Le problème avec le réchauffement et le dérèglement climatiques, le trou dans la couche d’Ozone, la perte de la biodiversité, et tous les dangers de nature écologique est que l’on tape facilement sur le consommateur ou le citoyen ; oubliant les principaux accusés responsables de cette situation, trop heureux de décharger leurs mauvaises consciences sur les masses populaires. Je parle bien sur des industriels, des producteurs, des politiques qui n’ont cessé de favoriser, par lobbying plutôt que par voie démocratique, les pires politiques éco -suicidaires…
Celui qui prend la peine d’écouter, la peur au ventre quant à la survie de notre espèce, nos experts autoproclamés à la télévision a droit à leurs catéchismes et aux nouvelles formes de contrition des temps modernes :
--« c’est de votre faute ! Vous, les consommateurs ; vous êtes des inconscients ! Vous consommez a outrance (comme si c’est de notre faute si le pauvre industriel inonde les marchés de leurs produits, quitte à impacter sur les possibilités de récupération de la planète !) vous roulez en 4*4 (Qui a proposé à Madame ces aberrations à quatre roues ?) ; vous gaspillez l’eau (Qui pollue les nappes phréatiques de pesticides ?) et l’énergie (Qui développe la propagande contre les énergies renouvelables ?) »
L’exercice de style est facile et rabâché comme un conditionnement pavlovien…
Jadis, on devait racheter la faute originelle, maintenant on se doit de se repentir d’avoir détruit la planète et de participer à sa réparation.
Outre l’aspect symbolique que cela comporte, on n’oublie quelques vérités :
-Primo, Les problèmes écologiques sont holistes ; c'est-à-dire qu’ils forment un tout. La planète est un écosystème qui se dérègle par dépassement de sa masse critique de récupération. C’e n’est pas quelques pollutions par ci, par là qui nous ont amené à cette situation déplorable. Mais la mise en place volontaire d’une politique et d’une économie libérale de surenchère consumériste depuis les années 50. Ce qui a été mis par la politique doit se défaire par elle ! Il ne suffit pas de quelques initiatives privées (très honorables en soi !) pour améliorer les choses mais d’une politique mondiale, comme l’a été le développement du trafic autoroutier dans les pays industrialisés. Où l’on voit comme en Californie l’installation des maisons les plus écologiques qui soient ne guère changer au fait que les USA reste le pays le plus pollueur de la planète ! Seul des politiques globales peuvent y remédier à la dégradation de notre écosphère ! Les initiales personnelles ne valent pas grand-chose. Plutôt que d’éduquer les masses, on devrait éduquer nos politiques !
- Secundo, n’en déplaise aux industriels, aux entreprises multinationales, ils ont plus de responsabilités que le pauvre consommateur dans cet état de fait. L’offre créant la demande contrairement à ce que pensent les puristes en économie, c’est à coup de publicité, de propagandes, de manipulations psychologiques, de lobbying, de techniques de marketing, de profilage des individus, de stratégies commerciales que l’on a transformé le citoyen en consommateur. Apres tout, si vous lisiez quelques livres d’Histoire (Marx, Chomsky), vous seriez que réduire l’homme à un simple consommateur fut un travail de longue haleine et bénéficiant des meilleurs outils de manipulation de masses. C’est à coup de baïonnettes que l’on a transformés les citoyens volontiers décroissants (c’est-à-dire adeptes en de la philosophie suivante : le travail aliène l’homme et pour s’en libérer, je ne consomme que le stricte nécessaire) en bourreau du travail et que l’on lui a fait accepter une technologie qu’il méprisait à la base ! La révolte des Canuts, un oublié dans l’Histoire, n’a pas été pour rien l’une des inspiratrices , pour les penseurs de l’époque, de la critique radicale de la société de consommation naissante…
-enfin, ce n’est pas à ma génération (les trentenaires naissants ou génération 69) que l’on doit le saccage de notre Maison. Sachant que l’impact écologique d’un individu est corrélé à son train de vie, ce n’est pas avec nos successiosn de galère, de chomdû, de CDD misérablement payés que nous, la jeune génération, avons mis en péril notre écosystème (pensez que mon plus gros salaire dans ma vie a été un CDD de 6 mois payé 1900 euros…)
Bref, plutôt que de réfléchir à une société plus humaine, plus démocratique ; on constate que nos évangélistes écologiques vont toujours dans le même sens : ne jamais critiquer le libéralisme qui met en danger l’espèce humaine et ses grands hérauts actuels : FMI, Banque Mondial, OMC. Par contre, culpabiliser les seuls coupables que la pensée dominante accepte : au mieux le pauvre, au pire le citoyen réduit à un consommateur…
Avec mon revenu de misère, j'y participe bien assez à la décroissance nécessaire pour l'amélioration de la planète...
"Ne prenez pas la vie trop au sérieux. De toute façon,vous n'en ressortirez pas vivant!"