Martin, je comprends tout à fait ton dégoût ; et tu vois, expliquées comme ça les choses passent beaucoup mieux si tu veux te faire entendre. Il n'en reste pas moins que ton discours est plus extrême que les plus extrêmistes. Je suis d'accord avec ton idéal de vie, et je veux bien croire à la majorité de tes constats. Mais la façon dont tu veux faire les choses est tout simplement irréalisable. Parce que tu ne peux pas retirer tout ce que tout le monde a sous prétexte que c'est pour le bien de l'humanité. Parce que tu ne peux pas empêcher des milliers de gens de mourir du jour au lendemain en influant sur les conditions climatiques. Parce que tu ne peux pas prendre la vie de milliers de gens pour en sauver d'autres, même si le chiffre des personnes sauvées est hypothétiquement exponentiellement plus grand. Tu parles de crime contre l'humanité et deux phrases après tu exprimes ton désir que toutes les personnes que toi, qui sais plus que les autres, tu désignes comme ignorantes.
Il ne faut pas se laisser envahir l'esprit par les discours alarmistes, ni par les images catastrophiques que tu as toi-même constatées, parce que ça ne mène à rien. Au lieu de passer de tout à rien comme tu le préconises, on peut lutter à bien d'autres échelles, qui sont significatives à notre niveau de citoyen individuel, et qui, l'un dans l'autre, peuvent jouer sur une communauté plus large, qui, se joignant à une autre, aura des conséquences sur une communauté plus grande encore.
D'autant que tu mélanges des dizaines de combats, tu fais plein d'amalgames. Je sais que tu me diras que tout est lié ; certes, mais il ne faut pas tout mélanger. Il y a l'économie, il y a la météorologie, il y a la culture, il y a le progrès scientifique, il y a la morale... Et on peut mener chacun les combats qui nous tiennent à coeur pour changer les choses et améliorer un futur hélas déjà compromis. Mais évidemment pas rester dans son squatt en laissant toutes ses tâches et ses contraintes de côté, en profitant de la nourriture des autres, et en balançant que c'est pour le bien de l'humanité, parce que ça n'avance certes à rien.
Et te retirant ainsi de la société, désolé de le dire, tu n'aides absolument pas, tu fais même le contraire. Ce n'est pas ce que j'appelle se sacrifier. Se sacrifier, c'est se démener. Toi, tu abandonnes.
Vian²