Je ne sais pas qui tu es lucius, mais tu ne fais pas avancer le débat avec une exemple ridicules -même s'ils sont vrais- (bah oui, il y a des cons partout, même à HEC, même à l`ESSEC, et accroche toi...même à l'X: révélation!), ou des théories navrantes (oui, ça fait 100 ans que le concours HEC est en fait un tirage au sort, et ce secret est gardé par les membres du Prieuré de Sion aujourd'hui présidé par... Nicolas Sarkozy, si si je vous l'assure!), pas plus qu'en étant agressif ou méprisant. Oui, ce qui est rare et considéré de qualité est cher: c'est un marché . C'est la raison pour laquelle -désolé de te l'annoncer- les 5 premières écoles d'ingé gagnent plus que les HEC à la sortie, et que ça te plaise ou non, ton salaire sera comparable, avec un certain nombre de doctorats. Enfin, je te rappelle que comme il a été dit plus haut, les véritables salaires à la sortie pour les étudiants d'HEC sont de 36 à 41K€/an.
Je ne perdrai donc pas plus de temps avec tes attaques puériles.
Bonjour Cochine,
Tout d'abord, laisse moi te dire que ça fait plaisir d'avoir un vrai débat. En lisant cette page internet, j'ai un peu hésité à intervenir, par peur d'y être réduit à une joute de mauvais esprit et de discours grandiloquents en citant le plus de sociologues et philosophes possible pour enfoncer des portes ouvertes et imposer ses clichés ou banalités.
Je suis content que nous tombions plus ou moins d'accord sur certains points. Cela-dit, je ne parle que pour moi, donc tu peux me tutoyer. Concernant les autres point maintenant.
1) Limitation des revenus salariaux:
Tu différencie, à raison, les revenus totaux et salariaux. J'imagine que tu entends par revenu totaux, les revenus du travail et du capital. Dans ce cas, il faudrait différencier, au sein du revenu du travail, les revenus salariaux (salaires) des revenus réels. Car certes, les revenus salariaux des cadres dirigeants peut être très élevée, mais rarement scandaleux. Rare sont les salaires extravagants totalement injustifiés, et si tu souhaites les limiter, alors tu devra faire de même avec les artistes et sportifs. Et admettons que tu y arrives, ça ne servira strictement à rien contre les dirigeants, qui gonfleront d'autant leurs revenus réels.
On ne peux limiter les revenus du capital, j'espère que tu es d'accord là-dessus. Cela reviendrait à annoncer purement et simplement le retour (ou plutôt l'arrivée) au communisme. Or même si j'ai de l'estime pour le marxisme d'origine, et que j'admire un certain nombre de principes communistes, c'est d'après moi un système in fine inadapté à l'homme, et inadaptable. Je ferme la parenthèse, mais le communisme est un sujet passionnant qui mériterait un autre débat.
Bref, puisqu'on ne peut limiter le revenu du capital (plus que ne le fait déjà l'ISF, encore un autre sujet intéressant) et que limiter les salaires ne changera rien au bout du compte, il faut s'attaquer aux autres sources du revenu du travail (termes inexacte mais facilitant la réflexion).
Quelles sont ces autres sources? Eh bien les avantages en nature, les bonus, les stock options et les parachutes dorés dont on parle tant etc.
- Les avantages en natures et revenus secondaires (voitures de fonction etc.) pourraient éventuellement être limités... je n'y ai jamais vraiment pensé mais ne trouve pas cela a priori très pertinent. D'autant que la fiscalité représente déjà une limite de fait à ces avantages.
- Les bonus et les stocks options? Quels sont leurs objectifs? Les premiers servent tout simplement de carotte aux employés. Les seconds remplissent également une fonction supplémentaire: rapprocher les objectifs du manager (DG) à ceux des propriétaires (actionnaires). Je ne crois pas que la solution soit ici de les limiter (de toute façon ils sont décidés en AG) mais au contraire de les développer au sein de toute l'entreprise et du plus de salariés possible, pour les faire participer au destin de leur entreprise. Et je parle ici plus largement des actions de la société, pas simplement des stock options. Ce train-là est déjà en marche, mais peine encore à prendre de la vitesse. Pourtant, je crois qu'il est sur la bonne voie.
- Nous arrivons donc à ces fameux parachutes dorés, qui sont tout à fait scandaleux. Je ne vais pas m'étendre sur ce sujet, car je ne ferais que prêcher des convertis. Là, il n'y a même pas de débat pour moi, la régulation (limitation, interdiction!) est indispensable.
2) Régulation
Je ne m'étendrai pas non plus sur ce point, étant tout à fait d'accord avec toi. La responsabilisation de l'entreprise, la régulation du système financier (banques, assurances, HF, paradis fiscaux etc). Le seul problème est que cette refonte appelle à des réformes globales, et non simplement nationales. Ce sera donc tout l'objet du G20, que je ne suis qu'en décalé, me trouvent en ce moment à Sydney.
3) Eclairages:
Concernant ton paragraphe: "Quand à la méritocratie dont le marché du travail justifie à vos yeux l'augmentation des salaires..." Attention! j'ai bien expliqué que cette méritocratie était très limitée, et qu'elle ne justifiait qu'en partie des salaires élevés. Et quand je dis élevé, je parle de ceux dont j'ai parlé au début de cette réponse.
Ensuite, je suis assez intéressé (sans sarcasme) par ton moyen de permettre d'avoir les meilleurs potentiels sans dépenser plus. Cela m'est, comme tu dis, difficile à envisager (je ne dirais pas impossible, je suis ouvert à d'éventuelles précisions). Si ta solution est de limiter les salaires à l'entrée du marché du travail, la concurrence entre les employeur à la recherche du même profil existant toujours, ils seront obligé de trouver un autre moyen d'attirer leurs diplômés (revenus secondaires, divers avantages etc.), et le problème sera le même. Je ne vois vraiment que des solutions en amont, et j'en arrive à mon dernier point.
4) Communication:
Je reviens donc rapidement sur le sujet qui fait l'objet de ton dernier paragraphe. Dis-moi si je me trompe, mais je crois qu'il y a un léger qui pro quo dans l'air. Qu'entends-tu par "communication d'explication"? quand je parlais de communication, ce n'était pas dans le cadre du débat sur les salaires, mais bien dans celui de la méritocratie, de l'entrée en prépas et des grandes écoles. Je pensais alors à tous ces étudiants brillants qui, de par leur origine, considèrent le monde des grandes écoles comme étant inaccessible. S'il n'y a personne autour d'eux pour en parler, pour leur dire que c'est à leur portée, voir pour les pousser, rare sont ceux qui s'y dirigerons d'eux-mêmes.
Ce qui explique qu'il y a beaucoup plus de fils de profs ou de fils de cadres dans les grandes écoles que de fils d'ouvriers est bien moins le capital financier que ce véritable capital social que représente l'information et la motivation! Là où les parents et l'entourage de l'enfant de peuvent remplir ce rôle, l'Etat, notamment par la communication dans les écoles, doit s'en charger. C'est par cela que j'entends la communication. Le manque de com et de motivation est (toujours d'après moi) un des freins majeurs à l'accès de certaines classes aux grandes écoles.
Je ne vois donc ici aucun "cautère", mais juste un moyen de palier la viscosité sociale, en amont. Et sur ce point précis je ne crois franchement pas délirer.
A bientôt.