Bonjour mayva,
Ta question est d'importance. Il s'agit là, d'un rapport mère-fille, classique et complexe. Aussi n'est-il pas étonnant que ce soit la mère qui la pose. Cela aurait pu être la fille. Car s'agit aussi d'un rapport femme-femme. Car ta fille est une femme. Et cela il faut que tu l'admettes. Ce sera le premier pas vers la résolution de votre problème.
Car il a problème et difficulté, autant de toi envers ta fille, que de ta fille, envers toi.
D'abord il te faut comprendre le déséquilibrage qu'il y a entre une mère et sa fille.
Dans vos rapports c'est toi qui détiens l'autorité. Cela veut dire que c'est un rapport de force en ta faveur.
C'est toi qui puni. Et elle n'en a pas la réciprocité.
La punition va dans un seul sens, sans que ta fille puisse répliquer au même niveau que le tien.
Donc c'est un rapport de force déséquilibré entre deux femmes.
Comme c'est toi qui manies l'interdit, ta fille se défend de toi, se défend face aux interdictions que tu es seule à imposer. Elle ne peut pas t'en imposer en retour. Tout au moins directement.
Ainsi elle est amenée à utiliser une autre façon de te punir. Comme celle de boire. Car elle sait que tu n'aimes pas ça, car cela te rappelle des souvenirs désagréables.
Aimer ta fille, c'est l'aimer telle qu'elle est et non pas telle que tu voudrais qu'elle soit. Et tenter de la comprendre et non pas lui demander de te comprendre.
Fini la petite enfance où ta fille était docile. Parce que tu n'as plus à faire face à une enfant, mais à une femme. Une femme sexuée comme toi.
C'est donc à une autre réalité que tu dois faire face. Il faut que tu lui permettes d'avoir sa vie, sa vie de femme, pleine et entière.
Cela te renvois à toi-même, à ce que tu es et à ce que tu as été lorsque tu avais le même âge qu'elle.
Tu n'as plus à la protéger, mais au contraire à lui laisser faire ses expériences de la vie.
Bien sûr tu penses (à tort ou à raison) qu'elle s'y prend mal.
Mais elle s'y prend à sa façon à elle, qui, parce que vous êtes différentes et uniques, ne sont pas les tiennes.
Tes façons d'agir, sont les tiennes et tu en subis seule les conséquences. Il faut que les expériences de ta fille soient les siennes, parce que c'est elle seule (en réalité) qui en subira les conséquences.
Je sais ce n'est pas facile. Mais commence à t'oublier, à oublier ce qui te ferait plaisir, à oublier ce qui te contenterait chez elle. Laisses-lui vivre sa vie. Après tout c'est la sienne. Elle lutte pour son autonomie de femme, pour sa vie, pour sa survie, pour être, enfin, maîtresse de son existence d%u2019aujourd%u2019hui et de demain (tu ne seras pas toujours là).
Aimer c'est rendre heureux. Rend la heureuse en lui laissant ses désirs à elle, ses rêves, ses comportements propres.
Elever un enfant, c'est l%u2019amener à être adulte, à être autonome, lui permettre d'être lui et seulement cela.
Ton rôle, c%u2019est d%u2019être là, seulement pour la soutenir et seulement lorsqu%u2019elle te le demandera.
La « soutenir » dans ses épreuves et non la conseiller. Car les conseilleurs ne sont jamais les payeurs.
Elle sait très bien ce qu'elle veut et ce que tu ne veux pas. Les conseils sont superflus, voire nuisibles, à ta fille d'abord, à toi ensuite, aux rapports familiaux enfin.
Je sais que pour toi c'est, peut-être, de l'ordre de l'impossible.
Mais si tu ne peux changer ton rapport à elle, comment veux-tu que ta fille trouve, elle aussi, la force de changer. Ne lui demande pas, ce que tu ne saurais faire.
Cordialement.
Le doute est ma seule certitude