Bac ST2S ou ES pour aller en Psycho ?



clopett15
Cette question a été posée par Clopett15, le 30/03/2013 à à 17h01.  *  Alerter les modérateurs
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 Clopett15 a écrit [30/03/2013 - 17h01 - Avis,définition, témoignages et conseils sur le guide du savoir Web Libre.org]  
Clopett15

bonjour je suis en 2nd et je veux aller en fac psycho mais je sais pas par quel bac passer. Soit je fais un bac ES mais faible soit un bac ST2S et je sais pas du tout. La jai 11,5 de moyenne vous en pensez quoi svp ? Quel bac est le plus intéressant ? Merci d'avance.




 carter a écrit [30/03/2013 - 20h05 - Avis,définition, témoignages et conseils sur le guide du savoir Web Libre.org]  
carter

Fais le bac qui te plait. Pour être diplômé en psychologie, je peux te dire qu’on peut le faire avec n’importe quel bac du moment que l’on sait rédiger correctement (et encore ! J’en ai aidé quelques une à rédiger leurs mémoires tellement ils étaient truffés de tournures de phrases incorrectes. Si t’es naze en rédaction, soit intelligente : prends un petit copain qui rédige bien)…

Si tu optes pour une filière au bac scientifique, c’est encore mieux pour réussir dans cette discipline-surtout s’il l’on souhaite faire de la recherche ; car il ne fait pas craindre les chiffres. Il faut en effet acquérir une bonne maitrise des statistiques. Mais c’est très abordable, même pour un esprit littéraire (on te demande de comprendre « l’esprit » des statistiques plutôt que la « lettre » ; cette dernière, on la laisse volontiers aux mathématiciens purs…) Mais hélas, de nombreux psychologues obtiennent leur diplôme malgré une maitrise insuffisante des stats (le coefficient est faible) ; d’où le nombre effroyable de conneries qui sortent de leur bouche et une absence d’esprit critique de leur part ; absence qui peut se terminer par le sourire méprisant des médecins dans le service hospitalier dans lequel ils travaillent lorsque ces derniers (je parle des toubibs) entendent certaines âneries qui sortent de la bouche de ces psys ..
D’ou également la domination encore prégnante de la psychanalyse dans notre beau pays –exception typiquement française que nous partageons avec l’Argentine- puisque cette école ne réclame aucune maitrise de ces affreuses mathématiques austères (Dévoilons une vérité cachée : de nombreux psychologues s’orientent vers l’école psychanalytique par peur d’affronter ces maudites statistiques…)

Toutefois, je vais déballer la vérité afin que tu saches vers quoi tu t’orientes. Donc, ne viens pas dire ensuite que l’on ne t’avait pas prévenu !

La psychologie, c’est une filière assez encombrée. Bouchée quoi ! En master, par exemple, tu devras te bagarrer pour trouver des stages. Beaucoup de demandes et peu de places…Donc, sans piston, sans cooptation ou sympathie des profs, tu vas devoir taffer dur juste pour trouver un stage…

Saches qu’il faut s’y prendre -si l’on ne bénéficie pas de cooptation ou autres formes de connaissances privilégiées- UN AN A L’AVANCE pour faire une demande de stage ! De nombreux étudiants repiquent leur première année de master ; tout simplement parce qu’ils s’y sont pris à la dernière minute pour trouver leur stage (soit durant les grandes vacances ! C’est dire comme ils sont fainéants !) Mais ce n’est pas infaisable ; je tiens à le préciser. C’est juste que cet aspect des choses est souvent méconnu et peut vous faire perdre une année…

Le hic est que la qualité du stage est essentielle si tu veux entrer en master 2. Car la sélection en psycho se fait à l’entrée du master 2. Il faut 12 de moyenne générale (rassure- toi : c’est assez facile car la psycho est une discipline tellement passionnante que l’on s’investit facilement dedans… Donc on obtient tous la mention AB minimum. Au-dessous, vous avez soit des problèmes de motivation, soit des problèmes de rédaction ; ce qui est curieusement assez fréquent (mais le niveau monte, n’est-ce pas ?) …)

Donc la sélection se fait plutôt sur la qualité des stages et sur leur nombre. Bref, cet aspect doit être travaillé au petit oignon par l’étudiant qui souhaite finir son cursus ; au risque de se retrouver avec quatre années perdues en fac...

Une astuce : lécher le cul des profs, s’intéresser à leurs recherches (tu les as toutes lues par exemple) et proposer de les continuer en faisant des développements dessus. Certes, c’est eux qui seront crédités dans les publications universitaires de tes travaux (bien que certaines sont cleans et daignent te signaler comme co-chercheur ; mais ils n’y sont pas obligés : le directeur de recherche est le seul maitre à bord) mais ils vous payeront bien en retour : par des stages de bonnes qualités et une entrée privilégiée au master 2…

Contrairement à ce que font de nombreux étudiants qui choisissent de réaliser des protocoles expérimentaux dans ce qui les attirent ; faites justement l’inverse : collez-vous sur les travaux du prof qui a le plus d’autorité et de charisme pour imposer votre candidature au master 2…Attention : il en va des profs comme des amants : certains sont de mauvais coups ! ils demanderont un taf énorme pour continuer leurs propres recherches mais ne vous rendront pas la pareille ; car ils n’ont tout simplement aucune autorité pour assoir votre candidature…A vous de déceler le bon parti..

Rappel : pour 14 places en master 2 ; il y’a 100 ou 200 candidatures (je ne m’en rappelle plus). Bref, une mention ; c’est le minimum…mais tout le monde l’a ! Un 15/20 au mémoire pour se hisser au-dessus de la masse ? Sauf erreur de stats et écriture illisible, vous devriez l’avoir facilement (car si c’est votre recherche qui est jugée peu pertinente ; cela est impossible puisque ce sont ces mêmes profs qui ont validé votre projet de recherche) …Bref : les stages vont jouer sacrément !

Bravo. Tu entres en master 2 grâce au conseil du perfide Carter (certaines m’ont sacrement remercié de ces conseils que j’ose enfin dévoiler sur le Net à n’importe quel quidam). Là, en master 2 ; tu te lâches : tu peux enfin mettre en place un protocole de recherche qui te tient à cœur. Le master 2 est donné : fini le stress ! On travaille beaucoup pour justifier que l’on ne l’a pas eu gratuitement mais on sait tous que tout le monde l’aura !

Te voilà diplômé…A toi enfin la belle vie ?
Pas vraiment… car c’est maintenant que tu entres dans l’enfer de Dante :
-« Toi qui entre en ces lieux ; abandonne tout espoir »…

Pourquoi ?:

-primo, les jobs de psys ; il n’en a pas beaucoup…. Amuse -toi à faire une recherche d’emploi de psys sur un moteur de recherche d’emploi comme Keljob par exemple… Grosso modo, tu tournes à 4 offres/mois de psys qui apparaissent sur les moteurs de recherches d’emploi. De quoi passer une année entière (pour les plus chanceux) à chercher un job… Sur certains moteurs, il semble y en avoir beaucoup plus mais c’est un artéfact car :

-la loi vous oblige à publier une offre d’emploi pour tout service public. Or ce service sait déjà à qui il va donner le poste car, dans ce milieu, la cooptation règne (chez ceux qui juge du normal/ pathologie ; on s’encule entre soi). Vous répondez donc avec toute l’attention et la bonne volonté du parfait puceau/pucelle qui a bien rédigé sa lettre de motivation pendant trois jours à une vraie-fausse demande d’emploi tout en ignorant qu’on la jettera à la corbeille dès sa réception…

-Certains sont réservés à des psychologues ayant obtenu le statut de fonctionnaire en ayant passé le concours de psychologue d’Etat. Comment le passe-t-on ? En externe, tu n’as aucune chance et en interne, c’est facile. Retour à la case départ : pour être psychologue d’Etat, il faut déjà être dans la place (concours tous les 4/ 5 ans quand même ! T’as le temps de mourir sous un pont). Toutefois, psychologue d’Etat est très très bien payé !


-secundo ; ce sont souvent des temps partiels dans lequel tu gagnes 700 euros/ mois. T’arrive à vivre avec 700 euros/mois ???
Aussi, il ne faut pas s’étonner que les femmes psys sortent avec de bons partis (quoique, la filière psychologie brassant des enfants de CSP intermédiaire ; un bon parti ; c’est souvent le maçon ou le pâtissier du coin…) car ce sont souvent leurs mecs qui les permettent de tenir financièrement…

Il y’a toutefois quelques grands écarts entre les spécialités de la psychologie : les postes à pouvoir en psychogérontologie sont nombreux et -ô miracle ! -ce sont souvent des temps complets (on arrive même à trouver son premier job en 6 mois lorsque la crise n’était pas encore venue) ! Bref, c’est une bonne planque…Encore faut-il aimer les vioques et adorer stimuler cognitivement des Alzheimers…La psychopathologie est la reine des spécialités mais –outre que vous vous taper les crétins de lacaniens et autres kleiniens- cela me fait doucement rigoler car c’est là où la recherche d’emploi est la plus difficile ! Quant à la psychologie du développement (les gosses), y’a quelques places à pouvoir ; mais c’est pratiquement toujours en temps partiel…


Comment faire son trou alors ? Le top est le piston (il faut dire « cooptation » si on valorise le concept) . Tu as bien léché le cul des profs ou de tes maitres de stage ; de sorte que ta langue est devenue bien rappeuse. Aussi, en récompense, il se peut que le prof ou ton maitre de stage daigne te pistonner pour tel place dans tel lieu. La cooptation (ou le piston comme disent les mauvaises langues) est fondamentale pour faire sa place dans ce milieu.

Sans cooptation, tu dois accumuler des formations dans diverses psychothérapies qui t’aideront à booster ton CV. C’est la seule voie possible. Le hic est qu’une formation correcte, c’est minimum 1000 euros. Bref, tu auras la mauvaise sensation qu’il te faut payer pour taffer ; ce qui est la définition de Carter du crétin absolu… Une autre solution est de travailler gratuitement dans des stages, même ton diplôme obtenu. La boucle est bouclée : on comprend la difficulté des étudiants à trouver des stages. Pourquoi s’encombrer d’un étudiant quand on peut avoir comme sous fifre un vrai diplômé qui attend que vous partez pour prendre votre place (ce cas est illégal mais il existe) ?

Sans cooptation, tu peux également te retrouver à perpet’ les oies. Genre clinique en plein Pyrénées orientales à moins de 500 âmes à deux heures de routes aux alentours. Faut aimer la solitude et la masturbation… Et encore, même pour perpet’les oies, t’es en concurrence avec 100 autres candidats…

Ceci dit ; une fois en place ; t’es in-virable et c’est avant tout un « métier-passion ». Donc les barrières à l’entrée sont importantes mais une fois que tu es dans la place ; tu as la belle vie…

A toi d’analyser ta motivation et ton courage pour tenter le truc. Mais ne dit pas que l’on ne t’avait pas prévenu !



Enfin, il y’a un léger problème à court terme si l’on a, comme moi, une bonne culture économique : La France est endettée de 1400 milliards d’euros et sa balance commerciale est déficitaire. Cela veut dire que nous vivons au-dessus de nos moyens en empruntant 280 millions d’euros / jour (je cite de mémoire). Tant que les pays pauvres daignent nous prêter leur épargne ; nous pouvons nous offrir tous ces services sociaux que nous avons (hôpitaux, etc.) et où travaillent majoritairement tous ces psys.
Le hic est que l’épargne mondiale va se rétracter car tôt au tard, les pays pauvres auront marre de financer les pays riches et réorienteront leur épargne vers le bien être de leur propre population. Ce qui est normal…Le hic est que la France devra recourir à un accroissement de sa compétitivité pour proposer à sa population des services publics si elle ne veut pas étouffer sous le remboursement des intérêts de sa dette. Car, quand les pays pauvres réorienteront leur épargne vers la demande intérieure, les intérêts augmenteront…
Or la compétitivité de l’industrie française est en berne du fait d’un euro trop fort… Conclusion : la France devra faire des économies et tailler dans les services publics. Si dans un hôpital, le médecin et l’infermière sont indispensables ; mon petit doigt me dit que le psy est, lui, dispensable…Bref, les postes de psys risquent encore de se contracter à l’avenir…

Dernière remarque avant de finir : et ouvrir cabinet de psys ; me direz-vous ? Pourquoi ne pas ouvrir un cabinet de psy et développer sa propre clientèle tout simplement ? L’idée est séduisante ; mais il y’a un hic : le psychologue n’est pas remboursé par la sécu contrairement au psychiatre. Or, en marketing, on dira que si le psychologue et le psychiatre ne font pas le même boulot, en concurrence élargie, ils sont tout de même en compétition…Comme le psychiatre est remboursé par la sécu (et cela lui confère un avantage comparatif imparable), de nombreuses personnes vont au psychiatre plutôt que de voir un psychologue. Or, malheureusement, ces personnes auraient plus besoin d’une TCC que d’une pilule du bonheur ; le psychiatre ne pouvant guère réaliser une TCC sérieuse avec 25 mn d’entretien en moyenne/ personne !
Conclusion : trop de psys pour pas assez de clientèle. Le marché est donc saturé. De sorte qu’un cabinet ne vous rapportera guère que 700 euros/ mois. Plus, vous jouez les gourous et vous pouvez en effet gagner gros ! On comprend pourquoi la psychanalyse qui fidélise sa clientèle pendant des très longues années fait florès ! Libre à vous, mais ce n’est pas ma déontologie…

En conclusion ; la solution est donc d’accumuler un temps partiel avec un cabinet. Pour le temps partiel, on retourne aux aléas décrits plus haut…Il ne faut donc pas s’étonner que le salaire moyen des psys tourne à 1400 euros…




"Ne prenez pas la vie trop au sérieux. De toute façon,vous n'en ressortirez pas vivant!"


 betinaweb a écrit [04/04/2013 - 00h01 ]  
betinaweb

Tu es psy Carter?

C'est vrai que les places sont chères,pour un premier emploi ma fille a du attendre un an et elle n'a eu qu'un contrat de 21 heures mais payé pratiquement le SMIC et attendre encore deux ans pour un deuxième emploi de 19 heures soit deux SMIC et sans cooptation.
Une amie de ma fille,elle, a trois boulots pour faire un plein temps.Il faut en vouloir pour faire ce métier et être passionné par ce que l'on fait sinon il faut choisir autre chose.

Beaucoup de postes de psy ont été supprimés,dans des essat,dans des prisons et ça va continuer.Et pour ouvrir son cabinet,il faut être vraiment sûr de son coup car il faut investir et s'investir.




"La connerie,c'est la décontraction de l'intelligence" Serge Gainsbourg.


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