Parents toxiques, quelles conséquences ?



gaul
Cette question a été posée par Gaul, le 16/11/2009 à à 15h11.  * 
Vous trouverez peut être plus d'information dans l'annuaire de Web-Libre, dans la catégorie Parents.

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 liloupilou a écrit [06/01/2011 - 23h17] 
liloupilou

Bonsoir Doune
juste pour vous dire que j'aurais pu écrire vos mots, c'est le choix de vos mots qui me touche car ils sont si proches des miens..... je ne sais pas si on se sort de cette toile d'araignée tissée si serrée autour de nous..... en ce qui me concerne la culpabilité domine toujours même si j'arrive à trouver des moments d'apaisement...... mais qqfois je plonge et je n'ai plus d'envie...... cependant le fait de lire des témoignages, de mettre des mots sur nos maux aident je crois...... on aimerait pouvoir se parler de vive voix, s'appeler les soirs où tout est trop lourd......vous n'êtes pas seule et je pense que tous ceux qui sont présents sur ce fil vous comprennent de l'intérieur.....




 Doune a écrit [07/01/2011 - 11h44] 
Doune

Chère Liloupilou,
Les mots ont toujours été pour moi une arme pour lutter contre l'incompréhension et le non-dit. Le problème, c'est que face à des parents toxiques, ils sont loin d'être efficace puisque le raisonnement et la réflexion sont à l'opposé de ce qu'ils veulent. Si ces parents-là commençaient à réfléchir, ils se rendraient peut-être compte de ce qu'ils ont fait et le constat serait terrible. Il vaut mieux , d'autre part, utiliser le brouillage de l'esprit et les incessants va et vient entre une pensée puis son contraire pour continuer à perturber l'autre, qui, bien sûr, ne sait plus où il en est...
Merci d'avoir répondu à mon appel, j'espère que d'autres victimes le feront également. J'ai relu avec attention tes interventions sur le forum et tu me sembles encore très désarmée. Les 6 mois que tu évoques durant lesquels tu n'as plus communiqué avec tes parents n'ont pas été efficaces dans la mesure où tu semblais attendre d'eux un message, une réaction positive à ta détresse. Il me semble, et je te dis ça autant pour te convaincre toi que moi, parce que j'en suis en ce moment au meme stade, qu'il faut au contraire exploiter les moments de "répit " pour se tourner efin vers soi-même , enfin tenter de savoir qui est la véritable personne qui est en nous,celle qui est encore là, qui n'a pas été détruite. Je comprends et partage ta culpabilité, mais tu sais que c'est leur arme de prédilection, alors peutêtre faut-il chercher d'autres armes à leur opposer: as tu encore des amis proches et sincères à qui te confier ? Je suis sûr que oui, ils n'attendent qu'un pas de toi, mais un pas en sens inverse, ( à contresens de tes parents, je veux dire ). Je conçois que ton mari en est marre, le mien n'en peut plus de m'entendre parler de ça ou de me voir subir leurs affronts. Mais je constate que de nombreuses personnes, y compris lui , ont été plus présentes à partir du moment où , moi, j'ai bougé. Il est vrai que mes pas sont progressifs et mesurés, on ne se jette ps dans le vide sans réflexions préalables, il est sur que mes doutes sont encore nombreux, mais pour la première fois de ma vie , j'essaye de me positionner différemment. Je n'attends pas de réacton positive de leur part, je voudrais juste qu'ils me fichent la paix pour tenter de me retrouver, moi. J' appréhende seulement qu'ils reviennent en jouant l'arme de la séduction ou de la pseudo gentillesse ou de la souffrance, car ce sont mes points faibles. Mais je m'accroche à la décision que j'ai prise, et meme si le chemin que je vais faire, je le ferai seule, je vais avoir besoin d'être entourée par des gens conscients du problème et prêts à me répéter que j'ai raison. On ne quitte pas ce monde destructeur facilement car il nous a construit tte notre vie, n'est-ce pas ? Ou plutôt, déconstruit, ce serait un terme plus approprié. J'espère que tu as des gens proches autour de toi, qui sont totalement an courant de ton histoire et qui pourront te soutenir dans ta décision, s'ils la sentent ferme. Quant au psy, j'en ai vu beaucoup avant de trouver le bon, ne désespère pas, il me semble que c'est une démarche essentielle pour au moins prendre conscience véritablement du problème, que seuls ,nous , nous pourrons résoudre. Ne nous leurrons pas, cette seule décision nous appartient. A bientôt, très amicalement, Doune;




 bougainvilliee a écrit [07/01/2011 - 15h24] 
bougainvilliee


Bonjour à tous et à toutes.
L'imprégnation, on ne sait pourquoi, nous lie à des inconnus, avec leurs tares, leurs problèmes et leurs déficiences.

Il faut relire Konrad-Lorenz, pour comprendre qu'un caneton s'attache, au sorti de son oeufs au premier objet rencontré, qui peut être aussi différent de lui, qu'un ballon rouge.

Pourtant il l'investit affectivement et ne peut s'en passer, ni vivre sans lui.

Nous sommes de mêmes.

Nos parents nous sont donnés par le hasard et nous nous y attachons, comme le caneton à son ballon rouge.

Ils n'ont pourtant, une fois que nous sommes devenus adultes, pas plus d'importance que n'importe qui rencontré sur notre chemin de vie.

Avec les parents toxiques, il faut couper les ponts et les quitter vraiment et définitivement.
Ne plus attendre rien d’eux et s’en considérer comme orphelin.
Les considérer, au mieux, comme n'importe qui.
S'attacher à eux et attendre quelque chose d'eux, c'est se mettre à leur merci.

Nous n'avons pas choisi nos parents, nous ne leur devons rien (La vie, dirons certains... mais non, c'est leur plaisir qu'ils ont pris).




Le doute est ma seule certitude


 Doune a écrit [07/01/2011 - 16h02] 
Doune

Cher Bougainvilliee,
A la différence du caneton, nous avons , nous, humains, l'affectif qui nous entrave, nous lie avec des chaines puissantes à ceux qui nous ont donné lejour; il est vrai et définitivement irrévocable que la libération est nécessaire, mais comment l'effectuer, commentôter cette culpabilité qu nous ronge ...?




 bougainvilliee a écrit [07/01/2011 - 18h28] 
bougainvilliee

Bonsoir chère Doune,
Je sais combien est imposante et lourde la chaîne affective.

Tout le monde éprouve un attachement à ses parents et souhaite d’eux ,en retour, amour, compréhension et reconnaissance.

Pourtant nous avons tous des parents différents, qui font naître en nous les mêmes attachements.

Cela ne provient donc pas des qualités de nos parents, mais de l'imprégnation dont je parlais à propos du caneton.

Ainsi, tant que nous ne rompons pas les ponts et que nous avons au fond de nous-mêmes l'espoir d'un amour ou d'une reconnaissance, nous sommes prisonniers de ces deux là, que les hasard génétique nous a donné comme parents.

Hors ces deux là, qui en jouent, nos rapports avec les autres humains dépendant de nous, de notre volonté, de nos choix, que ce soient nos amis et relations ou de nos amours et compagnons.

Nous pouvons cesser de voir des relations qui ne nous conviennent plus, nous pouvons divorcer lorsqu'une relation ne nous satisfait plus.

Mais nous ne pouvons le faire d'avec nos parents.
Nous ne pouvons divorcer d'eux, même s'ils nous empoisonnent la vie.

Car à l'affectif, se mêle son corolaire : la culpabilité.

Peu importe qu'ils ne soient pas de bons parents, nous nous devons à l'avers, être de bons enfants.

C'est là que tout se joue.
En tant que parents ils peuvent tout, nous culpabiliser, nous diminuer, nous salir...
Mais nous, en tant qu'enfant nous leur devons amour et reconnaissance.

C'est un dilemme, essentiel.
Et pourtant les enfants abandonnés vont mal vivre d'avoir été rejeté (croient-ils) par leurs parents, qu'ils vont rechercher, en espérant reconstruire ainsi leur vie amputée.

Ainsi ceux qui ont des parents, en souffrent tout autant que ceux qui n'ont pu en avoir.




Le doute est ma seule certitude


 Doune a écrit [07/01/2011 - 23h45] 
Doune

Alors comment venir à bout de ce dilemme puisque, jesuis d'accord avec vous, notre imprégnation est d'autant plus forte qu'ils nous ont fait croire que nous étions définitivement liés à eux et que, nous, enfants issus de parents toxiques, nous sommes persuadés leur devoir éternellement non seulement amour et reconnaissance, mais aussi leur livrer nos vies en pâture ? Pour confirmer vos dires, mon mari n'a pas ou très peu vu de père, lequel a quitté brusquement la cellule familiale lorsque mon mari avait environ 5 ans. Il ne l'a plus jamais revu, mais s'est endurci, a forgé une carapace qui le rend plus fort et moins vulnérable que moi aujourd' hui qui aie encore mes parents . Cependant, en apparence, chacun le plaint, à juste titre, je suis d'accord, tandis que beaucoup autour de nous, semblent me dire que j'ai vécu une vie heureuse auprès de mes parents, une de nos amies m'a même parlé dernièrement de surprotection: moi, j'ai été surprotégée !!!! Alors si les gens ne voient pas la toxocité, comment pouvons-nous parvenir à nous convaincre, nous, qu'elle existe ? Il est vrai que qqu'un qui perd l'un de ses deux parents, ce qui est bien sûr terrible, sera plus reconnu dans sa souffrance que qqu'un comme nous qui les a , mais qui souffre de leur "pollution". C'est à mon sens la même chose pour les enfants battus physiquement; si les coups se voient, on peut identifier la maltraitance....Mais dansnotre cas, pas de traces, le fil qui nous ensserre est invisible...
Je voulais aussi ajouter que le problème de la perversité est justement de ne rien laisser paraître et de brouiller les pistes au point de ne pas faire subir que de la maltraitance aux enfants. J'ai toujours dit que si je ne m'étais pris que des coups, ce serait plus facile de lâcher prise. Mais leur manière parfois délicate, en tous cas toujours subtile de nous ramener à eux, de nous apitoyer , se fait d'une manière si douce que cela instaure le doute dans nos têtes: est-il si méchant que cela ? Oui, il l'était hier, mais aujourd'hui, ce n' est plus le cas, il est même plutôt gentil...Puis, les coups pleuvent de nouveau, jusqu'à une nouvelle accalmie, etc.. Alors, je vous le demande, comment lutter contre cela ? Comment ne s'appuyer que sur les moments douloureux ? Merci pour vos conseils, si précieux pour moi en ce moment...




 bougainvilliee a écrit [08/01/2011 - 09h37] 
bougainvilliee

Bonsoir Doune,

Je pense que relire toutes les inrevcentions sur ce site te permettront de comprendre, en particulier cellede Jazzy, qui pour incomplète qu'elle soit, sur des points particuliers, résume assez cette pathologie.

Pour ma part je fut l'époux d'une mère ainsi destructrice.
Rien n'y a fait.Elle m'a même avoué "je ne peux pas faire autrement !"

Cela venait de sa mère, dont elle a pourtant ainsi souffert et de sa grand-mère, qui a détruit le couple de sa fille. Et sans doute que cela vient de plus loin encore.

Il faut savoir que souvent les enfants ne soutiennent pas le père et qu'ils le considérent comme faisant des histoires. Car je luttais contre cette emprise maternelle malsaine.

Au final, lorsque mes enfants furent adultes et détruits, je m'en allais.

Mon fils en fit de même et disparut avec son épouse et son enfant. Je ne sais ce qu'ils sont devenus, mais je respecte sa décision.

Ma plus jeune fille s'en est suicidée, aprés un tourment inhumain.

Ma fille aînée, anoréxique, à coupé tout lien avec sa mère et je maintien avec elle quelques relations épisodiques. Elle n'a ni vie amoureuse et vit seule refugiée dans son travail et ses animaux.

Mais bien sûr, aux yeux de la mère de mes enfants, je suis celui qui n'a cessé de lui mettre des bâtoins dans les roues et qui suis la cause de tout.




Le doute est ma seule certitude


 Doune a écrit [08/01/2011 - 13h24] 
Doune

Mon dieu, quel cauchemar vous avez vécu ! Que de violence dans toute cette vie ? Et comment faire lorsque la lutte devient impossible et que l'on est jugé comme seul coupable .. Ainsi, la mort peut être au bout du chemin, ce que je sentais instinctivement...
Vous me sembliez à la lecture de vos propos parfaitement connaître le sujet, je comprends désormais pourquoi. Cette mère toxique n'a laissé que des victimes sur son passage.....sans culpabiliser ni se remettre en cause une seule seconde... C'est terrifiant, mais à la hauteur de ce que l'on peut ressentir lorsque l'on vit ce schéma destructeur...
Mon mari vit en ce moment un drame personnel: sa maman, qui est tout ce qui lui reste , a un cancer très grave. Hier soir, un peu embué par les vapeurs d'alcool, il m'a dit que la soirée qu'il avait passée sans moi, loin de mes problèmes, lui avait fait du bien. Puis il a maladroitement ajouté que mes difficultés actuelles , le fait d'essayer de couper avec mes parents, lui paraissaient "futiles" à côté de ce qu'il vivait. Ses mots m'ont heurtée avec une violence inouie, tout de suite, la culpabilité, la remise en question de mon cheminement actuel qui me semblait effectivement peu de choses à côté d'une potentielle rupture définitive liée à la maladie, le fait de me dire que je n'avais peut-être pas choisi le bon moment pour couper les ponts...... Et puis, et même temps, de nouveau, cette certitude que je vivais moi aussi un enfer , mais que celui-ci n'était pas perceptible, même pour mes proches... Tout se bousculait, la colère, la culpabilté, ces vieux compagnons de route qui sont là depuis tant d'années. Je crois comprendre ce matin ce que m'a dit mon mari: sans la prise en compte de cet affect qui pollue nos pensées, il avait raison: la mort est la pire des séparations. Et, de plus, même lorsque je tente de les mettre à distance, ou parce que justement j'essaie de le faire, mes parents sont encore plus que présents en moi en ce moment, ne laissant que peu de place à la peine de mon mari. Paradoxe étrange, mais cohérent dans ce mode de fonctionnement: alors que je tente de me libérer d'eux pour être plus à meme de soutenir mon mari dans cette terrible épreuve, mes pensées vont vers mes parents, pensée obsédante et douloureuse puisqu'ils sont de nouveau omniprésents par leur grande absence , ce vide nouveau dans ma vie auquel jene suis pas encore habituée et que je remplis encore par le fait de penser à eux. Constat terrible, mauis qui me permet une fois encore d'avancer, de comprendre ce fonctionnement infernal. J'étais presque prête à répondre au prochain coup de fil de ma mère, me disant qu'il valait peut-être mieux ça pour aller mieux, pour me défaire de la culpabilité, et ainsi être plus présente auprès de mon mari. Voilà de nouveau ces aller et retour permanents qui empoisonnent la vie , la pensée, qui conduisent à la folie...
J'ai pris une autre option: aller voir mon médecin, qu est très à l'écoute, et me prescrivant un nouvel arrêt de travail ( comment affronter des élèves au milieu de cette cacophonie dans ma tête! ) m'a confirmé qu'il ne fallait pas avoir de contacts avec eux, garder le cap sur ma décision. Alors, je vais essayer....
Amicalement à tous...




 liloupilou a écrit [08/01/2011 - 14h05] 
liloupilou

tout ceci est très lourd..... Doune nos parcours semblent semblables..... un ami très cher a perdu sa maman il y a deux ans..... face à mes problèmes, il me dit de profiter de ce que j'ai.....(lui n'a plus rien, mais l'incompréhension est forte, comment faire le deuil de ceux qui sont encore présents ? et comment effacer cette culpabilité que l'on a envers ceux qui n'ont plus rien, et qui estiment qu'on a encore bien de la chance.....toujours ce sentiment récurrent d'exagérer, de ne pas être dans le vrai)
l'idée au fond c'est qu'on ne peut absolument pas se mettre à la place de l'autre, au plus près de sa souffrance..... et j'ai très souvent le sentiment de ne plus savoir qui je suis vraiment, de m'être perdue......




 Doune a écrit [09/01/2011 - 15h36] 
Doune

L'exagération , ce sentiment de mutisme qui nous semmble souvent préférable au fait de dire et de en pas être cru. Nous aimerions tous profiter de nos parents tant qu'ils sont encore là, mais pas dans ces conditions destructrices, pas en entendant tous ces mots qui tuent et donnent en effet le sentiment que nous nous sommes perdus, chère Liloupilou. Et pourtant, vous n'êtes pas loin, tout au fond de vous, il s'agit seulement d'ôter l'image qu'ils vous ont plaquée, et d'aller chercher votre vraie personnalité. Et c'est bien là la difficulté: plus les années passent, plus notre vrai"nous" est enfoui !




 bougainvilliee a écrit [09/01/2011 - 17h26] 
bougainvilliee

Bonsoir,
Je pense aussi que la première victime est l'enfant.

Mais souvent le parent se fait passer, inversant les rôles, pour une victime.
Victime de l'ingratitude de ses enfants ou de son conjoint si celui-ci s'oppose à son comportement destructeur.
Emmêlant ceux-ci dans des filets inextricables.

Mais l'on n'a pas abordé, ici, le calvaire des conjoints qui luttent contre cette dérive parentale.

Dérive est un euphémisme, tant cela est destructeur, des enfants, du conjoint et finalement du couple.

C'est plutôt une forme de pathologie.




Le doute est ma seule certitude


 Doune a écrit [09/01/2011 - 20h56] 
Doune

C'est effectivement une pathologie, mais elle se transmet de manière insidieuse, de génération en génération, mais aussi est communiquée au conjoint qui subit la perversité. C'est le cas de ma mère, qui, de victime , est passée à bourreau.
Je m'interroge: comment avez-vous fait pour ne pas être "pollué" par votre femme? Pourquoi ne pas l'avoir quittée pour protéger vos enfants? Peut-être n'avez-vous compris le mécanisme pervers que bien plus tard ?...




 Ferréol a écrit [10/01/2011 - 00h01] 
Ferréol

Merci Bougainvillié d’avoir livré de votre terrible parcours. J’ai trouvé votre témoignage poignant. Merci aussi pour votre compréhension, qui m’a fait vraiment plaisir.

Je souhaiterais aborder le thème de la reconstruction et de la transmission à ses proches. Une fois que l’on s’est effectivement coupé de ses parents toxiques, que l’on s’est affranchi de leur emprise affective et qu’on se retrouve enfin disponible à soi-même, qui découvre t-on ? Comment échapper au poison, pour ne pas devenir à son tour toxique pour son entourage, pour son conjoint et pour ses enfants ?

Je peux témoigner que malgré la mise à distance de ma famille toxique, je ne me sens pas sorti de son imprégnation néfaste. En fait, le bénéfice de la coupure a été de faire progressivement baisser l’angoisse et la colère venant des attaques au moral, c’est-à-dire, ces répétitions de phase de séduction puis de douche froide. Mes parents savaient me montrer de l’attention, ce qui me touchait réllement et suffisamment pour me sentir relié affectivement à eux. Mais ce lien était systématiquement rompu par des manifestations d’humeur de colère, de froideur ou de morosité qui me culpabilisaient profondément. Je n’ai pas souvenir que mes parents justifient leur attitude ou témoignent de leurs expériences et depuis l’enfance, je me sens imprégné sans aucun mot de leur vision d’un monde froid et hostile. Mon rôle dans cette famille était d’être une image valorisante. J’avais intégré l’idée que je n’intéressais pas vraiment les adultes et que je ne devais pas les déranger. J’étais responsable de bien grandir, de gérer tout seul mes contrariétés ou mes angoisses. J’ai aussi le souvenir de renoncer à mes désirs puisque l’enthousiasme gênait ma mère. Je suis donc devenu ce qu’on attendait de moi : inhibé, angoissé, affectivement dépendant, et tout ça sans crise d’adolescence dans l’apparente douceur d’une famille modèle.

L’éloignement m’a donné du répit pour penser à autre chose qu’eux et en dehors de leur référence. Mais tout le temps passé dans la confusion émotionnelle pour tenter de comprendre ce qui n’allait pas dans la relation avec mes parents a été beaucoup de temps perdu. Le triste résultat de cette lutte contre la violence psychologique contenues dans les discours indirects de mes parents a été d’aiguiser une faculté à décoder les discours manipulateurs mais aussi à imprimer chez moi un sentiment de persécution permanent.

De sorte que ce qui émerge aujourd’hui, c’est que je me sens à la fois inexpérimenté comme un terrain en friche, sur lequel ma personnalité reste à construire et à la fois pétri de tout un univers de croyances et de représentations du monde négatives. L’habitude de la malveillance psychologique a inscrit chez moi des conditionnements profonds, des réactions surdéterminées à la fermeture, à la peur et à la colère avec des difficultés d’adaptation à la nouveauté. Par exemple, jusqu’à peu, j’avais tendance à vouloir contrôler mes émotions et mon entourage et j’avais du mal à me défaire de l’idée que l’on veut me manipuler ou que les autres ont des mauvaises intentions à mon égard. Ce sont des traumatismes et des blessures qui se réactualisent à mon insue dans ma propre vie, dans des comportements toxiques vis-à-vis de mes proches. Mon épouse m’a énormément soutenu, mais elle veut vivre et elle ne peut plus m’aider. Je me sens démuni et immature et je manque de repère positifs pour faire face à mes responsabilités de mari et de père.

La liste des fausses croyances à guérir est longue. Mais en prendre conscience n’est rien comparé à ce qu’il reste à faire pour s’en détacher. Entre savoir et faire, entre la pensée et l’action… il me manque le vécu, l’expérimentation concrète de nouvelles situations, de nouveaux comportements conformes à une représentation du monde moins faussée et plus positive. Mais pour le faire je me sens aujourd’hui doublement verrouillé. D’une part, parce que je conserve un manque d’empathie et une méfiance par rapport au monde, ce qui me coupe de relations de confiance, pour avoir des retours clairs sur mon comportement et mes goûts. Et par ailleurs parce mon expression émotionelle est souvent décalée. Ce qui me laisse assez démuni pour mettre en place des comportements adaptés à un monde sain c’est-à-dire à faire confiance et à croire en la bienveillance.

La fausse croyance la plus utile que j’ai pu faire sauter est celle que ma famille d’origine m’aimait. Cela a été long et douloureux car il est difficile d’admettre que mes parents qui ont parfois des attentions généreuses, en réalité ne m’aiment pas. Car ils ne m’aiment pas pour moi, pour ce que je suis, mais pour ce qu’ils voudraient que je sois. Ils ne m’aiment pas non plus parce qu’ils n’ont pas la générosité de contenir leur univers émotionel toxique. Autrement dit, j’ai fait sauter le verrou de la dépendance affective. Mais je n’ai pu le faire que grâce à ma femme et à mes enfants qui par leur patience m’ont fait ressentir la permanence d’un lien sécurisant avec eux et m’ont soigné de ce lien tyrannisant avec mes parents.

Finalement, pour se réparer de parents toxiques mais surtout pour couper la transmission du poison entre générations, c’est vous qui pouvez le mieux élaborer une explication sur les mécanismes qui polluent et partager les découvertes qui soignent. Merci de vos témoignages qui font pièce à la confusion. C’est très réconfortant de lire vos expériences si riches alors qu’on se sent si isolé sur ce sujet.

Avec toute mon affection.




 bougainvilliee a écrit [10/01/2011 - 03h43] 
bougainvilliee

Bonjour à tous, et en particulier à Doune et Ferréol, qui ont saisi ma souffrance.

Comment vit-on sa position de conjoint avec une femme toxique, comment résiste-ton ?

D'abord, il faut savoir, que je n'ai pas réussi à protéger totalement mes enfants, puisque ma fille cadette s'eszt suicidée, que ma fille aînée est définitivement anorexique, et que mon fils a rompu tous les ponts, y compris avec moi, car je suis encore en contact avec sa mère, pour le partage de communauté qui suit notre divorce.

Et aussi, peut-être parce que j'étais trop préoccuper de me sauver moi-même.

Mais aussi pour des raisons que j'expliquerais plus loin.

L'autre chance que j'ai eue, c'est que, étant l'enfant préféré de ma mère, j'ai vécu dans l'amour et la valorisation de ce que j'étais.

Au départ, on aime une femme, et l'on fait passer l'amour avant tout, l'on recherche l'amour de sa conjointe et on la privilégie.
On ne la contredit pas, on la soutient, car on ne réalise pas tout de suite.
Le couple passant avant les enfants, on a tendance à donner raison, par principe à la mère.

Ce n'est que plus tard, que le comportement de la mère a commencé à poser problème.
On ne s'oppose pas à elle devant les enfants, mais, en aparté, on tente de faire comprendre la nocivité maternelle à son épouse, qui vous répond : "Quelle est la mère et qu'elle seule possède l'instinct maternel !".

Plus tard elle vous dira : "Quelle ne peut faire autrement !"

Elle poursuivra son soi-disant amour maternel et sa prégnance nocive, même lorsqu'ilz ont atteint l'âge adulte.

Les enfants (et c’est dans la nature des rapports enfants-parents) lorsqu'il sont jeunes, par imprégnation, prennent toujours le parti de la mère.
Et lorsque le père intervient pour les protéger, il est celui qui fait des histoires.

Cela renforce la position maternelle et affaiblit la protection paternelle.

Peu de temps après mon mariage, décelant un malaise dans le couple, après la naissance de nos trois enfants, j'ai proposé à ma conjointe de consulter ensemble un psychothérapeute.
Elle a refusé, disant qu'elle n'en avait pas besoin.
J'ai donc entrepris seul une psychanalyse.

Voilà pour l'essentiel de ce que j'ai vécu, mais cela va plus loin, et si vous le désirez j'y apporterai d'autres éléments.

Il est vrai que j'ai tout compris plus tard, après notre séparation, au travers de faits et documents que je connaissais pas ou que l'on m'avait dissimulés.




Le doute est ma seule certitude


 Doune a écrit [10/01/2011 - 14h43] 
Doune

Bonjour à tous, je vies d'écrire sur le site, et tout s'est effacé...Décidémént, rien ne va.... Je voulais d'abord vous dire merci, merci à tou pour ces témoignages qui me font avancer, qui m'éclairent et qui doivent être si douloureux pour vous...En même temps, libérateurs... J'ai été stupéfaite de votre intelligence, de votre aisance à utiliser les mots, si longtemps absents dans votre éducation. Premier constat, donc: la difficulté à comprendre et à se séparer de ce processus diabolique ne psse donc pasparl'intellect, mais bien parl'affect. Nous avons passé nos vies à tenter defaire comprendreintellectuellemnt aux personnes nocives qui nous entouraient que leur chemin n'était pas lebon..En vain, puisqu'ilsn pouvaient comprendre... Alors comment se libérer des mots pour neplus affronter que lesmaux ? Où aller chercher danscette carapace vide, puisque vidé peun à peu , l'essence même du mal, les raisons qui nous tiennent encore sous leur emprise ? Ferreol, j'ai été très touchéepar ton témoignage , mais aussi par le fait que tu sous-entend, qu'après 5 ans de rupture, tu es encore très imprégné de ce qu'il t'ont fait subir: y a-t-il une possibilmité de rédemption ? Peut-on un jour setrouver soi-même après cette déconstruction ? Deuxièmeconstat: les enfants, victimes faciles puisque avides de ce que leurs parents vont leur faire découvrir du monde qui les etoure, ne sont pas les seulms victimes potentiels. Ainsi, Bougainvilliee en témoigne, desadultes, apparemment construits et détenteurs d'une certaine force, peuvent aussi tomberdans le filets de la manipulation... Terrible constat que celui de cette force violente et impl




 Doune a écrit [10/01/2011 - 14h59] 
Doune

Pardon pour cette interruption, je ne sais pas ce qui se passe aujourd'hui, mes mots ont été enregistrés sans que j'agisse pour cela...Je continue...
Terrible constat que cette force violente et implacable parce qu' insidieuse et douce en apparence. J'adhère complétement à cette notion de chaud et froid citée par Feréol.. Ainsi qu'à cette volonté commune de conserver l'image d'un cocon, d'un bonheur familial apparent... Le pire, c'est que nous parvenions nous-mêmes à être convaincus...
J'ai souvent comparé mon père au gourou d'une secte, je pense que je ne suis pas loin de la vérité.. La manipulaton est identique, avec cette certitude ancrée au final que l'on ne peut pas vivre sans eux...
Aujourd'hui, après seulement 1 semaine d'interruption avec mes parents, j'en suis à un stade encore de doute. Je me sens épuisée ( même pas capable d'emmener mes enfants à l'école ce matin !) , des tâches quotidiennes me paraissent insurmontables...Et-ce normal, docteur ?
Jepense qu'après toute cette énergie passée à leur service, cette force utilisée à cacher, aider, soulager, bref, à ,masquer ce que je ressentais, je ressens un grand vide, du désespoir... Tant que ma vie était remplie parla lutte, même une lutte dans le vide, j'avançais, alors que là, je ne sais plus tellement où j'en suis, comment et par quoi remplir le vide.. Mais c'est sûirement une étape normale, non ?Qu'en est-il pour vous ?
Amicalement




 liloupilou a écrit [10/01/2011 - 15h08] 
liloupilou

difficile de répondre à toutes ces questions..... honnêtement je ne pense pas pouvoir me libérer un jour de tout cela..... vous le dites très bien, intellectuellement, nous comprenons le mécanisme, affectivement c'est tout autre chose...... lorsque je mets de la distance, je vais mieux, mais j'ai aussi le sentiment de ne faire que reculer le moment où je serai à nouveau face à eux et j'ai bp de mal à évoquer leur mort...... et le sentiment de culpabilité terrible qui sera lié à ce moment.....ils ne se sont d'ailleurs pas gênés pour me le dire......... je préfèrerais avoir une véritable explication...... mais c'est totalement impossible.....donc je sens bien, que quelquepart, mon problème est sans issue.... peste ou choléra ? ce qu'il y a de particulièrement douloureux c'est aussi le sentiment d'impuissance..... on aimerait pouvoir les convaincre et au fond de nous on sait bien que c'est impossible......on est face à une double contrainte et cela rend la situation insoluble.....
toute mon affection bien sûr à vous tous qui témoignez et de façon si douloureuse.....




 Doune a écrit [10/01/2011 - 16h02] 
Doune

La mort, terme essentiel, qui est, je pense, le fond du problème. Car il s'agit bien de la préoccupation obsédente de leur mort pour nous, à qui l'on a fait croire depuis si longtemps que nous étions garant de leur survie...
Alors comment lâcher prise, comment parvenir à une telle acceptation ?
Tout enfant a peur de cette séparation avec ses parents. Adulte, il l'envisage, certes, comme une souffrance, mais aussi comme une épreuve irrémédiable, et nécessaire puisqu'elle seule permet au chemin d'être poursuivi.
Pour nous qui avons "grandi", je ne pense pas me tromper, avec la certitude que nous étions coupable s'il disparaissait, cela devient une issue que nous nous devons d'éviter, d'où la difficulté de l'acceptation...




 bougainvilliee a écrit [10/01/2011 - 16h57] 
bougainvilliee

Bonsoir,
La mort...
Je ne sais si la mort du parent toxique libère... je ne crois pas.

Mon ex-épouse a perdu sa mère alors qu'elle avait 25 ans.
Mais les dégâts étaient déjà faits.

Cette mère, elle même avait eut une mère toxique, dont elle n'était pas arrivée à se libérer.
Au point qu'elle vivait sous le même toit.
Cette grand-mère dénigrait, bien sur son gendre (le mari de sa fille), au point que celui-ci (qui je pense n'a pas compris ce qui lui arrivait), se réfugia dans l'alcool et rentrait très tard chez lui, pour fuir les récriminations incessante de sa belle-mère.

Sa fille (la mère de mon ex-épouse) non seulement critiquait sa fille, mais aussi ses sorties et fréquentations.

Lorsque je connu ma future épouse, je n'étais qu'un bon à rien, un beau parleur et en plus je n'étais pas du pays.

Cependant mon épouse, revenait voir sa mère tous les Week-ends (sans doute dans l'espoir de se réconcilier avec sa mère); C'était infernal et mon épouse en revenait toujours plus perturbée.
Mais je n'en comprenais pas la raison.

Lorsque sa fille était éloignée, c'était au travers de courriers incessants (que j'ai longtemps ignorés) qu'elle agissait sur sa fille, pour me dénigrer toujours davantage.

Aujourd'hui, mon ex-épouse, tente au delà de la mort de sa mère, de se réconcilier avec elle, ou plutôt, l'idée qu'elle en a.

Ceci pour justifier sa vie.

Elle s'est beaucoup intéressée à la sorcellerie, qu'elle a pratiquée. A l'Astrologie, au vies antérieures.

Parce qu'elle croyait qu'un sort lui avait été jeté (c'est donc qu'elle n'était pas tout à fait inconsciente de ce qui lui arrivait).
Elle alla voir des exorcistes, répandit du sel et des feuilles d'olivier chez elle, rejeta certains objets qu'elle considérait comme maléfiques.

Je pense que sa vie fut un calvaire, auquel, je ne pouvais rien, en dépit de mes efforts pour l'aider.
Mais elle rejetait ce qui venait de moi, le retournait contre moi, se servait de ma franchise et de mon honnêteté, pour en faire une arme pour me combattre.

Au final, elle n'a pas hésité à dire que je ne cessais de lui mettre des bâtons dans les roues, alors que je tentais seulement d'aider mes enfants, de les protéger et de la comprendre ou lui faire comprendre certaines choses.

Le garçon que fréquentait ma fille, bien sûr, n'était pas fait pour elle, ce n'était pas un compagnon de route... Maintenant ma fille est seule.
Anorexique et seule.

La mort prématurée (puisque mon ex-épouse n’avait que 25 ans, à ce moment là) n’a rien arrangé.
Sans doute était-ce trop tard.
Je crois que tout ce joue durant l’adolescence de la fille, au moment ou la fille devenant sexuée, risque de s’éloigner de l’emprise maternelle, au travers de prétendants. (éléments qui risquent de se mettre entre la mère et le pouvoir maternel).

Ce qui est grave, c’est que la plupart des gens donnent raison au bourreau, et prennent la fille pour une ingrate ou une rebelle, alors qu’elle aune mère si prévenante, une bonne mère qui est sans cesse attentive à son enfant, qu’elle met en garde.




Le doute est ma seule certitude


 bougainvilliee a écrit [10/01/2011 - 16h59] 
bougainvilliee

Excusez-moi, d'avoir été aussi long.

je ne peuxpourtant pas, vous promettre d'être plus court la prochaine fois.




Le doute est ma seule certitude


 liloupilou a écrit [10/01/2011 - 17h18] 
liloupilou

Merci au contraire de faire part de ce témoignage si douloureux..... malheureusement je ne pense pas que la mort des parents toxiques libère, je crains fort qu'elle ne nous aliène davantage.....




 bougainvilliee a écrit [10/01/2011 - 19h29] 
bougainvilliee

Bonsoir,
C'est bien ce que je dis liloupilou... la mort du parent toxique ne nous libère pas de son emprise.

Le mort saisi le vif.

Autrement dit, lorsqu'on est blessé, l'on est marqué... c'est en nous.

Et malheureusement les autres ne voient pas la déchirure... la manque d'amour, de compréhension, de reconnaissance.

Et si on la dit, elle n'est pas entendue, sinon niée, à moins que la plainte soit retournée contre nous et perversement utilisée.

Il serait bon que Boris Cyrulnik, se penche sur cette pathologie.

Car cela détruit de si nombreuses vies.
Mais enfin on a mis le doigt dessus et ses effets sont maintenant perçus.
Cependant reconnaître les symptômes d'une maladie ce n'est pas encore la soigner.




Le doute est ma seule certitude


 Doune a écrit [10/01/2011 - 20h33] 
Doune

D'où le retour à la même question: comment se soigner ?Il semble malheureusement presqu'évident, au travers de vos témoignages , que ni la séparation , ni la mort des parents toxiques ne permettent vraiment la guérison. Dès lors, la séparation est-elle vrament nécessaire et, si oui, pourquoi ?
Bougainvilliee, vous avez parlé d'une psychanalyse vous concernant: qu'y avez-vous appris ? Y a-t-il effectivement des personnalités plus succeptibles d'être manipulées que les autres ? Aujourd'hui, maintenant que certains de vos enfants ont plus de recul, ne peuvent-ils pas plus se rapprocher de vous qui n'êtes qu'une victime comme eux ? Pourquoi votre fils a-t-il coupé avec ses deux parents ?




 bougainvilliee a écrit [11/01/2011 - 07h58] 
bougainvilliee

Bonjour Doune,

Bonnes questions, auxquelles je vais répondre;
En commençant par la dernière:
"Pourquoi votre fils a-t-il coupé avec ses deux parents ?"

Pour la raison la plus logique:
Pour être maître d'un secret, il faut que ce secret ne soit connu que de vous seul.
Si quelqu'un, hors de vous, le connais, vous n'en êtes plus parfaitement maître.
Aussi faut-il le garder complètement.
Il faut donc couper les ponts avec tout le monde.
Avec toutes les personnes qui pourraient, par inadvertance, laisser donner la moindre indication.
J'étais alors en cours de divorce d'avec sa mère, donc j'aurais pu le trahir, sans le savoir.
J'étais en contact avec des relations qui pouvaient, un jour ou l'autre apprendre quelque chose.
Aussi a-t-il disparu et coupé le contact avec tout le monde : Sa soeur ne sait rien de lui, bien qu'elle le regrette et en souffre, la famille (nombreuse) de sa femme (sa belle famille), et moi.
Je comprends très bien cela et le respecte.
Je n'ai jamais tenté de savoir quoi que ce soit.
Car sa mère, sachant qu'il avait des enfants, a essayé, comme la loi le lui permet d'obtenir, de la justice le droit d'avoir des rapports avec ses petits enfants.

Cette emprise, il l'a refusait.
Aussi ne voulant avoir aucun rapport avec sa mère, coupa-t-il tous les liens qui pouvaient, par quelques moyens ou intermédiaires que ce soit, pouvaient, un jour ou l'autre le faire découvrir.

"Je veux sauver ma famille, disait-il, je ne serait plus là pour personne, afin qu'on ne sache jamais où je suis !"

Les Frères et les soeurs de sa femme, on essayé, en vain, de lui faire savoir que la mère de sa femme était au plus mal.

"Car disait-il, si l'on peut me faire passer un message, et don m'atteindre, on peut agir sur moi, ce que je ne veux pas ou plus !".

"Je ne suis libre que si je suis sûr que rien ne me parviendra !"

Je le comprend, car il est difficile, au travers de la Sécurité Sociale, des assurances, de son travail, de la scolarisation de ses enfants, de l'état civil, de ne pas laisser de traces.
Même donner un coup de fil anonyme peut permettre de vous retrouver.
Aussi déploie-t-il des stratégies, nombreuses, compliquées et difficiles, et pour effacer toutes traces.

Je l'ai rencontré, incidemment avec sa femme et ses enfants.
Les rapports étaient très cordiaux, mais je n'ai même pas pensé ou tenté de relever le numéro d'immatriculation de son véhicule.

En cela, j'ai respecté son désir d'anonymat et d'incognito, malgré mon désir de père.

Respecter son enfant c'est le laisser maître de sa vie, sans tenter la moindre effraction.

Mais je le laisse libre, lui aussi, de vouloir, si le désire, entrer en contact avec moi.
C'est lui et lui seul qui fera ce geste, sans que je l'en inspire, en quoi que ce soit.




Le doute est ma seule certitude


 Doune a écrit [11/01/2011 - 08h52] 
Doune

Bonjour à tous,
Je comprends mieux le comportement de votre fils. Merci de raviver ainsi des événements douloureux pour vous.
Quelle force de caractère faut-il pour en arriver là! Comment y parvenir alors même que la manipulation du parent toxique, on le voit bien sur ce site, est de réduire à néant tout esprit d'initiative ? Ou peut-être votre fils en était -il arrivé à un tel degré de souffrancequ'il n'avait plus le choix?
Mais nous souffrons nous aussi, et pourtant, je le répète, mais cela m'impressionne, il faut une dose de courage absolu pour couper les ponts de cette manière-là...
Et que de respect de votre part pour supporter l'absence malgré la souffrance que cela engendre.
Une réflexion me vient à l'esprit: là où votre femme a parfaitement échoué, vous offrez par compensation un acte d'amour immense en laissant votre fils enfin voler de ses propres ailes. Le but de tout parent étant, n'est-ce pas , de libérer l'enfant. Mais c'est un acte ultime de le libérer totalement, au point de ne plus le voir...
Face à la prison que lui imposait votre épouse, seul un acte comme le sien et le vôtre se devaient d'exister...Bravo, même si effectivement il n'est pas en mesure de vous les montrer, je suis sûre que sa reconnaissance envers vous et son amour sont éternels...
En ce qui me concerne, la colère m'étouffe, je la sens au bord de mes lèvres, je me sens encore dépendante d'eux, en attente de je ne sais quel coup de fil, emprisonnée dans mes réflexions et mes démons intérieurs.
Je pense en effet que l'éventuelle libération ne peut avoir lieu que si on lâche le passé, par les cris, la colère enfin manifestée, les pleurs, et, j'en suis sûre, un changement de vie radical... J'en suis si loin, tout est à l'intérieur, bloqué....
Ils me dominent encore, malgré ma décision et la distance... Je sens qu'il faut que tout explose, que toutes ces années de non-dit et de souffrance doivent sortir de moi pour que j'aille mieux... Mais comment faire ?....




 bougainvilliee a écrit [11/01/2011 - 11h00] 
bougainvilliee

Bonjour Doune,

En effet la souffrance de mon fils est extrême.
Et il n'en est pas sorti sans stigmates et blessures dont il souffre encore.
Mais il s'est sauvé...

" une seule solution, me disait-il : la fuite".
Car il n'y a rien à faire.

J'en pleure, aujourd'hui, plus d'impuissance que de souffrance.

Seule, sais-tu, la reconnaissance et l'amour de tes parents, pourraient apaiser en toi ta souffrance...
Tu le sais... mais c'est impossible.
Et à l'impossible nul n'est tenu.

Mais je n'ai pas répondu à toutes vos questions.
Vous m'avez demandé :
"vous avez parlé d'une psychanalyse vous concernant: qu'y avez-vous appris ?"

J'y ai trouvé quelqu'un qui comprenait, sans prendre parti.
Mais enfin j'étais entendu.
J'ai mieux cerné et approché mon problème, et cela m'a libéré, en quelque sorte.
Les scories qui engluaient mon épouse et sa famille, n'étaient pas les miennes.
Je pouvais les regarder plus extérieurement et ne pas en être affecté.
La psychanalyse c'est un autre monde, une oreille qui comprend et qui libère.

C'est vraiment autre chose, d'incommunicable, tant que l’on ne l’a pas vécu.
Un lieu hors du temps… un moment humain d'apaisement serein...
Enfin l'on est, l'on devient, soi-même, sans regard, sans critique.
On est hors du monde et pourtant si près de soi... Car alors ne compte que soi.
Nos terreurs, nos petites lâchetés, nos insuffisances, nos incomplétudes rejoignent ce que nous sommes, un être humain et non reconstituent...

Au sorti des séances, notre regard est plus bleu, plus libéré.

Et on soi-même, sans avoir besoin des autres… de ces béquilles inutiles que sont ces autres.

Et l'on sait, l'on ressent, que la paix du coeur commence à nous submerger, quand on commence à aimer l'humanité.




Le doute est ma seule certitude


 bougainvilliee a écrit [11/01/2011 - 11h19] 
bougainvilliee

La deuxième question était :
"Y a-t-il effectivement des personnalités plus susceptibles d'être manipulées que les autres ?"

Certes, il peut y avoir ou il y a des personnalités plus susceptibles d'être manipulées, car nous sommes tous différents.

Et François Dolto, disait que c'était les plus sensibles, les plus intelligents, les plus artistes, qui sont souvent la victime de leur famille.

Ceci dit, tout enfants mis dans cette situation, ne peut autrement réagir.

Mais ce qui est vrai aussi, c'est que dans une famille, il y a souvent ce que l'on appelle un "enfant paratonnerre", c'est a dire quelqu'un sur lequel on s'acharne, sur lequel les parents s'acharnent, et les autres frères et soeurs, laissent faire, en se disant, tant que cela tombe sur lui, je suis épargné.

Dès lors cela dépend de l'importance de la fratrie et de la place que l'on y occupe.
Soit l'aîné, le second, le troisième, le dernier.

Et suivant son sexe.

Les mères prennent plus facilement pour victime leur fille, par mimétisme sexuel.
Et puis le garçon est autre chose, et sera moins inquiété s'il a une soeur.

C'est une injustice de plus que vit mal la fille victime.

Etant du même sexe que la mère, celle-ci, qui a subit le même traumatisme, peut mieux l'investir.

Il faudrait que je vous livre le carnet intime de la mère de mon ex-épouse, avec les analyse et apports nécessaires, pour que vous saisissiez , comment se concrétise cette relation. Dans toute sa perversité et découvrir que la mère est aussi malheureuse et souffre, mais qu’elle ne peut rien faire d’autre.




Le doute est ma seule certitude


 Doune a écrit [11/01/2011 - 13h19] 
Doune

Cher Bouganvilliee,
Merci à vous, pour toutes ces confidences qui vous coûtent.
Vous en êtes certainement plus loin que nous dans votre cheminement, et vous pourriez vous retirer définitivement de ce problème. Mais peut-être que vous y replonger par le biais de ce site vous fait du bien...
Je crois aux bienfaits de la psychanalyse. J'ai vu de nombreux psychologues à une période, qui m'ont tous orienté vers la psychanalyse. J'ai fini par tenter cette expérience , que j'ai trouvée fort violente, parce que le psychanaliste m'a beaucoup secouée, remuée, me rappelant mon père, et, au bout de deux séances, j'ai lâché prise, n'étant pas prête à investir à cette époque tant d'argent pour un résultat dont je doutais...J'ai beaucoup cheminé depuis, mais je ne me sens toujours pas prête à m'investir dans cette expérience...Alors...
Je reste convaincue qe tous les enfants d'une même fratrie ne sont pas atteint de la même manière:
Ainsi, mon frère a été pus infantilisé, on ne lui a jamais demandé de gérer la souffance des autres, c'était plutôt nous qui gérions la siennne. Il a toujours subi lui aussi les propos dénigrants de notre père, mais il semble qu'il a pu couper les ponts à plusieurs reprises sans que cela l'atteigne autant que moi.
L'infantilisation est certes un handicap lourd dans la vie, puisqu'encore aujourd'hui, il a du mal à affronter ses problèmes seul, mais je ne sais pas quel sort est le plus enviable...: le sien ou le mien qui m'a toujours positionnée dans une démarche d'aide envers eux, me liant définitivement( ? ) à ce processus instable.
Aujourd'hui, alors que je l'héberge , je vois bien que mon frère ne voit pas ma souffrance, et a comme toujours , une démarche où il demande de l'aide et agit parfois de manière égocentrique. Chacun doit se positionner pour l'aider, c'est normal.
Et moi, je continue à le faire, c'est normal...
J'aimerais effectivement pouvoir découvrir le carnet dont vous m'avez parlé, peut-être que de nombreux points seraient alors éclairés, qui sait ? J'entends également que les parents qui sont dans ce mécanisme souffrent,mais alors, comment oublier cette souffrance, même si l'on sait qu'elle n'est pas liée à nous et que nous ne en sommes pas responsables?. Combien de fois ma mère a pu me dire qu'elle avait gâché sa vie, qu'elle était malheureuse... Et moi qui employais des stratagèmes pour lui changer les idées, qui la sortais, moi qui voulais désespérément qu'elle ait un peu de bonheur, pour une fois...
Et , surtout, moi qui en venais à cacher ou détruire mon bonheur pour qu'elle ne le voit pas et n'en souffre pas trop... Comme tout cela se met en place facilement, insidieusement, au fil des annnées...
Comme je n'ai jamais pu leur faire du mal, c'est à moi que j'en fais... Entre cigarettes, alcool, boulimie et autres dépendances, je me détruis, tout en faisant croire, par la force de mon caractère, que je résiste.. Car tenir debout, c'est résister, vivre, c'est résister. Le pire, c'est que je suis consciente que ce comportement ne va pas me conduire très loin, mais quand je pense à mes filles, mon mari, je me dis souvent qu'ils vivront peut-être mieux sans moi, qu'ils seront plus heureux sans tous ces problèmes...Je me suis niée pendant tant d'années que je ne sais même plus si j'existe vraiment...
Que de gâchis...
Amicalement




 betinaweb a écrit [11/01/2011 - 14h40] 
betinaweb

Je salue le courage de Bougainvilliée d'avoir partagé un difficile pan de sa vie qui pourra aider les autres.Merci monsieur.




"La connerie,c'est la décontraction de l'intelligence" Serge Gainsbourg.


 liloupilou a écrit [11/01/2011 - 15h16] 
liloupilou

je ne sais plus non plus chère Doune si j'existe et qui je suis.....j'avoue avoir pensé très souvent à disparaitre pour ne plus souffrir, tout simplement, parce que demain me semble souvent très proche d'hier et d'aujourd'hui.... parce que tout ce qui faisait ma typicité a été cassé..... parce que je ne pense plus être capable d'aimer et encore moins d'être aimée...... je viens d'appeler mes parents et je suis tombée comme d'habitude sur un répondeur..... et cela m'a rassuré finalement ..... de ne pas les avoir...... ambiguïté dans l'action et dans les sentiments
j'ai coupé presque toutes les relations que j'avais, j'ai le sentiment de me punir en permanence..... j'ai terriblement peur de faire souffrir mes enfants et de ne pas être capable de voir si je deviens toxique à mon tour.... je pense m'en sortir mais en fait je ne m'en sors pas..... enseignante comme vous, je n'ai pas pu reprendre la semaine dernière ...... je ne pouvais pas supporter les "bonne année".... peut être pas non plus le regard des autres..... je me sens moche, inintéressante, incompétente......mon mari admire les femmes qui ont la pèche, qui bougent, qui se "marrent"..... et moins je me sens comme un tas posé qqpart et incapable de réagir...... et bien sûr cela fait fuir tout le monde..... au boulot je fais face, mais cela me demande une énergie incroyable.... et qd je rentre j'ai juste envie de pleurer mais je ne peux pas, cela ne cadre pas avec l'image que les autres veulent de moi...... je ne pense que cela soit de la dépression car je suis en fait parfaitement consciente de ce qui se passe en moi..... j'en ai parlé avec mon médecin et pas sûr que les anti dépresseurs soient efficace, sauf à aider à envoyer un gros coup de pied dans la fourmilliere..... mais après ?




 Doune a écrit [13/01/2011 - 10h43] 
Doune

Chère Liloupilou,
je vous comprends, mais il faut absolument vous reprendre en main, aller voir quelqu'un , ne pas insister auprès de vos parents, qui, manifestement , une fois encore, ne tiennent pas compte de votre détresse... Tournez vous vers l'extérieur , sortez, allez parler à des gens qui peuvent vous redire encore et encore que vos parents vous font du mal, enfin, sont néfastes pour vous.
Je sais combien il est difficile de s'en convaincre...Comment nos propres parents pourraient vouloir nous faire du mal ? Et pourtant, c'est le cas...
Actuellement, ma mère essaie de me recontacter. Hier, je lui ai raccroché au nez pour la première fois...Enfin ! Meme si je culpabilise, je sais que pour me retrouver, c'est le seul moyen.. Ce n'est pas moi qui aie voulu cette situation, c'est elle qui m'y a placée.
Que faire d'autre ?...Je ressens un grand vide, lié au fait de ne plus être harcelée chaque jour par leur présence continuelle, mais cela ira peut-être mieux dans quelques temps, quand je réussirai à remplir ce vide par mes propres envies, par moi-même, enfin...
Il s'agit de me retrouver, moi, de savoir enfin qui je suis et ce que je veux... Courage, nous nous en sortirons, n'est-ce pas ?




 Doune a écrit [13/01/2011 - 15h51] 
Doune

Bonjour à tous,
Comment vous dire le fond de ma pensée ?
Je me sens vide, dépourvue de toute envie, triste...
En fait, mes parents me manquent, je parle de mes vrais parents, ceux que je n'ai jamais vraiment eus, ceux dont je rêve... C'est la petite fille qui s'exprime ici, celle qui aurait besoin qu'on la rassure, qu'on lui dise qu'on l'aime. Je me sens perdue, l'impression que personne ne me comprend vraiment...
Est-ce normal de couper ainsi avec eux ? J'ai l'impression qu'on ne se verra plus, je sais que nos anciennes relations n'étaient pas saines, étaient néfastes pour moi, mais, j'ose l'avouer: ils me manquent, j'ai l'impression qu'ils sont comme morts..
C'est un sentiment étrange: à la fois , je ressens l'absolue nécessité de devoir m'éloigner pour vivre mieux, mais en même temps, je culpabilise, je me sens seule, sans plus aucun projet, ni goût à rien..
Ceux qui me conseillent de couper les ponts ont raison, bien sûr, mais ils me présentent cet acte comme quelque chose de normal , voire d'évident... Or, c'est vraiment très difficile, comment faire , je ne sais pas, je ne sais plus...
Se rajoute une autre culpabilité, moins importante, mais en lien avec ce que je ressens: hier, ma collègue et amie est venue me voir et m'a dit qu'au travail, quelques personnes , qui ne sont évidemment pas au courant de ce que je traverse, m'avait jugée, critiquée, ne comprenant pas mon arrêt de travail ( d'autant que je n'ai pas été remplacée auprès des élèves !): "quand on fait une dépression nerveuse, ça fait plus de bien de sortir et d'aller travailler que de rester chez soi..." De nouveau, la culpabilité m'envahit: avais-je raison de ne pas aller traviller ? Est-ce que je ne suis pas en train d'amplifier ma situation ? Et quel sera le regard des autres face à ma faiblesse, alors que je n'ai jamais rien montré ?... Que c'est difficile, pourquoi suis-je ainsi à subir les influences des autres, sans avoir de certitudes propres ?
Aidez-moi; répondez-moi, vous qui connaissez si bien ce que je vis...
Merci à tous




 bougainvilliee a écrit [13/01/2011 - 16h12] 
bougainvilliee

Bonjour Doune,

L'enfant que nous étions, vit toujours en nous.
Nous sommes et restons le petit enfant perdu, qui a besoin de l'autre, des autres.
Nous sommes une éponge d'amour.
En attente d'amour, toujours.
De compréhension, aussi.
Comme nous aimerions être compris à demi-mots... sans que nous ayons à tout expliquer.

Notre monde est cruel ou indifférent.

Ne nous restent-ils que les larmes et la prière ?

Tes collègues feraient mieux de venir te voir... mais essayeront-ils de comprendre ?
Pourras-tu te confier.

Je regrette que le choix de ton psychanalyste ait été mauvais... car seul auprès d'un psychanalyste l'on peut ouvrir pleinement ses plaies, sans être jugée...
Seulement compris et accepté dans notre douleur...

Viens nous parler quand le besoin s'en fait sentir...
Sans honte, sans restriction... Nous sommes anonymes et ne nous connaissons pas , aussi nous pouvons écouter les plaintes les plus profondes.




Le doute est ma seule certitude


 Doune a écrit [13/01/2011 - 17h16] 
Doune

Merci, vraiment merci pour ce soutien qui réchauffe tant....




 liloupilou a écrit [13/01/2011 - 17h27] 
liloupilou

que dire à part, je comprends, ce vide, cette détresse, ces questions qui tournent sans cesse dans la tête...... d'autant qu'enseignants, nous sommes constamment infantilisés et dans un milieu très normatif (ce qui est bien, ce qui mal, ce qui se fait ou pas), finalement très dur......où le décalage et l'originalité sont souvent peu désirés...... j'en suis un peu là aussi..... je n'ai pas de réponse..... une amie m'a demandé hier si je voyais mes parents..... je n'ai pas répondu ..... elle a ajouté....quand même, ils n'ont que toi..... et la roue implacable de la culpabilité a repris sa course...... pas facile non plus pour des enfants uniques...... gardez courage, qqfois ça marche.....




 bougainvilliee a écrit [13/01/2011 - 17h59] 
bougainvilliee

Bonjout liloupilou,
Il fallait dire à ces "amis" qui te demandaient si tu ne voyais pas tes parent, que tu n'y tenais pas.

Et puisqu'ils insistaient, en te disant, qu'ils n'avaient que toi... il fallait que tu parles de ta souffrance, de ce que tu avais vécu et pourquoi tu ne désirais pas avoir de contact avec eux.

Les parents toxiques n'hésitent pas à dénigrer faussement leurs enfants.

Il faut expliquer aux gens ce que vous avez vécu et vivez.

Le silence refermé sur vos douleurs, font que vous souffrez en silence et que les autres ne comprennent pas.

Il faut qu'ils sachent, qui est le bourreau et qui est la victilme.

Sinon ils ne s'attachent qu'aux apparences.






Le doute est ma seule certitude


 Doune a écrit [13/01/2011 - 21h31] 
Doune

Pour autant, c'est vrai qu'il est nécessaire d'en parler, mais tout le monde n'est pas réceptif.
Ne faut-il pas être passé par là pour vraiment être capable de comprendre, puisqu'en apparence, ce sont des parents sympathique, toujours prêts à aider financièrement, et plutôt disponibles quand on a besoin d'eux pour aider matériellement ?
Comment convaincre ? Comment expliquer qu'une fois la porte refermée, les éléments se déchaînent ?
Comment dire que lorsqu'ils gardent les petits-enfants, c'est pour mieux asséner leurs coups: " heureusement que je suis là, sinon, tu ne pourrais pas garder et t'occuper de tes enfants !" Ou quand ils donnent un coup de main à la maison, après avoir tant insisté, fait croire à leur gentillesse et leur envie réelle de nous aider, ils prétendent: "ta maison est dégueulasse, ma pauvre fille , comment peut-on être si peu organisée et si peu soigneuse" , etc, etc...
Les gens autour de moi me disent plutôt: "tu as de la chance que ton père vienne faire ton jardin" (alors qu'il n'y a jamais été invité ! ); "c'est bien, ta mère accepte de garder tes enfants et de te dépanner si tu as besoin d'elle..." (alors qu'elle colporte ensuite le message selon lequel elle est indispensable dans ma vie, sans elle je ne pourrais rien gérer...)
Le pire, et c'est là que les gens doutent de nos propos, c'est que nous les laissons faire, persuadés qu'ils disent la vérité et que nous sommes vraiment des incapables !
Alors cela devient un mélange de folie, de réalité dans lequel nous nous perdons puisque nous ne savons même plus à quel moment ils sont "vrais", quand ils nous aident, ou quand ils nous critiquent. Et quand bien même, peut-être ont-ils raison, que ces critiques si habilement amenées sont justifiées...
Donc, alors même que nous doutons et que nous ne savons plus ce qu'il en est, il devient difficile d'expliquer tout cela aux autres. Ce qui me paraît évident, c'est qu'il faut parler, mais à des gens succeptibles de comprendre, en l'occurence, des personnes éloignées de la situation, qui ne les connaissent pas, qui n'ont pas été polluées...
Il est tellement vrai que beaucoup se laissent aller à la facilité des apparences... Pour ce qui est des membres de ma famille (oncles, tantes... ), ils savent bien qu'il y a un dysfonctionnement, mais c'est tellement plus simple de faire comme s'il n'y en avait pas, Quels lâches !
Amicalement




 liloupilou a écrit [13/01/2011 - 21h46] 
liloupilou

Je crois aussi qu'il y a de la honte à évoquer cela..... moi je n'ose répéter tout ce qu'ils m'ont dit..... et ils m'ont dit des choses très très dures.... et je n'ose pas en parler....comment les autres pourraient ils comprendre ? et comment pourraient-ils nous croire ? alors autant se taire.....




 Doune a écrit [14/01/2011 - 17h38] 
Doune

Bonsoir à tous, Non, Liloupilopu, il ne faut pas se taire; Tu n'as pas as avoir honte, ce sont eux qui devraient se morfondre dans un coin ! Tu es une victme , ne l'oublie jamais, ce sont eux qui font le mal, pas le contraire!!!! C'est ça qui est terrible, ils s'arrangent toujours pour que nous nous sentions coupables , en toutes circonstances.... Eux, en revanche, ils n'ont rien à se reprocher... En ce qui me concerne, j'




 Doune a écrit [14/01/2011 - 17h58] 
Doune

En ce qui me concerne , j'ai eu une semaine de relative tranquillité... Youpi !!! C'est plus que j'en espérais...
Ils ont attaqué hier: ma mère m'a appelé en utilisant un numéro que je ne connaissais pas ( très habile, non ?) et , sans me méfier, j'ai répondu: résultat, j'ai eu droit à un "allo" lamentable, d'une personne dans un état désespéré, à l'article de la mort: j'ai raccroché immédiatement, sans en attendre davantage, mais j'ai bien sûr été ébranlée...
J'ai eu ensuite droit à une série de coups de fil, elle a même fait appeler ma tante pour tenter de me joindre indirectement. Depuis hier, ça n'arrête pas. Je me sens harcelée, je ne sais plus si je dois répondre ou non, de nouveau panique à bord...
Puis, ce matin, nouvelle surprse: mon père, qui n'avait jusqu'alors rien manifesté, s'est carément pointé chez moi: je me suis trouvé bloquée, incapable de ne pas lui ouvrir, et incapable de prononcer un mot. Il a joué la carte de la gentillesse, arme redoutable contre moi ! " Qu'est-ce qui t'arrive ? Il ne faut pas que tu reprennes le boulot, repose-toi. Je t'avais bien dit qu'il ne fallait pas te mêler du divorce de ton frère, cela peut détruire une famille... ( comme si mes problèmes venaient du divorce de mon frère! )... " Il est même allé jusqu'à me faire deux bises avant de partir , fait incongru et complètement nouveau pour lui...
Que c'est difficile après cela de se dire que cette attitude de père rêvé n'est qu'un masque, que ce n'est qu'un stratagème pour mieux reprendre l'emprise...
Comme j'en ai marre, comme je suis fatiguée ! Comme je sens que la lutte sera longue et redoutable !
Ma mère a ensuite ce soir dit à mon frère qu'elle allait voir mes filles à la sortie de l'école: nouvelle panique ! Mon frère a réussi à l'en dissuader, mais elle a fini par les joindre au téléphone à la maison.
Comment se protéger d'une telle intrusion, comment ne pas se rendre coupable ?
Aidez-moi, je vous en supplie, je ne tiendrai pas longtemps avec un tel harcèlement...




 bougainvilliee a écrit [15/01/2011 - 03h37] 
bougainvilliee

Bonjour Doune,

Comment se protéger ?

D'abord, changer de numéro de téléphone.
Je ne sais plus si la liste rouge existe, sinon placez-vous dessus.

Déménager. Et si on ne le peut pas, porter plainte pour harcelement moral.

Changez vos enfants d'école.

Accumulez tous documents ou preuves de ce harcèlement, prenez en photos votre père ou votre mère s'il viennent chez-vous, ou bien filmez les (c'est possible avec les nouveaus appareils).

Mais surtout portez plainte et laissez-les crier et s'agiter.
Cette fois c'est vous qui menerez le jeu.
Et menacez votre frère de lui en faire aurtant s'il intervient. (au moins pour complicité).

Vous comprenez pourquoi mon fils à coupé les ponts avec tout le monde, après que son psy et son notaire, lui aient tous les deux dits :
- Il n'y a qu'un moyen de vous sauver : LA FUITE.





Le doute est ma seule certitude


 liloupilou a écrit [15/01/2011 - 07h26] 
liloupilou

.....éloge de la fuite.......




 Doune a écrit [15/01/2011 - 10h52] 
Doune

Merci Bougainvilliee pour votre présence, pour vos réponses, même si elles sont déstabilisantes...
Alors, ce sont vraiment des parents toxiques ? Alors il n'y a plus aucun doute par rapport à leur comportement ?Alors vous croyez qu'il faut se protéger à ce point -là ?
Mon dieu, que ça fait mal...
Hier, j'ai terminé cette pénible journée avec un mal de ventre terrible, des nausées, et, surtout, une fatigue telle que je pouvais à peine parler... Et pourtant, ils ont juste essayé de me contacter, cela peut ne pas paraître si difficile de l'extérieur...
Mais je suis ravagée à l'intérieur, blessée, diminuée, et j'ai mal au point que leur pensée devient obsédante...
Et en même temps, si c'était simplement des parents et grands-parents en souffrance de voir leurs enfants s'éloigner.... Ce doute m'obsède....




 bougainvilliee a écrit [15/01/2011 - 11h53] 
bougainvilliee

Bonjour,

Bien entendu, le bourreau n'aime pas que sa victime lui échappe.

Je ne cherche pas à vous déstabiliser, mais à vous aider.
Sans doute suis-je maladroit et ne réussi qu'à vous blesser davantage.
Ce que je ne désire pas, au contraire.

Mais que faire, sinon tenter de séparer la victime de son bourreau.

Vos parents je ne les connais pas... ce n'est pas pour autant que vous deviez supporter les blessures qu'ils vous infligent.

Bien sûr, je sais que vous recherchez la manifestation de leur amour.

Mais ils ne peuvent vous le donner.
Ou pensent vous le donner en vous phagocytant.

Que pouvez-vous faire... Vous n'échapperez pas à votre culpabilisation.
Echappez au moins aux blessures qu'ils vous infligent.




Le doute est ma seule certitude


 Doune a écrit [15/01/2011 - 11h59] 
Doune

Cher Bougainvilliee,
Non, vous ne me blessez pas, ce sont eux qui le font, je suis tout à fait consciente de votre aide et vous en remercie vraiment, vraiment.
Cependant, si vous me permettez une dernière question, précise, en lien avec mes interrogations sur leur comportement:
Qu'est-ce qui vous fait dire que ce sont effectivement des parents dont il faut se détacher ? Est-ce qu'il s'agit des témoignages que j'ai apportés ? Est-ce que ce que j'ai décrit d'eux vous rappelle des choses que vous avez vécues auprès e votre épouse ?
Pardon d'insister ainsi, masi j'ai tant besoin de savoir ce qu'il en est vraiment
Merci à vous...




 bougainvilliee a écrit [15/01/2011 - 12h19] 
bougainvilliee

Bonjour Doune,

Si ce sont, comme vous le laissez entendre, des personnes "toxiques" pour vous et votre entourage, il faut vous éloigner de ce qui vous intoxique...

Ce me semble évident.

Le ressenti au travers de vos interventions, me font penser qu'ils agissent sur vous et ne vous laissent pas vivre votre vie comme vous l'entendez.
Qu'ils vous infantilisent.

Mais peut-être ai-je mal compris.
Et après votre dernier message, je me pose des questions.

Aimez-vous l'emprise de vos parents sur vous ?
Pensez-vous que vous êtes vous-même lorsqu'il s'insinuent dans votre vie et font de vous leur prolongement ?

Ils vous aiment peut-être, mais, me semble-t-il, mal.
Mais préférez-vous ce mal présent que de vous sentir seule et libre, mais de votre propre gré.

Je ne peux comprendre que ce que vous me donnez à comprendre.

Non cela n'a rien à voir avec ce que j'ai vécu avec mon ex-épouse, puisque la cible était ses propres enfants.
J'ai seulement tenté d'écarter les effets néfastes, en vain.

Maintenant elle est seule.
Ce n'est pas ce que je désirais, mais je comprend le comportement de ses enfants.
Tout en sachant qu'elle même fut la victime de sa mère, qui était victime de la sienne.







Le doute est ma seule certitude


 Doune a écrit [15/01/2011 - 13h19] 
Doune

J' entends vos doutes, je vais donc tenter d'expliquer ce que je ressens...
Ce n'est pas du mal qu'ils me font dont j'ai besoin, c'est tout simplement d'eux.
Je ne me complais pas dans cette souffrance, mais j'ai vécu avec et je l'ai combattue pendant des années, elle m'a construite en quelque sorte... Il est donc très difficile, je pense, de la laisser derrière moi, même si, au stade où j'en suis arrivée aujourd'hui, je ne peux plus vivre comme avant.
Mais il est très dur de passer brutalement d'une totale dévotion à une parfaite ignorance...
Dès lors, on s'abrite derrière des interrogations, on essaye de se convaincre qu'ils ne sont peut-être passi méchants que cela, qu'ils vont peut-être changer....
Et cette colère qui ne sort pas parce que je suis toujours rester avec mon mal à l'intérieur, l'apprivoisant afin de ne pas faire souffrir les autres.
Il devient alors très difficile de ne penser qu'à soi, tout d'un coup...
Je pense que cela viendra, mais progressivement....
Merci à vous




 liloupilou a écrit [15/01/2011 - 13h44] 
liloupilou

j'ai mis des années à prononcer ce mot.... toxique...... des années à comprendre que la relation que nous avions n'étaient pas normale...... des années à accepter l'idée que je continuais à leur parler avec respect (comme on me l'avait enseigné) alors qu'ils me disaient des horreurs...... auriez vous ce comportement avec vos propres enfants ?
c'est difficile.... parce que cela remet en cause bp de chose sur l'amour, l'amour des parents, qui devient conditionnel alors qu'on le pense inconditionnel..... c'est profondément destructeur et je pense aussi comme bougainvilliée qu'il faudra faire avec la culpabilité toute ma vie..... et cela conditionne également notre regard sur les autres, notre capacité à leur faire confiance..... c'est terriblement destabilisant et cela nous rend très up and down...... courage......




 Doune a écrit [15/01/2011 - 14h04] 
Doune

Et vous Liloupilou, je vous adresse la même question que celle posée à Bougainvilliee...
Pensez-vous aussi sans aucun doute que mes parents me font du mal ? Sont-ils toxiques ? Y a-t-il des similitudes avec ce que vous avez vécu ? Faut-il couper irrémédiablement pour vivre normalement ?
Merci




 liloupilou a écrit [15/01/2011 - 14h17] 
liloupilou

ce qui m'a aidé c'est de me poser cette question : "ce qu'ils m'ont fait est ce que je le ferais à mes enfants ? " ma réponse est non..... et la votre ?
j'en suis comme vous..... aujourd'hui je vais mieux, hier j'étais cassée et je pleurais..... et je retournais toutes mes questions dans ma tête..... et je crains de les voir débarquer chez moi parce qu'ils veulent "casser la gueule" de mon mari..... et en m^me temps je me dis qu'ils doivent aussi être malheureux..... et je ne m'en sors pas.... mais je crois que j'avance.....nous avançons Doune, pas à pas...... bon courage....vraiment.....




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