Salut Bourriquet!
Au sens large, la dépression est un trouble de l'humeur de plus en plus fréquent dans nos sociétés individualisantes. Au sens clinique la dépression, défini par le DSM-4, est un état dans lequel une humeur dépressive ou une perte d'intérêt persistantes est accompagnée d'autres signes mentaux ou physiques (sommeil perturbé, trouble de l'appétit, diminution de la concentration et des sentiments de désespoir).
Il faut savoir une chose importante: la dépression, si elle n'a pas été bien traitée dès le début, peut vite devenir une maladie chronique et récidivante. Une étude américaine a montré que le taux de rechute, pour un dépressif, variait entre 50 et 78% en respectivement 12 et 24 mois (pour le traitement médicamenteux seul). Le hic est que si la 1ere dépression que l'on subie est souvent "exogène" (c'est à dire qu'elle est due à une événement extérieur traumatisant comme la perte d'un être cher, d'un travail, etc.), les suivantes deviennent "endogènes"; c'est à dire qu'elle sont dues à des pensées dysfonctionnantes et limitantes qui sont devenues des "automatismes de pensées" depuis le 1ere épisode.
C'est dire l'importante du traitement du 1er épisode! C'est d'autant plus dramatique que les dépressifs ont tendance à s'isoler et à éviter justement tout forme d'aide...
Quelles sont donc les méthodes efficaces?
1)-Les traitement médicamenteux comme les antidépresseurs (prozac, etc.) elles modifient l'humeur en jouant sur la transmissions de différents transmetteurs. on les utilise en phase dépressive puis on les arrête dès que le patient se porte mieux. Le hic est qu’elles n’annulent pas les récidives. C'est d'ailleurs un tel problème que certains médecins proposent de continuer le traitement médicamenteux au delà de la crise...Bref, elles soignent les symptômes mais pas le processus psychique sous-jacent.
2) les thérapies cognitivo- comportementalistes (TCC): elles se basent sur l'idée que nos pensées impactent sur nos comportements et nos émotions. Des lors, si vous avez des pensées dites dysfonctionnantes (genre "je suis nul", "je n'obtient rien dans la vie", "personne ne m'aime", etc.), il est évident que vous serez fragilisé aux aléas de la vie. Bref, au moindre évènement négatif, la dépression aura un terrain favorable pour se développer. Pour les TCC, les pensées sont automatiques et pas forcement conscientes. L'objectif du psychologue sera alors de traiter vos pensées aliénantes responsables de la dépression en les mettant à jour et de proposer des stratégies pour les réduire et les contrer. Si l'une des vos pensées est "je n'obtient rien», on cherchera à connaitre quand cette pensée apparaît (la situation déclenchante), ce qu'elle produit alors en vous (les émotions) et de les relativiser (Avez-vous toujours rien obtenu dans la vie? De 1 à 10, quelle conviction donnez-vous à cela?). Ce sont les fameuses fiches de Beck, prémisses à des stratégies efficaces à la dépression. Les TCC ont un taux d'efficacité élevé et réduisent la récidive .Inconvénient: elles durent 6 mois...
3) l’idéal, selon de nombreux médecins, est de combiner traitement médicamenteux et TCC: quand le patient est en phase dépressive, on lui proscrit des médocs et lorsqu'il se porte mieux et peut travailler sur lui, on démarre une TCC..
4) Cependant, d'autres thérapies ont obtenu d'excellents résultats. La mindfulness est de celle-ci. Elle s'attaque aux ruminations fréquentes qu'ont les dépressifs. Ses résultats sont supérieurs pour les dépressions de plus de 2 récidives (c'est normal puisque, si les 1eres dépressions sont exogènes; les suivantes sont dues aux ruminations surapprises lors des 1eres dépressions... ). La mindfulness appelée "thérapie cognitive basée sur la pleine conscience pour la dépression" ou MBCT apprend la méditation aux patients, c'est à dire qu'elle apprend que les "pensées ne sont pas des faits/ les pensées ne sont que des pensées". Cette distanciation, obtenue sur nos pensées, élimine les ruminations et les pensées dysfonctionnantes. Toutefois, la mindfulness est efficace que si la dépression est d'origine "endogène", cad qu'elle résulte des ruminations. Comment le savoir? C'est simple: il suffit d'en être à sa 2eme dépression....Avantage: on l'apprend en 8 semaines de 8 séances et l'on traite plusieurs problématiques en même temps. Inconvénient: travail personnel intense.
4) les thérapies brèves orientées soit solution, soit client. Ce sont des thérapies rapides basées sur les théories géniales de l'école de Palo Alto. on part du principe que les problèmes humains sont systémiques (complexes) et donc que la solution est parfois plus simple que l'on croit (contrairement à l'idée prégnante que si vous souffrez de quelque chose depuis longtemps, il vous faudra autant de temps pour vous en débarrasser...). Ce sont des thérapies efficaces, stratégiques (le patient ne comprend pas forcement les méthodes de son thérapeute) et...courtes (une à quatre entretiens). Bref, l'idée est qu'un petit pas peut provoquer de grands bouleversements. Je ne peux en dire plus puisque dans ce genre de thérapie, le thérapeute joue souvent sur le mystère de ses "prescriptions".
5) L'hypnose. Il faut savoir que l'hypnose est, après les TCC, la thérapeutique la plus validée scientifiquement On use alors de l'hypnose dite "ericksonnienne" (l'hypnose médicale n'étant que l'hypnose ericksonnienne appliquée au monde médicale). Souvent associé à un coté "magique", l'hypnose est paradoxalement un état basique qui nous arrive presque toutes les jours... J'ignore, par contre, si ses résultats sur la dépression sont durables mais elle est la " base" des psychothérapies...
6) voila, j'ai fait un tour des horizons (non complet; il manque la thérapie du bonheur, etc.) mais concrètement, quoi faire aujourd'hui, à l'instant présent, ici et maintenant pour se sortir de la dépression?
On a prouvé l'efficacité de 3 choses simples sur la dépression:
-faire une activité physique 30 mn par jour a autant d'efficacité...qu'un antidépresseur!!! Donc: marche, cours, fais du sport régulièrement!!!
-faire des activités que l'on aime! La dépression étant caractérisée par une absence de plaisir; tout ce qui renforce le plaisir réduit la dépression! Qu’aimes-tu faire? Jouer à la playstation ? Lire ? Voir des amis??? Fais le !!!!
-faire des activités de contrôle: ce sont des activités qui ne demandent peu d'investissement et qui se terminent rapidement: la cuisine, faire le ménage, poster son courrier. Elles ne sont pas forcement plaisantes mais quand on les fait, on renforce le sentiment de contrôle que l'on a sur les choses...et ça, c'est indispensable pour un dépressif puisque le sentiment de perte de contrôle est prégnante chez eux...
un dernier truc : Ne t’identifies pas à tas dépression. Elle n’est pas partie intégrante de ta personnalité : tu n’est pas ta maladie. Voit la dépression comme quelque chose d’extérieur à toi que tu as attrapée…On sait que plus le patient s’identifies à son problème, et plus il faudra « casser » cette conviction pour le guérir..
"Ne prenez pas la vie trop au sérieux. De toute façon,vous n'en ressortirez pas vivant!"