Je parle d'un type qui a sa propre maison mais qui n'a pas de revenu...Je ne vois pas pourquoi il ne pourrait pas bénéficier du RMI...Doit-il vendre sa maison -et finalement tôt ou tard se retrouver à la rue (car sans revenu, son capital ne peut que tendre vers zéro puisqu'il a naturellement des frais de subsistance) - pour qu'on lui donne le RMI plutôt que ne pas le faire avant? Çà me parait logique avec l'idée que le RMI soit calculé en fonction du revenu....
Toutefois, l'idée de s'éloigner de la vision de Rocard qui voyait le RMI comme un revenu de subsistance pour un autre conception ou l'on sépare le bon Rmiste (celui qui cherche un taf) du mauvais (le glandeur) est fondamentalement pernicieux puisqu'elle introduit une distinction entre les pauvres ; ce qui n’est pas sans rappeler l’époque aristocratique : « j’ai mes pauvres » disait –on déjà en prenant la pose ...
Le hic est que cela introduit des critères évaluatives de plus ne plus pernicieux pour distinguer ceux qui gagnent à la loterie de la subsistance de ceux qui devront aller se faire foutre.
Jadis, il fallait avoir un revenu inférieur à tant pour en bénéficier : un pauvre était un pauvre, sans distinction entre par exemple celui qui allait se soûler la gueule et celui qui frappait aux porte pour quémander du taf.
Désormais, ils doivent exprimer leur déférence envers un système de valeurs toujours de plus en plus coercitive (rProuvez moi que vous recherchez un emploi, que vous êtes patati patata).
Je suppose que bientôt, on leur demandera combien de fois ils vont à la messe pour refiler le pécule…Et encore, après qu’ils aient bien saisi de l’immense chance que l’on daigne leur faire…
Immense chance que de recevoir un RMI ??? Chance qui forcement perdrait de sa vertu si on se montrait dispendieux avec ?
Et bien, moi, je rappelle les présupposés du président américain Madison qui, en parfait riche et instrument de la classe dominante, s’est demandé pourquoi il faillait donner un revenu de subsistance :
-« pour qu’ils se tiennent tranquilles ! disait-il…les aides sociales, c’est la rançon que nous donnons aux pauvres pour qu’ils ne nous agressent pas ! »
Pour dire autrement, si le nombre de gens sans aide s’accroît, vous êtes sur que le contrat social sur lequel est fondé notre société ne sera qu’un doux souvenir. Et la tentation du flicage du peuple que les dominants mettent en place actuellement n’y suffira plus…
On ne donne pas aux Rmistes pour qu’ils cherchent un emploi. Tant mieux s’ils le font ! Mais on leur donne principalement pour qu’ils ne fassent rien qui ne soit fâcheux ; comme des émeutes, des révolutions, et -que sais je encore - qui terroriserait le bourgeois…
Telle est la vraie logique du RMI. Il y’a d’autres logiques, elle, plus économiques :
-Primo, on donne un RMI pour que les Rmistes fasse marcher la croissance. Keynes ne faisait-il pas remarquer que les pauvres, contrairement aux riches qui thésaurisent beaucoup, consomment exclusivement et dépensent jusqu’au moindre denier ? Sans eux, point de profits pour les entreprises. D’ailleurs, le marasme économique actuel vient justement que les gens deviennent trop pauvres pour acheter comme des sagouins le moindre bidule en promotion...
-secundo, le RMI permet de ne pas dévaloriser le coût du travail puisqu’on est assuré qu’au dessous d’un certain salaire mensuel, personne ne bosse… C’est génial pour les salariés qui n’ont que la peur au ventre de voir leur pouvoir d’achat baisser…
Alors, la prochaine choix qu’un type vous fera sentir a quel le RMI, c’est un don que l’on vous fait, répondez-lui :
-Non, j’assure tes arrières, du con.
"Ne prenez pas la vie trop au sérieux. De toute façon,vous n'en ressortirez pas vivant!"