La France se paupérise. Mais il en est de même de l’ensemble des pays riches (L’Allemagne traverse sa crise également et les anglais, grâce à MissPaggy ont inventé le quart-Monde). A vrai dire, l’ensemble de la planète se paupérise, même la Chine ou les pays africains (nous y reviendrons plus tard)…
Cette lame de fond n’est pas anecdotique mais résulte de causes profondes, qui ont trait au fonctionnement actuel de la mondialisation.
a)Les pays riches se paupérisent :
En mettant en concurrence les économies inégales des différents pays du monde, le coût du salariat se dénivelle vers ceux des pays les plus bas. Face à un salarié chinois qui coûte jusqu’à 40 fois moins cher qu’un salarié européen, les entreprises des pays riches préfèrent soit délocaliser, soit accroître leurs performances. C’est donc le dos des salariés, qui deviennent une variable d’ajustement comme une autre, que nos entreprises deviennent plus compétitives.
L’inconvénient est qu’un cercle vicieux se crée. Puisque les pays riches sont obligés de licencier à tour de bras et de réduire les coûts salariaux, le revenu médian du peuple chute mécaniquement. Ce qui renforce le marasme de l’économie mondiale. Puisque le salarié est avant tout un consommateur ; réduire son salaire, par la désindexation du salaire sur le prix de le vie réelle (gel des salaires), équivaut à entrer en récession.
Puisque le salarié est moins riche, c’est par contrecoup l’Etat qui le devient puisque ses recettes vont naturellement s’assécher. L’Etat s’endettant, l’orthodoxie économique au pouvoir en profite pour prétexter la mise en place de son remède de cheval : vendre les biens de l’Etat par la privatisation pour rembourser ses dettes.
Evidemment, l’urgence fait que l’Etat brade ses richesses et l’ensemble des biens publics rentables sont vampirisés par des mains privées. On privatise les richesses et on socialise les coûts.
La privatisation des entreprises publique accroît bien sur l’assèchement de l’Etat qui n’a pour contrepartie que de réduire les aides sociales, et donc d’abolir l’Etat- providence.
La BOUCLE EST BOUCLEE ! La pauvreté s’accroît par l’effet conjugué de la rareté de l’emploi et par la réduction des aides sociales : la paupérisation est une lame de fond de l’économie mondiale et votre Sarkozy, qui participe au mouvement, n’y fera rien..
Les pays pauvres s’appauvrissent :
Ce mécanisme est identique dans les pays pauvres. Ils en ont en d’ailleurs fait les frais bien avant nous…
Rappel Historique pour éviter d’assassiner l’Histoire : avant que le FMI et la Banque Mondiale ne s’occupent de l’Afrique et l’Amérique du Sud, fin des années 70 ; ces continents semblaient sortir des ténèbres: le développement de poches de sociétés autogérées et d’une économie locale orientée vers les besoins locaux éloignaient le spectre de la famine et de la guerre …
Mais la fin de la recréation a sonné avec la fin des accords de Bretton Woods. Les pays riches ont exigés le remboursement de la dette du tiers monde (dettes contractées par les despotes locaux mis en place par les bons soins des pays riches qui s’engraissaient sur le dos de leurs peuples respectifs : on estime par exemple que la dette totale de l’Afrique correspond à la somme des richesses des ex-dictateurs).
On expérimenta le système qui sévit actuellement chez nous ; mais pour des motifs différents : il ne s’agit pas d’être principalement compétitif sur le marché mondial mais de rembourser les dettes :
A cette fin, le même remède de cheval fut mis en place :
Donc réduction du budget de l’Etat par la privatisation et la réduction des aides sociales d’une part ; et orientation de l’économie vers l’exportation d’autre part.
Evidemment, des effets pervers se produisirent :
-les pays pauvres se retrouvant en concurrence pour les mêmes matières premières sur le marché mondial, le prix de celles-ci chutèrent. Leurs richesses étaient donc bradées à l’exportation.
-comme les économies nationales ne servirent plus à répondre au besoin des peuples, ils en virent à exporter des produits basiques.
-et comme l’économie était ouverte à la concurrence, ils en arrivaient à exporter la nourriture étrangère (européenne ou américaine) car étant subventionnée, elle revenait moins cher que les produits locaux…
Conclusion : l’exportation devenant plus important que l’exportation, la fin des biens publics, la destruction de l’économie locale ; tout ça produisait encore plus de dettes à rembourser pour ces Etats… Un puis sans fons se mettait en place…
Les pays émergeants s’appauvrissent :
Contrairement à une idée reçue, la chine (et les autres pays émergeants) s’appauvrit. Plus précisément le peuple chinois. Pour avoir un poids dans l’économie mondiale, le gouvernement chinois a du exproprier les petits paysans pour créer des entreprises agroalimentaires prêtes à affronter le marché mondial. Ces paysans jetés à la rue durent migrer vers les grandes villes ou ils s’employèrent à vendre leurs force de travail, réduisant ainsi encore plus les coûts sociaux.
Les mêmes mécanismes ont lieu à des endroits divers. Aux ouvriers chinois qui réclament une augmentation de salaires, ne leur dit-on pas qu’il risquent de ne plus être compétitifs dans le marché mondial du Travail ?
b) ALORS , BIEN SÛR, vous me RETORQUEREZ :
-« Mais, on nous dit partout que la pauvreté dans le monde diminue…J’ai entendu ça aux infos… »
Contrairement à ce que dit la propagande officielle, la pauvreté s’est bien accrut dans le monde et a atteint des taux inacceptables depuis la fin des années 70 dans tous les pays mondiaux. Ce fut le mérite d’un économiste indépendant du nom de Michel Chossudosvsky de s’être plongé dans le système de cotation de la pauvreté des différents organismes officiels afin de relever leurs truquages grossiers (lire de cet auteur« Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial » aux éditions écosociété)
Mais ça, on ne vous le dit pas… On vous le cache car ON MENT DESSUS. Ca fait partie de la propagande libérale que de faire croire aux vertus de ses dogmes. Prétextant agir pour le bien commun de l’Humanité (non, sans blague) , il leur est impossible de révéler l’étendue des dégâts de leurs politiques économiques…
Petit rappel méthodologique : qui calcule la pauvreté et comment le fait-il ?
-La Banque Mondiale calcule la pauvreté dans le monde…
-« Attendez, vous dites la Banque Mondiale, celle la même accusée d’asphyxie des économies des pays pauvres ? » me dites-vous. Cela vous interpelle, n’est-ce pas ? La même structure qui produit de la pauvreté est celle qui la calcule…Autant dire qu’elle a des intérêts à camoufler les chiffres exacts.
Elle définit la pauvreté comme étant la somme des personnes qui vivent avec à moins d’un dollars par jour…Croyez-vous qu’avec un dollar par jour, un africain ou un péruvien vit correctement ? Bien sur que non car la mondialisation tend à uniformiser les prix… Bref, la pauvreté est minorée…
-L’ONU calcule la pauvreté. Elle utilise le principe du revenu médian qui partage en deux la population d’un paix : ceux qui vivent en dessous et les autres qui vivent en dessus de ce revenu. Est pauvre toute personne qui vit avec 50% de moins que le revenu médian. Problème : cela tend à minorer la pauvreté des pays très très pauvres…
Quel est donc le critère objectif de ces organisations ? Toujours faire en sorte que le chiffre de la pauvreté se stabilise à 20% de la population locale ! D’ailleurs, la Banque Mondiale utilisait au début 5 dollars par jour pour le calcul de la pauvreté. Elle l’a réduite à un quand les résultats dépassaient les 20%...
c) ET TOUT CA POUR QUOI ?
Si la population mondiale se paupérise, ce n’est pas le cas des milliardaires qui s’enrichissent de plus en plus en vampirisant les autres. Une minorité de riches et d’entreprises multinationales font leurs beurres et pulvérisent la notion même de richesse. Pour la première fois de l’Humanité, des individus gagnent plus d’un milliard de dollars par an ! Et s’ils sont devenus riches, ce n’est guère en créant de la richesse (comme par exemple un Bill Gates) ; mais en captant les biens publics (milliardaires russes, chinois, etc.)
Ces individus corrompent les états soit par des actions illégales ; soit par du lobbying. Les gouvernements des pays deviennent de plus en plus corrompus et agissent pour les intérêts d’une minorité agissante qui prend ses aises dans les diverses institutions économiques (dont l’UE)
"Ne prenez pas la vie trop au sérieux. De toute façon,vous n'en ressortirez pas vivant!"