Le gouvernement slovaque a enclenché la relance d'un réacteur nucléaire récemment arrêté pour des raisons de sécurité sur demande de Bruxelles, en violant ainsi ses engagements européens pour éviter un possible "blackout" énergétique dans le pays. "Nous affrontons un blackout aussi nous devons agir vite", fait valoir le Premier ministre Robert Fico samedi soir. Son gouvernement "pren[d] ses responsabilités" et reviendr[a] en arrière "une fois que la situation ser[a] stabilisée".
Le plutôt vétuste réacteur nucléaire soviétique de type VVER-440/230 de la centrale de Jaslovske Bohunice (ouest) a été arrêté le 31 décembre dernier, conformément aux engagements pris par l'ex-pays communiste avant son intégration à l'Union européenne en 2004.
A Bruxelles, la commission européenne estime dimanche qu'il n'y a "aucune base légale" pour cette réouverture tout en reconnaissant que la Slovaquie a un "réel problème" de pénurie de gaz. "Si le gouvernement slovaque rouvrait finalement la centrale ce serait une violation claire des traités" européens signés par Bratislava, a prévenu Nathalie Charbonneau, une porte-parole de la Commission européenne avant l'annonce de la Slovaquie. Cette semaine, le président de la Commission européenne Jose Manuel Barroso avait lui aussi appelé les pays européens à "respecter leurs engagements", en réaction à ce projet.
De son côté le Premier ministre tchèque Mirek Topolanek qui assume pour six mois la présidence tournante de l'UE s'est refusé à toute critique, en soulignant le retard dans la mise en place d'une politique européenne de sécurité énergétique. "Je le vois plutôt comme une démonstration de leur volonté de gérer un problème que l'Union européenne ne peut résoudre pour la Slovaquie", à savoir, "une menace de blackout", explique-t-il dimanche.
Absence d'une enceinte de confinement du réacteur
La Slovaquie qui dépend à plus de 98 % des importations de pétrole et de gaz russes qui transitent via l'Ukraine voisine, a déclaré mardi un état d'urgence énergétique pour économiser ses réserves, estimées à une demi-douzaine de jours. Du fait des restrictions, les grandes entreprises locales, comme les constructeurs automobiles français PSA et sud-coréen Kia Motors, ont arrêté leur production. Les autorités slovaques redoutent que la chute de pression dans le réseau devienne telle que l'approvisionnement des ménages dans l'Est de la Slovaquie ne soit plus possible, alors que le pays connait un hiver rigoureux.
Pour l'instant, le gouvernement slovaque est resté muet après l'annonce qu'un accord avec la Russie et l'Ukraine allait permettre de restaurer le flux de gaz vers l'Europe. Il faut trois jours pour que le gaz russe arrive à la frontière de la Slovaquie, mais six jours pour enclencher le réacteur de Jaslovske Bohunice. L'unité sera relancée le temps "nécessaire", jusqu'à stabilisation "absolue" du marché du gaz et du système électro-énergétique, jusqu'au remplissement "total" des réservoirs de gaz", a avertit Robert Fico samedi. Ces derniers mois, le Premier ministre de gauche n'a cessé de critiquer la fermeture du réacteur qui selon lui "remplit tous les critères" de sécurité et dont l'arrêt est purement "politique" selon lui.
Avant 2004, l'Union européenne avait conditionné la demande d'adhésion des pays de l'Est à une mise en conformité de leur nucléaire civil. Les évaluations menées à l'époque par des experts européens avaient conclu que les réacteurs de type RBMK (type Tchernobyl) et VVER-440/230 ne pouvaient être modernisés sur la base de normes de sûreté acceptables et devaient être fermés. Par rapport aux standards occidentaux, les VVER sont jugés déficients notamment en raison de l'absence d'une enceinte de confinement du réacteur et des lacunes du système de refroidissement d'urgence. La Bulgarie qui disposait de quatre réacteurs de ce type les a fermés en 2002 et 2006 avant d'intégrer l'UE. La Lituanie s'est engagée à fermer fin 2009 sa centrale d'Ignalina de type Tchernobyl (RBMK).
Plus de gaz,mais une belle explosion en vue!
Le capitalisme,c'est l'exploitation de l'Homme par l'Homme.Le communisme,c'est l'inverse.