Je pense, comme beaucoup, que c’est une honte. Aung San Suu Kyi n’a commis aucun crime, elle est Prix Nobel de la paix. Elle n’a absolument rien à se reprocher sauf le fait d’être un danger pour la junte militaire birmane car cette femme est toujours aussi populaire dans le pays. Etant donné les prochaines élections, il fallait l’emprisonner à nouveau sous un prétexte fallacieux pour qu’elle ne puisse pas se présenter. Un conflit ouvert était déjà apparu en 2007 dans ce pays qui a une frontière avec la Chine (qui d’ailleurs est le seul pays à ne pas condamner la peine requise contre Aung San Suu Kyi).
Pour comprendre la crise birmane, il faut remonter à la 2me guerre mondiale puisque la Birmanie, qui faisait partie du Commonwealth britannique, a pris son indépendance en 1948. À l’époque, il s’agissait d’un des pays les plus riches du continent asiatique. Mais la corruption a fait son œuvre et désormais, la Birmanie fait partie des pays les plus pauvres du monde.
En 1962 eut lieu un coup d’état militaire par le général Ne Win, très proche des communistes chinois et soviétiques. Une première grande révolte du peuple eut lieu en 1988 : il était affamé car les généraux avaient augmenté le prix du riz en dévaluant la monnaie… Tout le monde était ruiné. Ces protestations furent durement réprimées et les militaires ouvrirent le feu sur la foule rassemblée pour protester le 8 août 1988.
En 1990, des élections démocratiques furent organisées mais les militaires les annulèrent. Peu avant, en 1989, les Birmans pouvaient voir une vidéo représentant le somptueux mariage organisé pour la fille du général Than Shwe. Des millions furent dépensés alors que le peuple ne vivait qu’avec un dollar par jour. Le comité du développement du Myanmar (autre nom de la Birmanie) vit le jour tandis que la capitale Rangoun était déplacée à Naypyidaw, ville construite à cet effet pour un coût de 300 millions de dollars. L’armée, durant ce temps, avait doublé ses effectifs en dix ans ! Etant donné les déficits accumulés, la junte militaire augmenta les impôts et de multiples PME firent faillite. En septembre 2007, le peuple se souleva entraîné par les moines bouddhistes et par les membres de l’opposition. Des moines furent arrêtés, battus, tués, ainsi que de nombreuses personnes civiles. Internet fut bloqué ainsi que les lignes téléphoniques. À l’époque, Aung San Suu Kyi, était la principale opposante au régime. Elle n’est rien moins que la fille du père de l’indépendance Aung San. En liberté surveillée, elle a obtenu le prix Nobel de la paix en 1991.
En Birmanie, la situation est dramatique sous les yeux de la Communauté Internationale, c’est aussi désormais l’un des premiers pays fournisseurs d’opium et il est considéré comme l’un des pays les plus corrompus du monde par l’organisation Transparency International. Ce pays est aussi considéré par les organisations internationales des droits de l’Homme, comme étant au dernier rang concernant les libertés et les droits de l’Homme. L’armée, omniprésente avec plus de 400 000 hommes, engrange la moitié du PNB du pays. Et malheureusement, le travail forcé est pratiqué et les Bouddhistes semblent bien faibles pour protester.
La France balbutie car les intérêts de Total sont en jeu et l’ONU ne fait rien que protester car la Chine protège la Birmanie qui est un partenaire économique important…