Les réponses sont pour le moins naïves. Rien n'est absolu, mais tout est fonction de la personnalité des gens. Qui elle, est fonction de l'environnement dans lequel on grandit et vit.
En 1950, n'importe quel homme aurait rejeté le boxer avec force car c'est sexy, et le sexy c'était réservé aux femmes. Mon père m'a raconté comment, à ses 3 jours à l'armée, on s'est moqué de lui juste parce que son slip était de couleur. À l'époque, c'était pareil que les premiers hommes qui ont porté des strings récemment ! Alors imaginez avec quelque chose de sexy. Eh oui, homme et femme c'était deux choses bien différentes. Un bête slip purement fonctionnel, ça ne gênait personne, et ça ne tuait certainement pas l'amour. D'ailleurs la durée de vie moyenne d'un couple est aujourd'hui beaucoup plus faible qu'il y a quelques décennies, comme quoi...
En 2008, tout a changé. Les 20-30 ans ont vu des milliers d'heures de publicité depuis leur plus jeune âge (ce qui n'était pas le cas de leurs parents puisqu'avoir la télé n'était pas une chose courante), les beaux corps sont affichés partout sur des affiches publicitaires. Comme dirait Tyler Durden "aujourd'hui ce qui m'intéresse, c'est les slips avec un grand nom dessus" (quand je pense que ce film a eu un gros succès mais n'a servi en fait à rien, c'est triste, comme quoi les gens sont plus touchés par la pub que par ce type de réfléxion sur la société...). Ce dont on avait clairement rien à foutre autrefois. C'est les marques de lingerie qui sont contentes, maintenant au lieu d'avoir 50% du marché (les femmes), elles ont 100%. Gamme de produits de beauté (Nivea for Men), dessous sexy, épilation, bronzage, magazines masculin (GQ, Men's health, etc.), boutiques de lingerie, métrosexualité... le retard commercial se rattrape et les différences de comportement hommes/femmes s'amenuisent. Le marketing aime bien tuer la diversité tout en prétendant l'augmenter, car une cible de consommateurs homogène est plus simple à atteindre.
Après il y a deux clans, ceux qui ne réfléchissent pas et se disent "ben ouais je suis un homme et j'ai envie d'être sexy, maintenant je peux alors j'en profite !", et ceux qui sont plutôt du genre à lire les bouquins de nos sociologues, qui (pour certains du moins) dénoncent le formatage des esprits par la pub et la société de consommation. Avec des arguments un peu plus poussés que "ben ouais j'ai envie d'être sexy" ou "ah non c'est un tue l'amour"...
Pour ceux qui croient qu'il ont été baigné dans le libre arbitre quand ils étaient petits, vous n'avez qu'à attendre d'être vieux. Vos petits-enfants diront "les boxers, mais mon grand-père il porte ça, donc beurk". Et bien sûr ils penseront que c'est leur vrai avis à eux, pas du tout conditionné par leur environnement. Mais bon, la pub nous a bien appris, du moment que ça fait plaisir, le libre arbitre on en a rien à foutre, autant faire comme tout le monde ! Allez hop allons tous acheter un boxer.
Alors pour ma part, le dessous importe peu, ce qui compte pour moi c'est que ce ne soit pas un gadget imposé par les départements marketing des grandes marques. De plus, je ne suis pas lesbienne, donc si les hommes peuvent ne pas orienter leurs comportements vers ceux des femmes, ça m'arrange. Je me fous de ce que portent les mecs, ce que je veux c'est un tant soit peu de virilité. Je rappelle que la définition de virilité, ce n'est pas "se mettre à faire comme les femmes". Par conséquent, ce n'est pas "allez go, c'est parti pour les produits de beauté, les dessous sexy, l'épilation, les magazines fashion, etc".
Je sais que tous ça plaît beaucoup aux lycéennes de 18 ans, pour qui le port d'un slip peut être un motif de rupture (j'en ai vu prétendre ça, c'est dire le stade où on en est), mais y'a pas que ça, heureusement.
Et puis quand je vois un mec qui baisse son pantalon, découvrant un bête dessous pas beau, mais qu'il n'en a même pas conscience et n'y pense même pas (en général il a forcément plus de 20 ou 30 ans, sa personnalité s'est faite lorsque la société était moins superficielle), c'est quand même plus authentique et viril que le trou du cul qui a choisit son "boxer" avec soin dans la nouvelle boutique à la con en claquant un mois de salaire d'un pauvre africain dedans, et qui passe un quart d'heure par jour à se regarder dans la glace pour juger de la progression de ses abdos ou de l'effet de ses lunettes de soleil sur son look.
Voilà, c'était mon coup de gueule anti-féminisation des hommes. C'est que ça devient dur de trouver quelqu'un de bien maintenant :-p.