1) Premier point : "Concernant la démocratie athénienne qui pratiquait l'esclavage et qui n'accodait des droits qu'à une partie de sa population, je ne vois pas où est l'exemple à suivre."
Castoriadis a dit une belle phrase dessus, un truc du genre "on ne retient pas de la société athénienne ses défauts mais ses qualités qui nous parle en encore aujourd'hui".
La démocratie moderne définie par Benjamin Constant dans son célèbre discours à l'assemblée nationale n'est pas celle des anciens (athéniens). Pour Constant, la démocratie moderne a pour objectif le bonheur défini comme l'abondance des biens et la richesse matérielle (donc, ne pas s'étonner que nous sentons si peu libres dans nos démocraties : votre objectif de vie est d’amasser des richesses. CQFD)
Tandis que la démocratie des anciens (Athènes) avait pour objectif l'autonomie et la liberté. Elle était a proprement parlée de "tragique" dans le sens ou vivre, c'est faire des choix angoissants et difficiles (voir toute sa tragédie)
Dans une société ou l'économie tente de rendre les hommes dépendants les uns des autres au risque d’être tous interconnectés et dépendants des uns des autres; donc non libres; il me semble que revenir aux sources et débattre des deux démocraties me parait salutaire...Ou alors on ne comprendra jamais les dangers et dérives qui nous menacent...Ceci dit, Casteriodis a été le philosophe de l'interrogation de ces deux démocraties et il rêvait d'un consensus des deux...
2) "critiquer toute forme de stigmatisation abusive "
Ne confondons pas:
-les discriminations sociales toujours à critiquer car relevant de préjugés flagrants ou voilés...
-de la question scientifique en soi légitime du débat normal/pathologique. Ce débat est purement scientifique et je m'étonne toujours qu'il faille toujours prendre des pincettes pour ne pas froisser l'opinion publique. Au fond, je trouve l'introduction de la Science dans le débat public et les questions sociétales à travers la parole de l’expert un peu idiote.
Ce n'est pas le rôle de la Science d'indiquer à la Société comment elle doit fonctionner mais c'est celui de la démocratie: on ne vote pas en Science. Et justement, réfléchir aux deux démocraties permettrait enfin de bouter hors des champs sociaux ces experts qui prennent des décisions à la place du peuple! Pour Athènes l'ancien, la démocratie ne fonctionne que par relativisme philosophique et consensus social. Or, ce fonctionnement est anti-scientifique (en science, il y'a des vérités)...
Bref, ce mélange des genres que l'on demande aux scientifiques emmerde au fond tout le monde (excepté les dominants qui utilisent les experts soudoyés comme moyen de propager leurs idées et le point de vues par absence de débat)
3) "eux et nous".
Il y'a en effet une seule humanité mais plusieurs civilisations, il me semble. Tu ne peux pas rejeter l'universalité du savoir (dont scientifique. Et t'adores apparemment casser l'universalité de la Science) sans prôner un relativisme philosophique qui débouche sur un relativisme culturel, il me semble (dont « eux et nous").
Faut choisir son camp...
Perso, j'analyse cette remarque comme relavant du fantasme typique du "citoyen du monde" chers aux dominants. Et comme toutes les valeurs que l'on porte aux nues, il faut analyser en quoi il avantage la classe dominante...
Désolé, mais je ne me sens pas citoyen du monde mais français né en Amérique du Sud. Je me sens lié à un topos, une histoire commune (les ancêtres nos gaulois, alors que je suis métis). Je trouve cette conception d'effacer les différence un peu bébête: de peur de créer de la discrimination, il faudrait s'imaginer "citoyen du monde". Du coup, comme tous les patrons qui se disent citoyen du monde pour éviter de s'engager dans les problèmes de leurs sociétés de naissance (citoyen du monde ou l'art de penser que si c'est le bordel chez moi, je me casserais ailleurs). J'analyse la notion de "citoyen du monde" comme un désengagement politique pour un lieu, un topos. Comme l’économie est mondialisée, le bourgeois se rêve citoyen du monde pour se désolidariser des problèmes que cette même mondialisation provoquera inévitablement sur sa terre natale. N’oublions pas la monarchie et la bourgeoisie se sont toujours justifiées comme jouant un rôle de protection de ses peuples…Maintenant, nous n’en sommes plus la… Effacer les différences entre les peuples, les civilisations, fantasmer sur une unicité des valeurs humaines (mais pas scientifique. Curieux alors que la Science a toujours prôné l’universalité…) permet :
-d’imposer ses valeurs au autres (droits de l’homme, liberté du commerce et suprematie du Droit à des peuples soucieux d’autres valeurs…)
-de se désolidariser des siens (voyez un BHL plus ému par le sort des afghanes que celles des ouvrières de Mataleurop)
"Ne prenez pas la vie trop au sérieux. De toute façon,vous n'en ressortirez pas vivant!"