chimiques d’utilisation courante en 2002 (et dire que GAM me rétorque que l’on teste tous les produits chimiques !). On estime à 50 millions le nombre d’animaux nécessaires à ce chantier indispensable pour le bien être de tous les consommateurs…
Source : « Stop »
Qu’ils s’agissent d’entreprises publics ou privées, tout le monde manipule la bestiole ! Pour les firmes gourmandes d’animaux de laboratoires, figurent les industries chimiques, médicales, pharmaceutiques, cosmétiques, alimentaires, sans oublier nos amis, les militaires. On estime que 9 sur 10 produits qui nous entourent ont impliqués l’utilisation de l’expérimentation animale. C’est dire son utilité dans la recherche et développement des technologies…
Les animaux les plus utilisés sont les rats et les souris ; mais d’autres sont exploités en fonction de leurs particularités :
-les lapins, de part leurs grands yeux et leur faible sécrétion lacrymale, sont les candidats idéals pour tester les produits oculaires. Evidemment, si le produit testé est plus corrosif que prévu, le lapin morfle.
-les chats font les délices des la recherche en psychologie (le fameux chat décérébré) du fait de leur intelligence …
-les primates sont plutôt orientés médecine : on leurs inocule alors le virus ou autre vecteur mortel d’une contamination (sida, paludisme, etc.)
Bref, et pour conclure, les grands domaines scientifiques qui réclament son lot de martyrs sont la toxicologie, la médecine et les recherches en génétiques (ce sont les fameux animaux génétiquement modifiés : les laboratoires britanniques compte plus de 575 000 souris transgéniques ayant subies de centaines de modifications, rien que pour l’an 2000)
B) Les arguments contre l’expérimentation animale : se répartissent en plusieurs points d’attaques :
Les premières relèvent du champ émotionnel : les souffrances, le stress infligées à des millions d’animaux alors qu’ils n’ont rien demandé relève évidemment du sadisme typiquement humain. Du coup, on dérive forcement sur le concept « d’animal innocent » et de « l’homme corrompu à tous les vices ».
Le second relève de l’antiscience dans son acceptation large ; c'est-à-dire relevant de la critique de la Science, du Progrès, de la Technique et de la Rationalité. J’en ai usé -il est vrai- par simple goût de la contradiction. L’idée est que la Technique ne finit que par alimenter la Technique aux dépens des besoins réellement humains, finissant par transformer l’homme en un simple rouage de la Machine et non plus en sa finalité. Les expérimentations animales débordent curieusement vers l’expérimentation humaine. Le Napalm est d’abord testé sur des rats et puis, ce sont des millions de vietnamiens qui en bénéficieront de ses avantages…
La troisième relève de l’argumentation scientifique :
-Primo, il n’est pas sur que l’expérimentation animale soit si efficace, l’extrapolation des données découlant des tests effectués sur les animaux à l’homme est souvent problématique. Les caractéristiques entre les divers espèces animales sont telles qu’il n’est pas facile de transposer les résultats à l’homme. Du coup, et voyez l’ironie : les résultats sur les animaux en toxicologie peuvent avoir des conséquences nocives pour la santé humaine en acceptant ou rejetant après test un produit dont l’extrapolation se révèlera fausse…. Du coup, une étude a montré que la corrélation entre les effets nocifs de certains médicaments sur l’homme et l’expérimentation n’était que de 5 à 25%
Exemple tragique : en 1970, des milliers de personnes sont mortes lorsqu’elles ont été exposés à l’herbicide Peraquat, alors que les test sur les rats l’avaient classé dans les produits à basse toxicité…
-secundo : des études menés par des américains et des suisses ont montré que la vie en cage et conditions animales (ennuie, manque d’espace) altéraient ou détérioraient le fonctionnement de leurs cerveau. On peut donc douter de la validité des données recueillies (surtout en recherche de psycho stimulants)
-tertio ;
C) les arguments pour l’expérimentation animale
Les premiers arguments relèvent du bon sens., de la rationalité et de l’Ethique
Bon sens pour la Science. Pour expérimenter, il faut un objet d’étude. En sciences naturelles, l’objet d’étude passe naturellement par un cobaye. Il faut bien tester que vous le vouliez ou non, si vous souhaitez le développement de la Science. C’est une loi d’airain de l’Histoire. De Bacon gavant maladroitement des poulets à un Pavlov triturant le ventre des chiens en passant par Pasteur ; tous ont réclamé leurs lots de sang animal !
A une Chu Fu qui nous emberlificote de Bouddhisme tibétain, faisons lui remarquer que les pays (rares) qui ont pour religion d’Etat le bouddhisme n’ont PAS développé de Science scientifique ! Et pour cause, comment pourraient-ils expérimenter le vivant ? (Le Bouddhisme, d’ailleurs, avec sa religion de non violence est soupçonné d’être un formidable outil de pouvoir social par de nombreux historiens : comment expliquer que dans les pays ou il domine, on trouve les plus grandes inégalités de classe ?)
Il vous faudra choisir : soit la Science, soit la béatitude et la zazen attitude…
Bon sens envers l’homme : il n’est pas le cruel animal que l’on croit, lui qui est rongé par ses doutes…Quant à l’argument de l’innocence animale et à un GAM qui sombre dans le délire des « animaux ne tuent que pour manger, se reproduire, et défendre leurs petits » ; rétorquons lui qu’il est contredit par les faits ! En éthologie, nous savons désormais que les singes peuvent tuer leurs congénères, non par nécessité mais pour des motifs bien immoraux : Par exemple, les éthologues ont enregistré un assassinat d’un singe par un autre pour des motifs se rapprochant du concept de jalousie. Un dominant a alors réussi à envoyer sa horde contre un jeune prétendant dans un magnifique « chasse à l’homme » parce qu’il semblaient avoir plus les faveurs de sa prétendante. Apres son assassinat collectif, le « dominant » a eu des comportements qui se rapproche étonnamment du remords. On a donc filmé un MEURTRE animal…La cruauté animale existe, et c’est curieux que l’on oublie que notre cerveau reptilien, siège de nos émotions négatives, nous a été offert par les reptiles…
Les seconds arguments relèvent d’arguments scientifiques :
Les scientifiques ont relevé les arguments des « écologistes radicaux ». Ils ont pris acte de leurs revendications en promettant de faire plus attention à la souffrance animale, de réduire au nécessaire le nombre d’animaux testés. Toutefois, les avis contre les arguments démontrant l’inutilité des tests partagent la communauté scientifique. Il est vrai que les cellules souches peuvent devenir de bons outils pour tester la toxicité de nombreux produits, évitant par la même l’expérimentation animale ; mais elles restent un outil incomplet.
N’en déplaise à GAM, les cellules souches ne traite que le niveau local, cellulaire du problème. Or l’organisme est un tout, une machine fort complexe et les effets pervers, systémiques, ne peuvent se dévoiler au niveau cellulaire. Les expérimentations cellulaires complètent, interrogent mais ne peuvent remplacer intégralement l’expérimentation animale…
Quant aux mouvements qui dénoncent les illusions du progrès, on peut prendre acte de leurs analyses : il est vrai que le Progrès tend à remplacer toute politique sérieuse de nos jours…
70% de la planète crève de faim ? Le Progrès est appelé à la rescousse et non pas la Politique (elle ne pourrait que conclure à la répartition des richesses)
On est malheureux ? Le Progrès est appelé à la rescousse. « Prenez moi ces antidépresseurs » ; mais surtout, ne faite pas de la politique qui consisterait à réfléchir sur vos modes de vies…
Etc.
Il n’empêche, ce n’est pas la Science la responsable mais ceux qui nous dirigent et quoi préfèrent opter pour la Science plutôt que de remettre en cause les conditions qui les avantagent…
"Ne prenez pas la vie trop au sérieux. De toute façon,vous n'en ressortirez pas vivant!"