On a souvent dit que l'Europe était un géant économique et un nain politique.
L'idéologie politique n'est pas en cause, les Etats de l'Union Européenne ayant des schémas politiques proches (démocraties libérales), et ayant adopté la même organisation économique (économie de marché).
Théoriquement, rien ne devrait s'opposer à la constitution d'une entité politique de type fédéral ayant le même mode de fonctionnement que ce qui fonctionne déjà dans certains domaines (chaque pays conserve son autonomie, et l'Union gère certaines politiques dans le cadre du principe de subsidiarité)
Un bloc politique Européen s'affirmerait comme un acteur majeur dans le monde.
Cependant, les puissances dominant actuellement la politique et l'économie mondiale ne veulent pas qu'on perturbe leur bel ordre.
Un grand marché sans frontière sans puissance politique constitue en effet un gâteau idéal pour le capitalisme débridé, et une puissance capable de faire plier les grandes puissances d'argent serait nuisible pour ces dernières.
D'où par exemple les efforts faits pour impliquer l'OTAN dans certains conflits, et donc marginaliser les efforts faits en Europe pour constituer une économie et une politique de défense commune. Les USA ou ses alliés et l'OTAN détruisent certains pays puis l'Union Européenne fait les poubelles et tente de reconstruire ensuite à nos frais (exemple d'actualité la Palestine). Ceci est insupportable.
Si une Union politique digne de ce nom, et pas une simple façade, était vraiment souhaitée par nos hommes politiques, pourquoi avoir fait en sorte de faire échouer le référendum constitutionnel, qui marquait quelques avancées quoi que puissent dire les détracteurs inconditionnels et les défenseurs du fameux plan B (B comme bêtise).
On ne peut refuser un progrès même minime au prétexte qu'il ne va pas assez loin, sans risquer l'immobilisme pour le plus grand profit d'un système que l'on rejette à raison.
L'opinion publique se fait manipuler "c'est la faute de l'Europe", "l'Europe nous impose" sont devenus les alibis de l'incompétence et de la médiocrité de nos dirigeants.
Dans un certain sens, le non au référendum a montré que dans certains pays, on ne pouvait pas jouer avec l'opinion sans risque, et qu'une forme de "conscience européenne" était en train de voir le jour.