Les opérateurs privés de placement sont délégués par le Pôle emploi pour accompagner les demandeurs d’emploi. Ce système avec des opérateurs privés de placement avait été lancé pour expérimentation entre 2003 et 2007 avec la réforme de l’ANPE proposée par François Fillon en novembre 2003. Ce fut donc la fin du monopole de l’ANPE. En effet, il apparaissait que recourir à des cabinets de placements privés était plus efficace avec des méthodes de suivi et de retour à l’emploi originales et inédites. Il fallait bien sûr, bien sélectionner les opérateurs privés de placement et leur donner un cadre précis… En 2006, 17 cabinets étaient mandatés pour placer 46 000 chômeurs.
Ce système a été accentué fin juillet et avait été annoncé par Laurent Wauquiez, secrétaire d’Etat chargé de l’emploi auprès de la ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi. Pôle emploi confie donc à des organismes privés dont c’est le métier et dont les compétences sont reconnues, à la fois le suivi et le placement de quelque 320 000 demandeurs d’emploi et ce pour deux ans depuis septembre 2009. Il s’agit donc de renfort normalement pour aider les personnes ayant le moins de chance de trouver un emploi ou les personnes licenciées économiques. Il est prévu que les opérateurs privés de placement soient très soigneusement évalués tout au long de la durée de leurs prestations. Quant aux rémunérations, elles sont liées aux résultats obtenus car, selon le ministère « il ne s’agit pas d’un chèque en blanc ». L’important, effectivement, selon le gouvernement, ce n’est pas de passer par des opérateurs privés de placement pour faire diminuer les courbes du chômage à tout prix en plaçant les gens ici ou là, en contrats partiels ou en intérims, mais bien dans une fonction et un métier qui les intéressent et qui sont en accord avec leur cursus professionnel… Encore faut-il que ces résultats soient bien surveillés et évalués…
Récemment cet été, 3 000 agents supplémentaires avaient été recrutés pour le Pôle Emploi (1 840 conseillers, 500 contrats aidés pour aider à l’accueil, 500 opérateurs téléphoniques) mais vu l’afflux des personnes privées d’emploi et le regroupement de l’ANPE et de l’ASSEDIC, cela ne suffisait pas.
Reste que le coût pour les caisses de l’assurance chômage en confiant une partie du travail aux opérateurs privés de placement, sera élevé car le budget est de 100 millions cette année et pourrait bien atteindre le double l’année prochaine.
Actuellement, selon Pôle Emploi, un conseiller suit plus de 90 demandeurs d’emploi en moyenne, ce qui est beaucoup trop. La délégation au secteur privé du suivi des chômeurs est donc très profitable pour certaines entreprises (BPI, Altédia, Ingeus, Adecco, Randstat, etc.). Et l’opération peut sembler juteuse car selon Les Echos, « Lors des premières expérimentations, les opérateurs privés touchaient environ 3 500 euros par chômeur reclassé »… Soit 7 à 10 fois plus cher que dans le service public selon les syndicats… En outre selon AC !, on leur confie surtout les chômeurs les plus susceptibles de retrouver un emploi pour réussir leur challenge… Les radier des listes…