Elle a été envoyée en 1929 par le vampire de Dusseldorf aux parents d'une de ses victimes, en voici un extrait! …mais alors que je cherchais cette victime, la petite Gertrud croisa mon chemin… Sachez, Madame, que j'ai toujours détesté les petites filles, et souvent dans mes rêves, je les vois telles qu'elles sont réellement : cruelles, perverses, sous les jolis visages. Il était près de quatre heures et le ciel déjà très bas dispensait une obscurité favorable. J'offris des bonbons à votre fille, puis proposant de la raccompagner jusqu'à sa demeure je l'entraînai dans un parc, à l'écart des lieux trop fréquentés. Je crois, Madame, pouvoir dire sans vanité que les derniers instants de votre enfant furent des plus agréables. Quelle enfant peut en effet se vanter d'avoir connu les plaisirs de la chair à cinq ans ? Oui, Madame, votre fille prit beaucoup de plaisir à nos rapports, plusieurs fois elle m'incita à recommencer, et ce avec le charme et la persuasion d'une vraie femme. C'est alors que je me rendis compte de mon erreur. Je devais sauver cette enfant possédée par le vice malgré son jeune âge. Le Diable lui-même l'habitait ! Et il ne me fallut pas moins de trente coups de poignard pour faire fuir le démon. De plus, ayant lu que le malin habitait parfois les cadavres, je décidai au nom de la grande révolution de nos amis d'outre-Rhin de décapiter votre enfant pour que le mal ne puisse plus la torturer par delà la mort. Sachez, Madame, que je n'attends rien de vous sinon un peu de reconnaissance, car sans moi, qui peut dire à quels excès ne se serait pas livrée Gertrud ! Mes respectueux hommages.
Je m'aime. Tu m'aimes. Il m'aime. Nous m'aimons. Vous m'aimez. Ils m'aiment. (l)