Rah, j'adore le juif errant que l'on nous à présenté à l'instant. Je l'imagine déjà, traînant sa carcasse usée sur une route perpétuelle, toujours seul, sans espoir de mort ni de sommeil. Traversant nos temps, nos villes et nos vies, comme un fantôme, une carapace morte, ne vivant qu'en surface, torturé sans cesse par des plaisirs à jamais interdit pour lui. Traînant inlassablement le boulet de sa malédiction, mangeant sans faim, buvant sans soif. Je le vois, ivre de rage, rejetant au loin un fruit pourri, succulent en main, mais se dénaturant de plus en plus à l'approche de sa bouche maudite. Condamné à mâcher du sable, toujours à jamais. Pauvre hère, usant sans cesse ses pauvres souvenirs, faute de ne pouvoir s'en faire de nouveaux, nourrissant ses pauvres regrets, pensant avec amertume à Pilate en enfer. Ha, la superbe créature !!!
Rah !!! je l'imagine avec délectation, une longue robe de bure noire, trouée de toute part percluse de poussière, droite de crasse. Avec une ample capuche, pour dissimuler son long visage osseux ,tanné par les soleils du monde. Avec dans ses yeux, fiévreux, terribles, un reflet, l'image de son crime le dénonçant a ses pairs, anonyme connu, proie de tous les injures, de tous les coups, livré en pâture à la foule imbécile. Les pieds en sang, lamentables, vivant témoignages de la cruauté de dieu. Rah, je l'imagine, la volonté toujours ferme, dressant son poing à la face de dieu. Rah, je t'aime moi juif errant.
comme ils sont heureux, comme ils
sont heureux tous ceux qui ne sont pas moi, tous ceux qui ne sont pas rongés par les dévorantes inquiétudes des rêves impossibles !