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Que pensez-vous de la décroissance ?



fulup
Cette question a été posée par fulup, le 28/02/2008 à à 19h47.  * 
Vous trouverez peut être plus d'information dans l'annuaire de Web-Libre, dans la catégorie Politique.

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Réponses



 carter a écrit [28/02/2008 - 20h16] 
carter

J'ai connu le concept de décroissance en lisant "objectif décroissance" de Francois Brune et ses collègues aux édition Paragon. Sur le coup, leurs analyses m'ont plutôt impressionnées et reste l'une des source majeurs de mes réflexions...
Et oui, "on ne peut produire indéfiniment dans un monde fini" et les modélisations de l'économiste Georgescu-Roegen, père de la décroissance, sont incontournables: la décroissance est la seule façon de gérer les catastrophes écologiques qui nous pendent au nez. nous exploitons pour 2.5 fois les ressources actuelles de la planète et 80% de l'humanité n'a pas notre mode de vie destructeur et pour la planète et pour notre bien-être...Ils nous faut décroitre...

Puis, je suis tombé sur un autre livre, assez révolutionnaire, lui aussi: " Facteur 4 : deux fois plus de bien-être en consommant deux fois moins de ressources: Rapport au Club de Rome ". Il estiment que 80% de l'énergie que nous utilisons actuellement est dépensée en pure perte...on pourra conserver le même confort en chassant les énergies gaspillées et en produisant dans la durée; c'est à dire en évitant cette logique de surenchère consuméristes...tout en conservant une logique libéral pour le marché...

ces deux bouquins s'opposent bien qu'ils fassent tout deux dresser les cheveux de biens de décideurs économiques:
-la décroissance propose une décroissance économique et un mode de vie plus simple en rejetant le mode consumériste (en biens et en services)
-le facteur 4 propose une décroissance énergétique et consuméristes en biens (du moins, on passe d'une sociétés de biens à une sociétés intégralement de services)

lequel des deux projets sera exploitée par les hommes (à moins qu'il souhaitent nous amener au mur écologique?)

Avec un brin d'humour, je constate que la flambée des prix, la baisse du pouvoir d'achat, le marasme économique nous amène à la décroissance ... et je constate que la décroissance a un bel avenir puisque nous y allons ! les décroissants avaient au moins le souhait que nous le fassions volontairement... en définitive, c' est par la force des choses que les gens y vont...
Comme quoi, les écologistes comme Jancovici avaient raison: réduire le salaire des gens est le meilleur moyen de réduire l'impact écologique de chaque individu sur la planète. C'est cynique mais d'une vérité profonde...

le facteur 4, les entreprises y vont aussi bien qu'il leur faudra une coupure épistémologique: construire dans la durée et faire payer les réparations (construire des ordinateurs modulables ou vous n'êtes plus obligé de vous défaire du précédent pour acquérir le nouveau) plutôt que d'accroitre les dechets...

Bref, le rêve décroissant se fera mais pas comme le préconisait la "nerf des fous", à savoir un retour à une vie simple à la ferme (un peu comme au début du siècle). Je pense qu'une humanité intelligente fera le mix entre ces deux solutions...




"Ne prenez pas la vie trop au sérieux. De toute façon,vous n'en ressortirez pas vivant!"


 cochise_fr a écrit [02/03/2008 - 13h48] 
cochise_fr

Bonjour,
Le problème central est la répartition des richesses financières. L'argent est le nerf de la guerre, car il gère l'économie mondiale par sa simplicité d'utilisation et d'échange. Mais 90% de celui ci est détenu par 5% des vivants. D'autre part, la multiplicité des monnaies amène à la spéculation (il y en a ailleurs mais ce n'est pas le sujet) qui est une dépense parfaitement inutile pour tous. Une seule monnaie suffit, quel que soit son nom et sa couleur.

Car c'est à cause de ces guerres financières silencieuses que la planète crève à petit feu, pas d'autre chose. Tout le reste n'en sont que les conséquences..... regardez attentivement, vous verrez, c'est la course au fric qui tue la société, celle des pauvres pour atteindre le seuil vital, et celle des riches pour toutes ces grenouilles qui veulent se faire plus grosses que le boeuf......sans aucune utilité vitale, juste pour le plaisir et la vanité, on en a tous au moins une en vue près de chez soi en exemple, sans compter ceux qui nous dirigent.

Vivre dans la dignité nécessite une certaine quantité d'argent qui permet de couvrir les besoins vitaux de base:
- se nourrir et nourrir sa famille.
- se loger et loger sa famille.
- s'habiller et se chauffer suffisamment.
- assumer les frais de ses déplacements.
- assumer les frais des services publics utilisés.
Ceci représente une somme variable sur la planète mais globalement voisine car une dépense plus importante ici sera remplacée par une autre plus importante là en fonction des conditions locales.
Soit X cette somme, tout le reste est superflu....et c'est là qu'intervient la décroissance. Celle ci est déjà en partie applicable dans nos sociétés modernes mais encore faut il que cela se généralise, ce qui est très loin d'être le cas actuellement.
Je pense que l'on ne peut y parvenir sans une profonde révolution financière qui ramènerait l'échelle des revenus de 1 à 1.000.000 actuellement à 1 à 5 ou 10, le 1 correspondant au minimum requis, et personne n'étant en dessous de ce seuil.
Comme tu le décris, une grande part des réalisations seront publiques à l'usage de tous et la mise en communauté des moyens de productions comme des moyens de consommation diminueront grandement leur cout. L'usage des services sera généralisé car tout n'est que service, de la production à la consommation, mais ces services étant mutualisés, leur cout sera également moindre sans pour autant en baisser la qualité. Le but des services publics sera de rendre le service à son juste cout et non de faire du fric pour les actionnaires ni de créer des déficits d'exploitation au frais des consommateurs, même si les bénéfices pourront continuer à rémunérer les mises de fond en capital, mais sa. L'ensemble des services étant eux mêmes mutualisés pour en répartir les effets positifs ou négatifs de chacun au plus de monde possible.

Vaste problème que de refaire le monde..... à suivre.




La richesse d'un pays ne se mesure pas à son PIB. mais à celle du plus pauvre de ses habitants. Améliorez son sort et toute la société en sera meilleure.


 fulup a écrit [06/03/2008 - 23h07] 
fulup

Merci à vous :-)




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