Le Catharisme est un groupe religieux qui s’est développé au Moyen Âge dans les Balkans, en Italie, mais surtout dans le sud de la France (Toulouse, Albi…). Les Cathares se prétendaient les seuls « vrais Chrétiens » à l’époque où l’Eglise Catholique était de plus en plus critiquée pour ses excès en tout genre tandis qu’ils étaient qualifiés d’hérétiques par l’Eglise. Venus d’Italie du Nord, ils s’installèrent au XIIe et XIIIe siècle sur un vaste territoire allant du Rhône à la Garonne. C’est surtout dans le midi toulousain qu’ils recueillirent un grand succès car leur doctrine était simple, tout en étant exigeante. Pour ce faire, ils s’inspirèrent d’un prédicateur perse, Mani, du 2me siècle, doctrine basée sur le Bien et le Mal. De fait, étant persuadés que l’Eglise a trahi sa mission, ils ne reconnaissaient pas le dogme catholique, condamnaient l’Ancien Testament et la théorie de la création du monde terrestre par le Diable. Seuls pour eux était valable le Nouveau Testament qui annonçait le « Royaume de Dieu » par la voix de Jésus-Christ. Cependant, le Christ pour eux, n’était pas Dieu fait homme ni même n’avait de nature humaine, cette nature étant mauvaise. De même, ils pensaient que s’il était Dieu, Jésus-Christ n’aurait pu être crucifié. Jésus-Christ était donc pour eux comme une sorte d’ange sans aspect humain, c’étaient les hommes qui étaient des diables dans une enveloppe charnelle. De fait, les Cathares n’acceptaient qu’un seul sacrement, le « consolamentum » qui, en effaçant les fautes, garantissait la vie éternelle mais il ne pouvait être donné qu’une seule fois. Leurs prédicateurs s’appellaient les « Bonshommes et les Bonnes Femmes ».
À l’opposé les curés menaient une vie de luxure tout en exigeant des villageois une vie irréprochable tandis que les prédicateurs cathares, s’ils étaient austères, étaient volontiers compréhensifs envers les fidèles ayant commis des écarts de conduite. Ils vivaient de manière chaste en ne mangeant pas de viande pour respecter le commandement « Tu ne tueras point ».
Une telle religion attira de nombreux adeptes et se diffusa jusque dans les classes supérieures de la société.
En 1179, l’Eglise commença à s’inquiéter du poids de cette nouvelle religion et tenta de raisonner les seigneurs du coin mais en vain. Le futur Saint Dominique fit de même mais sans succès (à l’initiative de l’ordre des Dominicains). Le Catharisme commença à devenir une vraie religion avec quatre évêchés (Albi, Agen, Toulouse, Carcassonne).
Une croisade débuta avec la bénédiction du Pape Innocent III tandis que le roi Philippe Auguste ne voulut pas recourir à la force sur des gens qui étaient ses sujets. Pourtant, certains de ses seigneurs participèrent à la croisade sous le commandement de l’abbé Arnaud-Amalric, chef de l’ordre de Cîteaux. La population de Béziers fut massacrée en juillet 1209, celle de Carcassonne chassée. Puis Simon de Montfort prit les commandes de la croisade contre les Albigeois… Les seigneurs cathares dépossédés de leurs terres vont faire de la résistance. Ce ne sera que bûchers, pendaisons en masse et massacres. Les terres du Comte de Toulouse seront données au plus offrant ce que va contester Pierre II d’Aragon qui va aider le Comte… Finalement le roi de France va prendre parti lui aussi (d’abord Philippe Auguste puis Louis VIII) contre les Cathares. Saint Louis fera un traité de paix avec les Toulousains…
Puis ce sera l’Inquisition installée par le pape Grégoire IX en 1233 pour punir les hérétiques : menaces, tortures, délations, aveux forcés, etc.
Il y aura encore un ultime soulèvement des Cathares en 1242 à Avignonnet et le dernier château cathare, la citadelle de Montségur, fut prise avec 200 personnes brûlées. C’est à partir de là que la religion cathare va s’amenuiser peu à peu au bout de 50 ans.
Depuis, de nombreux bouquins ont été écrits sur le sujet et l’on peut encore admirer quelques magnifiques lieux touristiques qui témoignent de l’influence cathare à cette époque dans la région (Peyrepertuse, Quéribus, Montségur, PuyLaurens, etc.).