Comment convaincre ses parents d'aller en L ?



hepburn
Cette question a été posée par Hepburn, le 24/10/2014 à à 22h29.  *  Alerter les modérateurs
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 Hepburn a écrit [24/10/2014 - 22h30 - Avis,définition, témoignages et conseils sur le guide du savoir Web Libre.org]  
Hepburn

Bonjour à tous. Je suis actuellement en seconde dans un très bon lycée de Paris et je souhaiterais aller en première L l'année prochaine. Le hic c'est que mes parents sont tous simplement contre et me sortent les arguments de base : "Il n'y a pas d'avenir", "ce n'est pas pour toi"... Le problème c'est que je sais que c'est ce que je veux faire et pas autre chose ; que c'est dans cette filière que je vais m'épanouir et pas autre part ; que par rapport à mes centres d'intérêt (le théâtre, la lecture et l'écriture) c'est ce qui correspond le plus. Mais ils ne le veulent pas. Je ne sais pas comment faire pour les faire changer d'avis. Pouvez-vous m'aider s'il vous plaît ? Franchement cette histoire m'atteint beaucoup et à chaque "conversation" (ou plutôt monologue de leur part) j'ai l'impression qu'ils me brisent mon rêve et j'en pleure.

Et je veux être comédienne plus tard et ça non plus mes parents ne l'acceptent pas. Alors vraiment je vous en prie aidez moi !




 carter a écrit [25/10/2014 - 16h03 - Avis,définition, témoignages et conseils sur le guide du savoir Web Libre.org]  
carter

Déjà que faire des études, c’est difficile car actuellement, tout le monde en fait et par conséquent, les places sont de plus en plus rares au niveau des masters et doctorats ; alors, si en plus, il faut que tu te tapes des études qui ne te plaisent guère, c’est la voie assurée vers l’échec professionnel, n’en déplaise à tes parents…

Tes parents ont bel et bel tort et cela, pour de multiples raisons :


a)Sur les débouchés :

-Primo, les études de lettres offrent de nombreux débouchés « basiques » pour peu qu’on les connaisse : d’abord, l’éducation nationale réclament toujours des profs de lettres (de sorte qu’au dernier concours en date, on prenait à 8 de moyenne générale ! C’est dire la demande ! Il est vrai que Hollande en avait fait la promesse d’en augmenter le nombre…). Et à la rigueur, même sans concours, un licencié de lettres peut être embauché pour des remplacements de profs pour peu qu’il en fasse la demande au Rectorat de son académie. Bref, prof de lettres, ça marche toujours…

-Secundo, les entreprises ne rechignent pas à embaucher des littéraires, en particulier dans les jobs de la com’ (surtout interne d’ailleurs) car ils savent rédiger ; et Dieu sait comme elles craignent les mails et lettres truffées de fautes de leurs salariés, ce qui laisse une mauvaise image de l’entreprise auprès de leur clientèle (de nombreux consultants produisent de la formation rédactionnelle pour les salariés afin de préserver l’image de l’entreprise ; et ils se remplissent les poches avec ! Un littéraire peut donc créer sa boite de consulting auprès des entreprises pour améliorer leur qualité rédactionnelle…).

-Tertio, les entreprises estiment que les littéraires, de par leur maitrise du langage, peuvent être polyvalents et elles sont prêtent à leur donner leur chance pour des postes dont ils se sont pas forcement formés : un commercial qui a fait des études de lettres plait car on lui « prête» naturellement une certaine capacité de négociation ; et comme le commercial représente l’entreprise, un lettré apparait vite comme un représentant de luxe (de toute façon, les techniques de vente s’apprennent vite ; pas la culture !). Ainsi, il n’est pas rare d’embaucher des diplômés de lettres ou de philo que l’on formera sur le tard aux métiers des consultants, managers ou commerciaux (j’en avais connu un à Capgemini, une grosse boite de consultants à Paris)

-Enfin, Les lettres peuvent également être une filière prestigieuse via Science Po hypokhâgne et khâgne ; débouchant vers les hautes sphères de la fonction publique. Donc on ne peut que sourire en entendant tes parents prétendre que les lettres ne sont pas une filière d’exception…


b) Sur ton orientation :

Tes parents ont tort car seul toi sais ce qui est bon pour toi. Un proverbe africain dit : « ce que tu fais pour moi sans moi est contre moi ».
N’écoute donc pas tes parents ! Ils ne travaillent pas à ta place et ce n’est pas eux qui se taperont les années d’études pour obtenir un doctorat (vu le chômage actuel, il faut viser les plus hauts diplômes pour avoir une sécurité de l’emploi).

Ce n’est pas eux qui apprendront par cœur des tonnes de pages, qui angoisseront la veille des examens, qui sacrifieront des nuits entières à écrire des mémoires, qui subiront l’enfer administratif des facs (tu comprendras plus tard…), qui s’humilieront à lécher le cul des profs pour obtenir le meilleur stage, qui redoubleront si cela arrive, qui bûcheront dix heures d’affilés par jour pendant trois semaines pour réussir un exams…

Bref, ce n’est pas eux qui feront le boulot mais exclusivement toi ! Et toi seulement !


Quant à l’argument qu’ils ont de l’argent et peuvent te payer des filières plus prestigieuses, la belle affaire ! Les études en France sont quasi gratuites et entre :
-un étudiant dont papa paye les études mais qui ne les aime pas ;
- et un étudiant qui travaille à coté pour payer ses études mais qui adore la filière qu’il a choisi…

Celui qui réussira n’est pas forcément celui qu’on croit ! Pour la simple raison que les études universitaires demandent beaucoup d’engagement, de travail et d’efforts. Parce qu’il fait ce qu’il aime, le deuxième étudiant aura l’impression de moins travailler et pourra emmagasiner plus d’informations avec moins d’effort, lui permettant de travailler à coté pour gagner quelques deniers…Tandis que le premier peinera à se motiver, souffrira à apprendre durant de longues heures et chaque effort lui paraitra insupportable…

Bref, entre la passion et les moyens, la passion l’emporte souvent car elle sait se donner les moyens…


Bref, tes parents n’ont pas à décider à ta place ! C’est ta peau, ta vie, ton œuvre. Pour réussir ta vie, tu dois, comme disent les anglais réunir « vocation and vacation ». « Rien ne se fait sans passion » comme disait Hegel.
Il faut donc que tu cherches un métier ou tu peux t’épanouir parce que tu aimes ce que tu fais. Actuellement, beaucoup de salariés souffrent de « burnout » et d’autres formes de souffrances au travail qui les handicapent. Les psychologues se sont aperçus que l’une des raisons de ces souffrances est que les gens ne font malheureusement pas des métiers qu’ils aiment.
Ils font alors un tel effort cognitif pour se fondre dans des métiers qui ne correspondent pas à leur personnalité qu’ils y bousillent toute leur énergie mentale afin de s’y adapter…

Bref, contrairement à une idée reçue, on ne choisit pas son métier : c’est le métier qui vous choisit. Car on ne choisit pas ses valeurs tout simplement. Victor Hugo s’épanouit dans la littérature mais il serait devenu cinglé s’il on l’avait mis dans un poste d’ingénieur en bâtiment et travaux public.
Dit autrement, un oiseau est fait pour être dans le ciel et un poisson dans l’eau, et non l’inverse. Tu ne choisis pas ton métier ca tu n’as pas choisi ni tes talents, ni tes facilités, ni tes passions, ni tes valeurs tout simplement !

Les anglais disent qu’il faut lier « vocation and vacation ». Vocation : c’est-à-dire choisir un métier qui corresponde à vos valeurs, passions et talents (la Nature fait bien les choses : on aime généralement les choses pour lesquels on a du talent ! Si tel n’est pas le cas, c’est que vous subissez la propagande parentale…)

Vacation : c’est la place, le poste qui permet de gagner sa vie. Or, les études de lettres ont de vrais débouchés ! Dans le pire des cas, tu pourrais toujours devenir un obscur professeur de collèges !

En France, les parents aiment bien décider pour leurs enfants de leur avenir.
Malheureusement, cela produit de nombreux échecs scolaires car tout simplement, ils oublient qu’on ne décrète pas un métier pour quelqu’un sans en connaitre ses forces et ses faiblesses.
Si vous mettez un littéraire dans une voie matheuse, c’est l’échec assuré :

-non pas que le littéraire ne soit pas matheux (les études sur l’intelligence montrent que ceux qui sont doués en lettres sont aussi doués en maths car pour comprendre les maths, encore faut-il comprendre l’énoncé ! Soit maitriser le français ! )

-mais parce qu’il y’a d’autres critères à prendre en compte comme la passion, l’intérêt, les valeurs et les rêves des élèves pour bien les orienter professionnellement. Ce qu’il faut savoir, c’est que tes études t’engageront toute ta vie ! Difficile de reprendre ses études à 35 ans quand on s’est planté d’orientation.

Bref, il faut absolument faire le bon choix, le juste choix car les conséquences seront longues à réparer… 5 années d’études, c’est difficile…Alors, si c’est pour s’apercevoir qu’on s’est planté et qu’il faut tout recommencer!
Combien en ai-je vu des étudiants sur le tard, vers 40 ans, reprenant leurs études parce que ce qu’ils ont fait jusqu’à présent ne leur plaisait pas…Combien en ai-je vu qui ont fait des dépressions parce que le poste qu’ils occupaient ne leur convenait pas

C) Comment agir face aux parents ?

Bref, ne te laisse pas faire.
On convainc mieux lorsqu’on a des arguments précis et des objectifs clairement établis.
Dire « je veux écrire » est trop vague et ça angoisse papa et maman. Dire « je veux écrire des synopsis pour les séries de TF1 où l’on gagne 30 000 euros par script. Et pour cela, je veux entrer après un master de lettres à la Fermis pour être reconnus de mes pairs» …ben, ça passe mieux car ça sous-entend que tu as défriché le chemin vers ton destin…

Conclusion : Renseigne-toi dans les moindres détails sur ta voie idéale pour contrecarrer les arguments de tes parents.
Tu peux aller voir un conseiller d’orientation pour mieux te renseigner. Plus tu seras précis dans tes objectifs et plus tu impressionneras tes parents. Ils te laisseront faire si tu montres que tu as bien planifié ton avenir professionnel.

Apprends à connaitre le métier en question…
Tu veux écrire ?
Montre que les métiers de l’écriture, tu les connais. Il y’a tellement de livres sur ces métiers ! Connait ces livres : « la dramaturgie » d’Yves Lavandier, « Story » de Mckay, « écrire pour le cinéma et la télévision » d’olivier Cotte. Connais tu les éditions Dixit qui ont de nombreux ouvrages sur la question ? Ça, c’est pour le cinéma.

Pour le roman, connais-tu « le travail du romancier » de Oakley Hall, « le travail du style littéraire » de Louis Timbal-Duclaux. Pour le journalisme, connais-tu le livre « journalisme narratif en pratique » de Lallemand ? Etc.




"Ne prenez pas la vie trop au sérieux. De toute façon,vous n'en ressortirez pas vivant!"


 betinaweb a écrit [29/10/2014 - 23h23 ]  
betinaweb

Les parents qui choisissent les filières de leurs enfants pour leur soi-disant avenir sont sûrs d'avoir des enfants malheureux et peu enclin à étudier.

Beaucoup de parents ne voient que par la filière S considérée comme la voie royale.Mais tout le monde ne peut y accéder.

J'ai une fille qui a choisi L et qui savait ce qu'elle voulait faire,après un master d'histoire avec une année de muséologie,elle est aujourd'hui très heureuse dans son travail.Son but n'était pas de gagner beaucoup d'argent mais de s'épanouir dans ce qu'elle ferait.

Les conseils de Carter sont très pertinents,donne des arguments à tes parents et parle leur de ton épanouissement.Je te souhaite bon courage.




"La connerie,c'est la décontraction de l'intelligence" Serge Gainsbourg.


 Hepburn a écrit [08/11/2014 - 20h13 ]  
Hepburn

Bonjour carter et betinaweb. Un grand merci pour vos réponses à tous les deux. Elles m'ont été d'une grande utilité et je suis entrain de me construire une sorte de dossier pour convaincre mes parents.
Je me suis bien plus renseignée que la dernière fois et en plus d'un bac L, je souhaiterais étudier les lettres modernes à l'université de la Sorbonne et me tourner vers le journalisme et le théâtre et pourquoi pas l'édition ? C'est vrai que je ne m'y suis jamais intéressée et je reconnais mon erreur.
Auriez-vous des conseils en plus ? La moindre chose me serait utile.
Merci encore, ça m'a vraiment fait plaisir de recevoir ses réponses et de voir que je n'étais pas la seule à penser que d'empêcher ses enfants d'étudier ce qu'ils veulent c'est les gâcher, même pour leur bien.
Alors encore un grand merci,

Hepburn




 carter a écrit [04/02/2017 - 23h17 ]  
carter

C'est fou comme j'avais des choses à dire à cette époque là!
Deux ans de taf laborieux, et je me sens incapable de la moindre pensée constructive!
Y'a pas à dire: le travail rend con!
Faut que je me remette à la lecture, tiens! DES TONNES DE LIVRES! Que je me gave de livres! Et vite!




"Ne prenez pas la vie trop au sérieux. De toute façon,vous n'en ressortirez pas vivant!"


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