La séparation de l’Eglise et de l’Etat a débuté sous Louis XVI, bien qu’il y ait eu beaucoup de prémisses auparavant. Déjà, sous Louis XIV et Louis XV, le peuple applaudissait à certains pamphlets décrivant les hommes du culte comme de fieffés voleurs. La Révolution a fait son œuvre et très vite les biens de l’Eglise ainsi que ceux des nobles ont été confisqués. C’est pour cela que de nombreux châteaux ont fini en carrières de pierres ainsi que des églises ou des abbayes. Au début de la Révolution, le catholicisme était toujours religion nationale et la suppression de la dîme suscitait un réel engouement de la part du peuple (la dîme étant un impôt dû à l’église par les fermiers, les artisans et les commerçants).
Mais bien vite, en 1790, l’Eglise va perdre son autonomie avec l’adoption de la Constitution civile du Clergé par l’Assemblée constituante. La légitimité du pouvoir de l’Eglise sera alors contestée haut et fort avec des limitations des diocèses et des terrains lui étant dévolus… L’Eglise ne pourra plus nommer ses serviteurs car ils seront élus de la même manière que seront élus les employés de l’administration. L’appareil ecclésiastique sera foutu et les curés, évêques et autres seront uniquement chargés de fonctions de culte. L’Eglise constitutionnelle sera née. Dès cette époque, la séparation de l’Eglise et de l’Etat est née.
Après arrivera Napoléon, athée, qui va se couronner lui-même face à un Pape complètement démuni et obligé de faire les volontés de l’Empereur des Français. Avec sa chute, reviendront au pouvoir des rois, attachés au culte mais ce sera de courte durée avec la révolution de 1848… Depuis, plus jamais la France ne sera la fille aînée de l’Eglise catholique. Il y aura encore des rebondissements avec Napoléon III mais sans conséquences jusqu’à ce que l’Eglise veuille à nouveau avoir son emprise sur l’éducation des enfants, par l’intermédiaire surtout des Jésuites. Etant donné que nous étions à nouveau en France, en République, pour la troisième fois, les députés élus du peuple, ont voté la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat le 9 décembre 1905 à l’initiative du député socialiste Aristide Briand après 25 ans de débats houleux entre les cléricaux et les partisans de la France républicaine et laïque.
Cette loi, incontournable désormais, a remplacé le concordat de 1801 établi sous Napoléon. Elle interdit à toute religion d’être financée et reconnue par l’Etat qui ne doit, en aucune manière, intervenir dans la sphère religieuse tout en permettant aux religions de s’exprimer librement… D’après cette loi, aucun politicien ne doit faire référence à une croyance religieuse pour justifier une politique… Nicolas Sarkozy a failli transgresser cette loi intangible en comparant en un temps les instituteurs à des curés ou en vantant les mérites de la foi...
Cette loi fait aussi en sorte que tous les bâtiments religieux construits avant 1905 sont la propriété de l’Etat ou des communes, sauf cas particulier, exception faite de l’Alsace-Moselle qui était propriété allemande avant 1905. Les prêtres sont donc payés par l’Etat et les églises ou autres lieux de cultes à la charge de l’Etat également ou des municipalités… Ça ne vous étonnera pas que la cathédrale de Strasbourg soit si belle !!!