Quelles sont les grandes écoles de la psychologie ?



yusef-adam
Cette question a été posée par Yusef adam, le 17/01/2013 à à 12h16.  *  Alerter les modérateurs
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 Yusef adam a écrit [17/01/2013 - 12h16 - Avis,définition, témoignages et conseils sur le guide du savoir Web Libre.org]  
Yusef adam

quelles sont les grandes écoles de la psychologie?




 Bikini a écrit [17/01/2013 - 14h46 - Avis,définition, témoignages et conseils sur le guide du savoir Web Libre.org]  
Bikini

Il faut se tourner vers les grandes écoles de sciences sociales parce que niveau psychologie pure à part la fac je ne connais pas de grande école.
Certaines fac sont plus réputées que d'autres mais c'est tout ce que je peux vous dire.




 papiguy a écrit [17/01/2013 - 15h46 ]  
papiguy

Voilà une question pour l'infâme mais lettré carter. Laissons lui le temps de nous concocter un "résumé" aux petits oignons comme il a l'habitude d'en faire. ;-)


nb: la question n'est pas de lister les établissements d'enseignement spécialisés, mais d'évoquer les différentes conceptions que l'on peut avoir de cette science, ainsi que ses "branches".




 Bikini a écrit [17/01/2013 - 16h27 ]  
Bikini

Oui de toute manière la meilleure façon d'apprendre la psychologie c'est de lire des livres et encore des livres je pense.
La fac c'est bien mais ça donne une vision un peu étriquée du sujet vous ne trouvez pas ?
On attend le dit carter pour des informations supplémentaires alors :-)




 carter a écrit [19/01/2013 - 01h38 ]  
carter

Bon…bon…je m’y colle…Dans les grandes lignes, vous avez trois grandes écoles de la psychologie, dans le sens de discipline cherchant à comprendre les comportements, les cognitions et les affects humains.


-le courant psychanalyste : postule donc que la majorité de nos comportements, cognitions et affects sont régies par des forces inconscientes, c'est-à-dire des forces dont l’individu n’a pas forcement conscience (dit autrement, les raisons de nos comportements, cognitions et affects nous sont majoritairement inconnus). Ces forces peuvent être le désir (Freud), la volonté de puissance (Adler), l’inconscient collectif (Jung).Le mouvement le plus célèbre étant celui de Freud, on se doit de développer la pensée de ce célèbre cocaïnomane et menteur pathologique : Il s’inspire de la science naissance de son époque, la thermodynamique, en postulant que si l’énergie psychique se conserve, elle subit toutefois de nombreuses transformations dont la plus célèbre est le refoulement : si une pensée ou une émotion est trop désagréable pour notre conscience, un processus la plonge dans l’inconscient. L’inconscient est donc un réservoir des pensées et affects impossibles à gérer par notre conscience. Pour comprendre le mécanisme, il développe deux tropismes : les triptyques Inconscient-Préconscient-Conscient et Ca- Moi-Surmoi. Grosso modo, l’Inconscient est le règne des pulsions les plus secrètes-forcement d’ordre sexuel ou en plus soft, relevant de l’ordre du désir. Dit autrement : Y règne la toute-puissance du Ca qui obéit au principe de plaisir qui veut que toute pulsion soit satisfaite dans l’immédiat. Ce qui est impossible dans la vie : on ne peut pas tout avoir et tout de suite. Pour cela, le Surmoi, sorte de voix intériorisé de la conscience morale que nous a enseignée nos parents et l’école, tente de bloquer le Ca. Le Moi est l’instance de négociation entre le Ca et le Surmoi. Le Moi, pris entre l’enclume et le marteau, reconnait le principe de réalité tout en tentant de gérer les pulsions du Ca. Tel est la nature du célèbre deuxième tropisme de Freud (il a quelque peu abandonné le premier)…

Cas pratique : un enfant a peur des chevaux. Vous vous dites qu’il craint les réactions d’un animal qu’il lui parait incontrôlable et dangereux ? Que nenni ! Cette peur vient du fait qu’il craint que son père lui coupe le zizi. Non…non, on ne rigole pas : on introduit ainsi le complexe d’Œdipe (ou d’Electre pour ses dames) où le petit garçon veut s’approprier maman et se débarrasser de Papa (tout en craignant son châtiment).

Développement actuel : les mécanismes de défense. Faut admettre que Freud ne se plante pas toujours. Il existe bien des mécanismes de défense (quoique : ne serait-ce pas un « coping » stable ?) , c'est-à-dire des processus préférentielles qu’un individu utilise pour gérer un évènement stressant, une sorte de « coping » inconscient, stable et général. Bref, même le cognitivisme admet que les mécanismes de défense peuvent être en fait une sorte de « coping »-trait (processus de gestion des évènements stressants).


-le courant béhavioriste : postule que nos comportements, nos cognitions et nos affects sont les résultants d’un processus d’apprentissage nommé conditionnement. Elle est avant tout une méthode s’opposant à une autre, l’introspectionnisme, et s’inspirant de l’associationnisme en philosophie : partant du principe que l’on ne peut accéder aux cognitions humaines (comment observer les états mentaux ou la pensée humaine ?), le chercheur doit se focaliser sur la seule variable visible de la nature humaine : le comportement. Le comportement est vu comme une extension du modèle de l’arc réflexe stimulus-réponse découvert par Pavlov. Rappelons que Pavlov a conditionné des chiens à saliver à chaque fois qu’ils entendaient le son d’une cloche. Il a donc découvert qu’un stimulus neutre (son de cloche) peut devenir conditionnel (faire baver le chien) s’il est associé à un stimulus inconditionnel (la nourriture). Un courant radical postule la non-pertinence des cognitions dans l’explication de la nature humaine (Watson) tandis que d’autres tentent d’introduire des variables intermédiaires d’ordre cognitive entre le stimulus et la réponse comme la motivation (Hull) ou le langage (Skinner).2 grandes trouvailles de ce courant : le conditionnement classique (Pavlov et ses chiens) et le conditionnement opérant (Skinner) ou c’est l’action du sujet qui conditionne la réponse (renforcement positif ou négatif).

Cas pratique : soigner les phobies avec la méthode de désensibilisation systématique par exemple. Un courant nouveau des psychothérapies, l’ACT, (acceptance and commitment therapy) est aujourd’hui le digne rejeton des derniers travaux de Skinner sur le langage. Bref, il y’a un également un renouveau du béhaviorisme pur…


-le courant cognitiviste. Il faut distinguer dans ce courant la version que je nommerais par commodité « scientifique pure », c'est-à-dire une science expliquant à peu près tous les processus mentaux comme les processus d’attention, de mémorisation, de perception, le langage et une version que je nommerais « thérapeutique » développée par Beck qui tente d’apporter une aide aux personnes souffrant de problèmes psychologiques.

a)La version « scientifique » : explique tous les processus mentaux actuels : C’est le paradigme dominant actuellement. On parle alors de « psychologie cognitive ». Elle postule que nos comportements, nos cognitions et nos affects sont le produit d’un système de traitement de l’information. L’analogie est évidemment la cybernétique, l’ordinateur, le programme. Ce paradigme traite à peu près tous les phénomènes mentaux mais est en train de bouffer littéralement chaque domaine de la psychologie : la psychologie sociale devient cognitive (dissonance cognitive par Festinger), la psychologie différentielle devient cognitive, la psychologie du développement devient cognitive.. Au fond, toutes les disciplines de la psychologie ont désormais un paradigme cognitif. Seul reste spécifique l’objet d’étude (la psy du développement étudie l’enfance et l’adolescence, la psy sociale les phénomènes sociaux, etc.). Quant à la psychologie cognitive « cognitive », elle étudie tous les phénomènes mentaux. C’est vaste. Voyez le programme :
-la mémoire avec Baddeley et sa la boucle phonologique et son calepin visuo-spatial…
-la résolution de problèmes avec les travaux de Newell et Simon,
-le langage avec les travaux de Chomsky
Et bien des choses encore : l’attention, l’intelligence, la prise de décision, la représentation des connaissances, etc. Tous traités par la psychologie cognitive…

b) la version thérapeutique : développé par Beck. On parle alors de « thérapie cognitive » Elle postule que derrière toute comportement et affects dysfonctionnels (phobie, troubles obsessionnels), il y’a des pensées dysfonctionnels et automatiques. Une démarche quasi socratique permettra de les identifier et de proposer des pensées alternatives que le patient devrait se dire à chaque fois que les pensées dysfonctionnelles apparaissent…



Ceci dit, j’en connais qui vont m’engueuler parce que je n’en citerais pas d’autres et que le courant cognitiviste et béhavioriste se sont rejoints en psychothérapie pour former un tout…
Bon, alors comme ça… vous en voulez plus ?
Soit.
Ici, nous entrons dans des courants qui, bien que relevant de la psychologie, ont eu un impact majeur dans la psychothérapie en tentant d’aider les hommes à résoudre les problèmes :


-le courant humaniste : inspiré par Maslow et Rogers, ce courant postule que l’homme possède en lui toutes les ressources nécessaires pour se développer et s’épanouir. Il y’a en chacun de nous un désir de nous élever et de donner le meilleur de nous-même. L’idée est que chaque individu est capable d’autoréalisation. « Ce que l’homme peut être, il doit l’être » disait Maslow. Mais pour saisir l’esprit de ce courant, je préfère la phrase d’Eric Berne : « Nous sommes tous nés princes et princesses ; les circonstances de la vie ont fait de nous des grenouilles et des crapauds, mais nous pouvons décider de redevenir princes et princesses». Maslow développera la pyramide des besoins et Rogers une méthode thérapeutique, l’approche centrée sur la personne, basée sur l’empathie, l’authenticité et la congruence.
Développement actuel : C’est dans ce courant que des chercheurs plus scientifiques (plus adaptes de la méthode expérimentale alors que la psychologie humaniste s’en était détachée) ont puisé des idées pour développer la psychologie positive. Développée par Seligman, cette branche naissante tente d’expliquer les aspects positifs de la vie humaine tels que le bonheur, le bien-être et le développement personnel. Par exemple, Seligman développe des théories sur le « style explicatif pessimiste ou optimiste ». Il montre qu’une nature optimiste est corrélé à la réussite professionnelle et au bonheur (bien qu’une forme d’optimisme dit « optimiste irréaliste » est, quant à lui, délétère. Seul l’optimisme qui vous fait agir est corrélé au bonheur et à la réussite.)


-le courant de Palo Alto et de la systémique. Développé par Gregory Bateson, influencé par Milton Erickson, ce courant, s’inspirant de l’écologie et la cybernétique, postule que nous ne pouvons pas analyser les comportements humains sans prendre en compte le système dans lequel ils sont insérés. Un système est un ensemble d’éléments en interaction de telle sorte que la modification de l’un de ses éléments modifie les autres. Bref, nous sommes en tant qu’être humain, de par nos relations humaines, insérés dans des systèmes : la famille, l’école, l’institution, l’entreprise, etc.
La conclusion s’impose d’elle-même : nous ne pouvons pas comprendre le dysfonctionnement d’un individu si on n’analyse pas ce que ce dysfonctionnement apporte au système dans lequel cet individu est inséré. Avant Palo Alto, un malade mental est considéré comme un cas individuel. Les chercheurs de Palo Alto ont été les premiers à s’étonner qu’il suffisait parfois d’enlever le malade de sa famille pour qu’il retrouve la raison. Il fallait donc en conclure que cette maladie était « écologique » pour la famille dans lequel le malade évoluait…Puisque tout individu est inclus dans des systèmes, l’école de Palo Alto s’est mis à étudier les communications entre les éléments dudit système. Une certaine « logique de la communication » apparut : les familles dysfonctionnelles (ou se trouvait des personnes atteintes de maladies mentales) brouillent souvent les messages : c’est le « doublebind » : deux messages contradictoires ou si vous répondez positivement à l’une, vous contrevenez à l’autre. Ce genre de messages est fréquent dans les familles dysfonctionnelles ou dans des relations humaines qui font souffrir. « Sois libre » : si je réponds à cette injonction, je vous obéis. Donc je ne suis pas libre. Et si je suis libre, je ne réponds pas à cette injonction. Message contradictoire, légèrement déstabilisant pour un enfant…

Développement actuel : L’Ecole de Palo Alto a fécondé de nombreux courants (thérapie systémique, thérapies familiales) et son apport est majeur en psychothérapie ; mais en tant que telle, elle semble plutôt en déshérence si on la compare à sa superbe d’antan (qui va encore à l’université de Palo Alto l’étudier ?). Elle a toutefois de nombreuses poches de recherche (Je pense à l’Italie avec Nardonne) . Quant à l’Ecole de Palo Alto en elle-même, certains chercheurs/thérapeutes comme Bill O’Hanlon tente faire revivre sa superbe en conceptualisant de façon plus approfondie les idées de ses ainés ; ce qui a donné naissance à la thérapie orientée solution…


-le courant phénoménologique : bon, je fais l’impasse car ce n’est pas ma tasse de thé…

Voila un panorama succinct des différents courants de la psychologie…




"Ne prenez pas la vie trop au sérieux. De toute façon,vous n'en ressortirez pas vivant!"


 Anonyme a écrit [26/01/2013 - 16h48 ]  
Anonyme

il vaut mieux chercher sous le titre "les grands courants de la psychologie".




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