Sur le retour de la France au sein du "commandement intégré de l'OTAN" puisqu'il s'agit de celà, je me suis déjà exprimé sur le sujet, à savoir que toute action de nature à placer la France en situation de dépendance ou d'inféodation me chagrine.
Mais la France n'a jamais vraiment quitté l'OTAN et en est un contributeur majeur, sans pour autant avoir accès aux organes de décision.
"Pourquoi ce retour de la France ? Deux raisons, l'une pratique et l'autre stratégique. Depuis 1995, les militaires français participent à toutes les opérations Otan, mais ne participent pas à leur élaboration faute d%u2019avoir des généraux au sein des comités suprêmes. « On subit l'Otan au lieu de la codiriger, c'est illogique », glisse un conseiller de l'Elysée. En rentrant au bercail, Paris obtiendra deux commandements majeurs, l'un à Norfolk (QG stratégique de l'Otan), l'autre à Lisbonne (QG de sa Force de réaction rapide). La France continue de rêver d'une Europe de la défense, mais certains de ses partenaires de l'Union rechignent car ils soupçonnent Paris de vouloir rivaliser avec l'Otan. Sarkozy, le plus pro-américain des présidents de la V e , entend lever ce soupçon."
http://www.leparisien.fr/politique/les-vraies-raisons-du-retour-de-la-france-dans-l-otan-08-03-2009-434887.php
Les américains ne veulent pas d'une Europe "puissance" et encore moins d'une Europe militaire. Or, compte tenu de l'évolution des techniques, un pays européen isolé ne peut plus entretenir et faire évoluer une armée au meilleur niveau. L'OTAN impose des "standards" largement inspirés des "military standards" américains, et s'intégrer totalement dans l'OTAN signifie aussi la perte de l'indépendance technique et industrielle en matière d'armement. Ceci peut avoir des conséquences sur des contrats militaires et civils.
Par ailleurs, l'indépendance relative de la France lui conférait un statut particulier dans le cadre du règlement (ou de tentatives de règlement) de certains conflits. Cette renonciation de la France, en grand pompe, au peu d'indépendance qu'elle possédait par rapport aux USA, peut constituer un mauvais signal envoyé au reste du monde.
En fait, depuis le début de l'ère naboléon, on va de renonciation en renonciation: abandon du projet d'un deuxième porte-avion à propulsion nucléaire au profit d'une coopération avec l'Angleterre pour la construction d'un porte-avion mal foutu à propulsion classique, donc moins autonome et plus vulnérable, puis report de la décision de cette construction.
Budget de fonctionnement accru du fait de l'accroissement de la participation de la France dans les opérations de l'OTAN (Afghanistan par exemple), ceci au détriment de l'effort de modernisation.