On a dit beaucoup de choses sur les Vikings : ils étaient des guerriers venus du froid, sanguinaires, meurtriers, barbares, violeurs, tueurs… Soit des brutes épaisses, sans foi ni loi… Mais la réalité est tout autre car le mythe du viking, blond aux yeux bleus, a été inventé par les Français et les Anglais. Aucun viking ne portait de casque avec des cornes, ni n’avait de drakkar avec une figure de proue effrayante. C’était au contraire, un peuple calme et pacifique, ayant sa propre religion avec ses Dieux, Odin et Thor, sans vouloir pour autant en faire commerce comme d’autres l’avaient fait auparavant ou pendant à l’instar des Catholiques. Ils n’étaient ni féroces, ni envahisseurs mais ils voulurent voir au-delà de leur territoire aride et froid pour s’installer dans des contrées plus sympathiques au niveau du climat. Venant des pays scandinaves et surtout de Norvège, ils ont fait quelques incursions dans l’Europe méridionale pour y trouver leur place entre l’an 800 (Charlemagne) et 1050 environ. Selon le dictionnaire de mythologie et de symbolique nordique et germanique écrit par Robert-Jacques Thibaud, spécialiste de « L’Edda poétique et de l’Edda de Snorri Sturluson », dont j’ai un exemplaire sous les yeux, on peut lire au terme « viking », cette définition : « Navigateur. Viking était le nom des navigateurs scandinaves, la plupart du temps commerçants, et non pas guerriers qui bien souvent n’étaient pas des professionnels et ne passaient parfois que quelques années ou moins sur mer. Les vikings ne furent jamais une civilisation, ni un peuple, ni même une véritable confrérie, telle celle des Berserkir (guerriers de Dieu) ou des ULfhednar (car ce sont bien ces deux là qui faisaient peur !!!). L’état de viking, commerçant, guerrier ou explorateur, était une pratique indispensable de la vie de tout membre de la communauté scandinave. Par les dangers que faisaient courir les voyages dans les mers froides, de nombreuses navigations héroïques sont rapportées dans les sagas nordiques de même que dans les légendes celtes. Le Christianisme reprendra ces récits dans différentes légendes, notamment la navigation de Saint Brandan.
Autrement dit, les légendes des vikings assoiffés de sang ont été émises par des moines cathos influencés par l’Inquisition de l’époque tout comme ils ont été influencés pour réécrire la Bible comme ils le voulaient ou sur ordre…
D’ailleurs, les Vikings n’ont jamais été décrits comme des sanguinaires par les Arabes qui croisaient ces commerçants sur les grands fleuves russes.
Dans les thèses défendues par Snorri Sturluson dans « Histoire des rois de Norvège » (que j’ai également sous les yeux), la découverte de l’Amérique serait due, bien avant Christophe Colomb, au fils d’Eric Le Rouge (appelé comme ça parce qu’il était roux). Erik le Rouge s’appelait en réalité Eirikr Thorvaldson et il vivait en Islande vers 970. Il partit une première fois pour le Groënland mais les premiers colons vikings étaient déjà installés sur place depuis trois siècles. Comme sa femme était Chrétienne, il fit bâtir une égiise bien qu’il fût païen. Son fils, exilé en Islande, Leifr Eirksson explora pour la première fois Terre Neuve au Canada au Xme siècle. Il débarqua probablement dans ce qui est actuellement l’Etat du Maine aux Etats-Unis…
Des tertres vikings ont été découverts sur la côte Est des Etats-Unis, sans que la datation au carbone 14 soit réellement révélée (s’agissait-il de faux, si oui, pourquoi ?). Rien ne dit effectivement que les vikings aient découvert l’Amérique, à part leurs traces évidentes sur Terre-Neuve, mais il semble incongru, étant donné leur profil d’aventuriers, qu’ils n’aient pas poussé plus bas leurs recherches…
En bref, si vous voulez en savoir plus sur les vikings, je vous recommande les lectures suivantes : dictionnaire de mythologie et de symbolique nordique et germanique de Robert-Jacques Thibaud – Contes et légendes des pays celtes de Jean Mackale – et surtout Histoire des rois de Norvège par Snorri Sturluson.