Bonjour Chufululumaya,
A lire les réponses, le problème ne semble guère intéresser les hommes (à part moi). Cela me conforte dans mon idée que le mariage est, quoi qu'on en dise, est une conquête féminine.
Ceci dit le mariage aujourd'hui mourant et suranné, n'existe pas, dans nos contrées, depuis très longtemps. Trois siècles tout au plus. Aussi ce rêve, porté plus par les femmes qui veulent s'attacher un homme et se conforter dans leur relation, est ce qu'il est, une union qui déclare que tel homme et telle femme, vivront ensemble, pour préserver les biens familiaux et être bien situés et repérés par la communauté (pour cela les bague comme des poulets). Pourtant depuis l'avènement du divorce, le mariage n'est plus que symbolique, puisqu'on peut se séparer à tous moments. Dès lors, je n'en vois pas l'intérêt, sinon celui de se faire plaisir quelques jours et le payer (plus tôt ou plus tard) grassement des avocats en cas de séparation. De ce point de vue l'intérêt financier y perd. D'ailleurs le Pacs donne approximativement les mêmes avantages pécuniaires. Mais le mariage reste pourtant un mythe, une féerie, une fête, un rêve, bien ancré dans l'esprit des jeunes femmes.
Pourquoi cela ? Parceque le mariage est une conquête féminine. Dans les temps passés, rudes et âpres, les femmes, prises et reprises et finalement, l'âge venant, délaissées ou brûlées, y ont trouvé une assurance, un attachement, une sécurité. Adoubé par le prêtre, qui trouvait quelque intérêt spirituels à se situer dans la communauté et à y avoir un rôle, il fut, par la force des choses, adopté par les hommes, d'abord par intérêt (les hommes on le sait sont plus pragmatiques, les femmes, plus sentimentales). Ils ont trouvés là un moyen d'assurer leur descendance (pour cela il ont mis le concept de fidélité pour ne pas voir la semence des autres hériter de leurs biens) et, donc, la bonne transmission de leur patrimoine. Depuis les systèmes d'héritages ont largement évolués, au point de vider de sa substance cette position masculine. A cela s'est ajouté le divorce, puis le pacs qui, lui, a évacué les derniers avantages du mariage. Dans bien des milieux et des campagnes, le mariage n'est plus, pour l'homme, qu'un rite communautaire, un moment de fête, la noce étant plus une occasion de resserrer quelques liens diffus d'amitié ou de voisinage (les liens de parenté y sont généralement réduits, et les liens d'Alliance quasi inexistants). Restent les femmes, qui sentent bien qu'elles ont perdu quelque chose et qui aimeraient que survive cette tradition qui leur offrait assurance et pouvoir. Cependant il est devenu si fantomatique qu'il ne leur reste plus que le rêve, l'idéal transcendé. Même si certaines tentent d'y maintenir quelques intérêts, ils ne leur apparaissent plus que financiers. En cela, par cette dernière démarche, elles ne font que redonner au mariage sa réalité matérielle et sa désuète fonction patriarcale. Ces tentatives, dépassées par l'air du temps, inutiles et maladroites, ne peuvent dès lors que dépiter, comme on le voit, les postulantes qui chargent encore le mariage de leurs fantasmes ; tout en sentant bien, inconsciemment, que les lois et les hommes les ont dépossédées de leur conquête.
Le doute est ma seule certitude