Sans me sentir visée pour autant par ta réponse à Steph34 (merci de ta précision, Papyguy !), revenons un instant sur la xénophobie à la française (je n'oublie pas que nous pouvons en souffrir nous aussi, comme les frontaliers de la Belgique ou les hospitaliers en Suisse, par exemple).
Mises à part certaines dérives caricaturales frontistes dont on nous rebat les oreilles pour fasciser leur image, et qui existent bel et bien, je ne suis pas certaine, à bien observer les discours de tous bords politiques, qu'il s'agisse d'une xénophobie pure et dure dans l'absolu... Il me semble que c'est plus subtil et moins guerrier que cela.
Il n'est pas anodin de constater que même Hollande a inclus, lui aussi, le problème de l'immigration dans ses derniers discours. Est-ce un bémol en direction des "étrangers" qui attendent la reconnaissance de leur vote aux élections locales, comme promis pendant la campagne, et/ou pour rassurer les autres citoyens français qui n'en sont pas partisans ? Ou bien est-ce la prise en compte réaliste d'un problème de quotas impossibles à gérer en pleine crise ?
Le concept proposé en réponse à cette inquiétude générale, d'un bord comme de l'autre, sans qu'il soit question de "rejet de l'étranger" par "peur de l'étranger" (définition par excellence du mot xénophobie), donc sans aucune intention xénophobe, est d'étudier "chaque année" le nombre d'immigrés que la France est capable d'accueillir sur son sol dans des conditions humainement acceptables.
Je trouve cette vision apaisée du problème intéressante. Une forme d'écluse variable du taux migratoire permettant aux accueillants comme aux accueillis d'être rassurés sur leur sort respectif.
Il ne s'agit plus, comme dans certains propos honteux, de refouler à la baille des êtres humains en souffrance et en danger de mort, mais de prévenir les candidats à l'immigration : "En ce moment notre bateau coule, ce radeau de sauvetage est plein au regard des mesures de sécurité générale, mais prenez le suivant, peut-être y aura-t-il de la place pour vous, en attendant qu'on répare l'avarie..."
Concernant les prochaines législatives, j'observe encore quelques détails subtils et étonnants. On oublie un peu vite que, statutairement, Sarkozy devient de droit le chef de l'UMP... La guerre des chefs aura-t-elle vraiment lieu ? Tout dépend de l'engagement du président sortant, et de sa volonté, ou non, de mener cette nouvelle bataille. Vu la mince victoire de Hollande, pourquoi pas !? Sarkozy nous a habitués à une pugnacité redoutable et à une foi inébranlable en lui, même en dépit de l'apparence des événements politiques. Alors why not ! ? Car pour l'UMP, malgré ses dérives ultra-droitières, il a les capacités de rassembler encore son parti.
Mais dans les commentaires de son ancienne équipe gouvernementale et de ses ralliés, on voit poindre un autre mouvement : celui d'un pluralisme d'idées au sein même d'une droite, regroupée en ordre de bataille pour les grandes circonstances. Préfigure des futures primaires droitières de 2017, à l'image des primaires socialistes de 2012 ?... Pour l'instant, en vue des législatives, se serait plutôt un éclatement de l'UMP en plusieurs courants de pensée.
Ce double "éclatement", à droite comme à gauche, suivi de "recomposition" factice en finale du grand "Voice" républicain, à l'image des téléréalités dont on nous bassine à longueur d'émissions télévisées, n'annoncerait-il pas l'émergence d'une démocratique proportionnelle assumée ?
"Les paroles s'envolent, les écrits restent !"