Quelles sont les causes et les conséquences de la crise des subprimes ?



rac73
Cette question a été posée par rac73, le 06/11/2008 à à 20h01.  *  Alerter les modérateurs
Vous trouverez peut être plus d'information dans l'annuaire de Web-Libre, dans la catégorie Economie.

Vous pouvez y répondre en utilisant le formulaire situé ici.
 


Liens commerciaux

Réponses



 lucius a écrit [06/11/2008 - 22h31 - Avis,définition, témoignages et conseils sur le guide du savoir Web Libre.org]  
lucius

La cause:les banksters
Les conséquences:t'es dans merde,ils sont plus riches encore

Est-ce la peine de dévellopper?

Un lien vers une vidéo extrémement buzzée en ce moment:L'argent dette de P.Grignon

http://www.dailymotion.com/video/x75e0k_largent-dette-de-paul-grignon-fr-in_news

Tapes ça sur google/mais attention,ça va te secouer!




Gare au gorille !


 Chu Fu a écrit [06/11/2008 - 23h52 - Avis,définition, témoignages et conseils sur le guide du savoir Web Libre.org]  
Chu Fu

Crise des subprimes :
(une explication très simple pour ceux qui essayent de comprendre)

Alors voilà, Mme Ginette a une buvette à Bertincourt, dans le Pas de Calais. Pour augmenter ses ventes, elle décide de faire crédit à ses fidèles clients, tous alcooliques, presque tous au chômage de longue durée. Vu qu'elle vend à crédit, Mme Ginette voit augmenter sa
fréquentation et, en plus, peut augmenter un peu les prix de base du "calva" et du ballon de rouge.
Le jeune et dynamique directeur de l'agence bancaire locale, quant à lui, pense que les "ardoises" du troquet constituent, en quelque sorte, des actifs recouvrables, et commence à faire crédit à Mme Ginette, ayant les dettes des ivrognes comme garantie.

Au siège de la banque, des traders avisés transforment ces actifs recouvrables en CDO, CMO, SICAV, SAMU, OVNI, SOS et autres sigles financiers cabalistiques.

Ces instruments financiers servent ensuite de levier au marché actionnaire et conduisent, au NYSE, à la City de Londres, au Bourses de Francfort et de Paris, etc., à des opérations de dérivés dont les garanties sont totalement inconnues de tous (en l'occurrence, les ardoises des
ivrognes de Mme Ginette).

Ces "dérivés" sont alors négociés pendant des années comme s'il s'agissait de titres très solides et sérieux sur les marchés financiers de 80 pays... jusqu'au jour où quelqu'un se rend compte que les alcoolos du troquet de Bertincourt n'ont pas un rond pour payer leurs dettes.

La buvette de Mme Ginette fait faillite.

Et le monde entier l'a dans l'os....
--------------------------------------------------------------
et aussi...
http://www.bankster.tv/
http://www.public-debt.org/index.php




 cochise_fr a écrit [07/11/2008 - 00h21 ]  
cochise_fr

Bonjour,
ChuFu a tout compris.....tu t'appellerais pas Ginette par hasard ?? ....et Bertincourt est en réalité un nouveau quartier de Marseille....hein??




La richesse d'un pays ne se mesure pas à son PIB. mais à celle du plus pauvre de ses habitants. Améliorez son sort et toute la société en sera meilleure. Dans un pays riche, l'existence de la pauvreté devrait être un délit.


 Chu Fu a écrit [07/11/2008 - 00h26 ]  
Chu Fu

Non, j'ai copié-collé un mail que j'ai reçu d'un copain qui l'avait reçu d'un copain...
Je l'ai trouvé drôle et très éclairant !

Qu'est-ce t'as l'air de dire que je picole dans mon bistroquet avec les alcolos du quartier en en profitant pour leur piquer leur blé ?!?!
:-D




 lucius a écrit [07/11/2008 - 11h05 ]  
lucius

J'ai reçut le meme mail que chufu,j'ai trouvé ça drole aussi,mais en fait,ça ne l'ait pas vraiment:comme disait Coluche:"rigolez,c'est avec voter pognon"!

Plus sérieusement,visionnez la vidéo de P.Grignon,L'argent dette,sur daily motion.
Comme il faut garder un oeuil critique,visionnez aussi la vidéo de "arret sur image"avec des économistes qui viennent critiquer cette vidéo de l'argent dette:certains de ces "experts" osent dire que"les banques ne se rendaient pas compte qu'elles prétaient de l'argent qu'elle n'avaient pas!!!"

On se fout pas de notre gueule à part ça!
Il existe d'autres solutions...




Gare au gorille !


 carter a écrit [09/11/2008 - 23h50 ]  
carter

L’explication de Chu Fu est assez bonne mais n’explique pas l’arrière-plan de cette crise, ni ses implications politiques…

Pour comprendre en prenant de la hauteur, on doit connaître le « triangle de Keynes » : pour Keynes, l’économie se joue avec trois acteurs : le rentier, l’entrepreneur et le salarié. Pour filer la métaphore, quand vous les mettez sur une île, deux vont forcement se liguer pour exploiter le troisième, l’économie se résumant in finé à un problème d’exploitation de l’homme par l’homme…

Apres la seconde guerre mondiale, la mise en place des accords de Bretton Woods va liguer l’entrepreneur et le salarié contre le rentier. L’astuce pour faire « cracher le rentier » ? La mise en place par Keynes de l’inflation et de la réglementation boursière pour euthanasier ces salauds ! Tirant les leçons des deux guerres mondiales, les économistes accusèrent directement les rentiers dans la crise de 1929 et du massacre qui s’ensuivit…
Du coup est apparu un capitalisme à visage humain : le capitalisme produit sa camelote et offre un salaire décent aux salariés pour acheter ladite camelote : c’est le temps du capitalisme fordiste…Les salariés producteurs, étant finalement les consommateurs ; sont bichonnés…Cela produisit un « ascenseur social » et une amélioration de la qualité de vie des travailleurs (du moins, des travailleurs occidentaux)

Puis vint la fin de Bretton Woods due à l’enrichissement des classes moyennes américaines qui se sont désolidarisés des pauvres. Pourquoi ? Parce qu’ils devenaient eux-mêmes des rentiers et que les pauvres devenaient majoritairement noirs (après 1929, les pauvres étaient majoritairement blancs) … Ne voulant plus de redistribution sociale, ils acclamèrent une nouvelle théorie économique : le « néolibéralisme». Ses apôtres proposent la déréglementation financière et boursière, ainsi qu’un mécanique de mondialisation dérégulée. Leur objectif dans le « triangle de Keynes » est de faire l’alliance du rentier et de l’entrepreneur contre le salarié.
Sauf que cette nouvelle configuration du capitalisme résout imparfaitement l’équation : le capitalisme produit toujours sa camelote mais comme la déréglementation produit une contraction des masses salariales, les salariés ont moins de fric et du coup, ne peuvent acheter la camelote…or sans achat de camelote, pas de croissance : la chaîne production/ consommation/ bénéfice se grippe…

Hum…Je vais trop vite et j’ai fait un raccourci ? La mondialisation met les salariés des différents pays en compétition et cela produit naturellement un dénivellement vers le bas des salaires des pays riches. Comme la technique atteint facilement ses limites en terme de rendement, c’est le salarié qui devient la variable d’ajustement : c’est sur son salaire que l’on rogne les sous pour être plus compétitifs…

Mais si le salarié a moins d’argent, comment va-t-il faire pour acheter la camelote, indispensable pour qu’il y’ait croissance ??? Un exemple concret : un couple moyen d’américains pouvait avoir toute le confort possible dans les années 60 avec simplement le salaire du mari. Aujourd’hui, ce même couple doit travailler tous les deux (madame travaille) pour simplement survivre. Et les salaires sont tellement bas qu’ils ne pourraient pas avoir un confort moderne rien qu’avec leurs salaires de misère…

Une idée de génie a alors traversé l’esprit des décideurs américains ! Les classes moyennes ne peuvent plus acheter la camelote ??? Hé bien ! Développons et offrons-leur le Divin Crédit ! Et la croissance repartira. C’est d’autant plus génial que le crédit résout deux problématiques cette fois-ci plus politiques :
-il permet la paix sociale : grâce au fric qu’on prêtera aux salariés et aux gueux, on leurs achètera la paix sociale, cette « rançon que les riches donnent aux pauvres pour qu’ils se tiennent tranquilles » (dixit Madison)
-il permet mieux que la redistribution genre RMI d’enchaîner les classes populaires : « après l’homme enchaîné, l’homme endetté » (dixit Gilles Deleuze) L’endentement d’un individu aliène sa liberté, tellement il est accablé à rembourser des dettes exponentielles…

Mais pour créer du crédit, il faut que les banques acceptent de prêter aux gueux et autres classes populaires. Et ce n’est pas une mince affaire, vu que le bon sens veut que l’on prêterait à perte : on voit mal comment l’américain moyen pourrait rembourser avec ses « Mcjob »- ces boulots pourris qu’il est obligé de cumuler pour survivre - des prêts pour payer le « rêve américain »…A ce propos, rappelons que si les américains sont si endettés, ce n’est pas forcement parce qu’ils sont plus dépensiers que les français : les trois sources d’endettement de l’américain moyen sont la maison, la voiture et l’enseignement (rappelons que l’université n’est pas gratuite aux USA). Ils sont endettés à 120% tandis que le français moyen n’est endetté que… de 60% ! Soyons assuré que si l’enseignement devenait payant en France, on rattraperait rapidement notre retard (et c’est bien à cela que rêvait Sarkozy avant la crise) …


Résumé : surproduction du capitalisme mais personne ne peut acheter la camelote. La solution : le crédit. Mais quid des banques ?
Vint alors ce que l’on appelle « l’INNOVATION FINANCIERE » grâce au développement de l’informatique et des mathématiques probabilistes. Les banques américaines ont l’idée (géniale quoi qu’on en dise) de prêter des sommes à des populations à risques (soit l’américain moyen) mais de jouer le remboursement de ces sommes en bourse ! Bref, ne voulant pas prendre le risque de ne pas récupérer les sommes prêtées, les banques décident que d’autres…prendront le risque qu’elles ne veulent pas prendre à leur place !!!!! Ce summum de la roublardise à un nom : la TRITISATION, ce processus qui consiste à transformer des crédits bancaires en titre de type obligataire négociables sur des marchés. Ces titres sont désormais connus sous le nom de SUBPRIMES !

Mais pour vendre un risque à un acheteur potentiel, il faut lui proposer une assurance : ce sera la valeur immobilière de la maison dont l’achat sera relié au crédit que contractera l’américain lambda ! Apparaît alors un deuxième tour de passe-passe digne des meilleurs illusionnistes : comme le robinet du crédit va couler a flot, le marché immobilier va exploser artificiellement : le crédit étant facile, les américains achètent des maisons et du coup, par une logique classique d’offre et de demande, le marché immobilier explose et la valeur des biens aussi. Une telle assurance rassure l’acheteur potentiel de ce genre de titres et il se produit un marché énorme de ces subprimes…les Hedge Fund qui joueront avec ce genre de produits boursiers…mais les banques aussi ; d’autant plus que la dérégulation boursière permet de pratiquer L’EFFET DE LEVIER, un procédé permettant de prendre des positions excédant ses capitaux propres. L’inconvénient de l’effet de levier est que lorsque ça marche, vous obtenez des gains faramineux ; mais quand vous perdez, vous perdrez aussi des gains faramineux…. En effet, l’effet levier a la fâcheuse logique d’être parfaitement symétrique en perte comme en gain….

Bref, un cercle vertueux se construisit : les ménages s’endettent pour acheter une maison ; le prix de leur maison flambent de sorte qu’en théorie, la vente de leur bien immobilier rachèterait l’ensemble de leurs dettes. Et donc, les banquiers peuvent leur re-proposer plus de crédit. Ad æternam en principe…
Magnifique ?
En un certains sens, oui ! Le capitalisme néolibéral avait résolu l’équation production/ consommation/ bénéfice tout en payant des clopinettes aux salariés…

Mais il y’avait des bugs…

1er bug : la stagnation de marché immobilier …A force de construire à outrance, le principe offre/ demande fait que, forcement, le prix de l’immobilier va chuter, tellement le marché est saturé…

2eme bug : les banques forment entre elles un circuit très fermé où elles se prêtent entre elles de l’argent : c’est le marché interbancaire.
Et le jour où le marché immobilier s’est crispé, la question suivante s’est posée: et si en voulant éviter le risque en le tritisant à outrance, on n’avait pas fait JUSTEMENT l’inverse ? Et si finalement, le risque s’était accumulé et concentré dans les banques alors que ces dernières voulaient avant tout s’en débarrasser???? Rappelez-vous que l’objectif des banques était de se débarrasser du risque de non paiement en tritisant. Mais une partie non négligeables de ces titres s’accumulèrent entre-temps, en vue de gains ultérieurs par la spéculation, dans ces mêmes banques ou autres hedges funds! C’est balo car ces titres ne sont alors pas assez disséminés dans une infinité de portefeuilles pour réduire le choc violent en cas de crise ! Et puis la tritisation est tellement complexe que les banques ne savent plus tellement ce qu’elles ont réellement (après tout, la tritisation est une procédure de camouflage du risque, non ? )
Quant à l’autre partie des subprimes disséminée dans tous les portefeuilles boursiers des boursicoteurs ; ces derniers allaient aussi trinquer…

Et voila comment la crise vint : la suspicion entre les banques était telle que l’on a vu le marché interbancaire se geler ! Pour la première fois dans le capitalisme, les banques ne se prêtèrent rien, persuadées que les autres avaient des comptes pourris par des subprimes…
Les titres s’effondrèrent et on fit la saisie des biens immobiliers. Mais comme le marché immobilier s’effondra entre temps, la saisie ne remboursait rien du tout…Bref, perte à tous les étages. Et comme la bourse pratiquait l’effet levier, ces pertes furent exponentielles…

En conclusion, j’ai beaucoup écrit. Et les grincheux du Web libre m’en voudront encore une fois de plus !
-« Carter ! Impénitent bavard ! » Je les entends déjà aboyer et scander mon mom avec des envies inavouées de lynchage !


Mais à ceux qui ont lu en entier mon post, ils comprendraient aisément pourquoi cette crise est unique et pourquoi l’objectif de nos décideurs est de reconstruire une nouveau cercle vertueux du même acabit car :
-pour changer de capitalisme, il faudrait revenir à une configuration du « triangle de Keynes » plus favorable aux salariés. J’en doute ; car il faudrait réglementer la bourse et couper sec aux revenus mirobolants des classes dominantes. J’ai du mal à croire que les hyper-riches ne voudront pas conserver leurs avantages…
-Donc il ne reste qu’une deuxième possibilité : recréer une nouveau cercle vertueux du crédit. Revenir comme avant…Pourquoi pas ? Après les américains, on pourrait par exemple endetter les salariés européens pour faire la croissance mondiale, non ? A moins que l’Amérique, relooké Obama réinvente un nouveau piège à cons pour créer des liquidités ?

Mais l’histoire a sa propre dynamique indépendamment des actions des puissants. Or , pour la première fois de ma vie, je crois bien assister à la décomposition du capitalisme, 30 ans après celui du communisme… Du moins ; du capitalisme « néolibéral »…Qui sait ; cela pourrait engendrer un nouveau paradigme à condition que les gens soient près pour des luttes sociales d’une violence inouïe…on ne change pas le monde en taponnant sur le Net…




"Ne prenez pas la vie trop au sérieux. De toute façon,vous n'en ressortirez pas vivant!"


 cochise_fr a écrit [10/11/2008 - 10h06 ]  
cochise_fr

Bonjour,

Voilà une bonne analyse, Carter, même si la "titrisatiion" à l'"r" après le deuxième "t".

Je relève que tu n'envisages jamais l'alliance de l'entrepreneur et du salarié contre le rentier.....pourquoi ?

Est-ce si sot ??

D'autant qu'il faudrait différencier le rentier de grand-papa et les spéculateurs actuels. En effet, le rentier décide d'un placement ferme sur le long terme, le paye et attends suffisamment de revenus de ses placements pour vivre dignement.... ou mieux. Le rentier "normal", si j'ose dire, n'achète pas du vent, il paye sa mise et assume son risque.

Hors ceux qui, les premiers, créent du vent.....ce sont les banquiers, avec la bénédiction des politiques, et pour cause..... ce sont souvent les mêmes, directement ou indirectement.

Ensuite, les spéculateurs achètent du vent, deviennent rentier à très court terme, et cherchent à revendre leur vent à d'autres spéculateurs avant de devoir payer leur mise. C'est un peu comme jouer au casino avec la possibilité de changer les règles du jeu en cours de jeu..... une vraie escroquerie en fait.

Je suggère donc:
- de redonner aux banques leur seul rôle de banquier: fluidifier les échanges commerciaux
- n'autoriser les banques à prêter que l'argent qu'elles ont en garanties (l'argent des déposants et leurs bénéfices).
- interdire les transactions "à découvert" à tout le monde, qu'elles soient financières ou pas.
- établir des assurances obligatoires d'état couvrant les risques de non-remboursement des engagements après desquelles chacun pourra négocier AVANT de s'engager....... ce qu'ont fait les gouvernements pour sauver les banques élargi à tout le monde en fait....mais avant plutôt qu'après les problèmes.

Cela devrait suffire à assainir le "marché" avant d'en arriver à l'éventualité de Carter:

"cela pourrait engendrer un nouveau paradigme à condition que les gens soient près pour des luttes sociales d'une violence inouïe%u2026on ne change pas le monde en taponnant sur le Net%u2026"

si l'auto-régulation ne fonctionne pas.




La richesse d'un pays ne se mesure pas à son PIB. mais à celle du plus pauvre de ses habitants. Améliorez son sort et toute la société en sera meilleure. Dans un pays riche, l'existence de la pauvreté devrait être un délit.


 lucius a écrit [10/11/2008 - 10h31 ]  
lucius

Quant tu te présenteras aux élections je voterais pour toi!

J"e suggère donc:
- de redonner aux banques leur seul rôle de banquier: fluidifier les échanges commerciaux
- n'autoriser les banques à prêter que l'argent qu'elles ont en garanties (l'argent des déposants et leurs bénéfices).
- interdire les transactions "à découvert" à tout le monde, qu'elles soient financières ou pas.
- établir des assurances obligatoires d'état couvrant les risques de non-remboursement des engagements après desquelles chacun pourra négocier AVANT de s'engager....... ce qu'ont fait les gouvernements pour sauver les banques élargi à tout le monde en fait....mais avant plutôt qu'après les problèmes. "

seules solutions possibles,cochise a bien raison!




Gare au gorille !


 carter a écrit [11/11/2008 - 14h16 ]  
carter

Pas très convaincu par vos propositions...
Règlementer les banques sans règlementer la bourse, et encore moins l'innovation financière ne donnera rien. C'est un système, un tout où les parties jouent chacune leur partition pour le concert final : l’accumulation des rentes...J'ai espéré montré que le fond de l'affaire, c'est indéniablement le problème d'un capitalisme qui s'est ligué contre le salarié mais qui doit résoudre le problème de la croissance selon l’optique keynésien ...Le crédit coulera à flot tant que le salaire ne sera pas revalorisé. Mais valoriser le salaire, c’est réduire la galette des actionnaires ...Il a fallu deux guerres mondiales pour les museler une fois…M’es avis qu’il faudrait plus qu’un effondrement passager du système pour les attacher à nouveau…

L’alliance entre l’entrepreneur et le salarié, le retour des idéaux de Keynes? J’aimerais bien, mon cher Cochise, mais je crains que des forces qui nous dépassent s’y opposeront…à moins qu’on y mette le prix des révoltes sociales…

A ce propos, les réflexes pavloviens de Sarkozy pour augmenter le pouvoir d’achat montrent bien à quel point il possède les schèmes mentaux et les ornières du néolibéralisme : quand le salarié se plaint de la baisse de son pouvoir d’achat, il ne lui vient pas à l’idée d’augmenter son salaire, mais d’accroître le nombre des hard discounters , célèbres pour leur politique salariale agressive…Génial : sauf que si les hard discounts ne sont pas chers, c’est qu’eux-mêmes rognent sur la masse salariale…En les développant, on attaque les salaires plus décents pour un même job (Auchan est sans doute plus humain envers ses caissières que les hard discounters) ; accumulant ainsi en France les Mcjob et accroissant in finé ce mouvement global de contraction des masses salariales…

Mais si vous voulez des propositions pour refondre le système, je réécris ceux proposés par le chercheur en économie Fréderic Lordon dans son livre « Jusqu’à quand ? Pour en finir avec les crises financières » ; livre qui m’a permis de mieux comprendre les rouges de la machine…Certains correspondent en effet à réglementer les banques mais d’autres vont naturellement plus loin ; les banques n’étant qu’un simple rouage du système …Il les redonne sur ce lien :

http://blog.mondediplo.net/2008-04-23-Quatre-principes-et-neuf-propositions-pour-en




"Ne prenez pas la vie trop au sérieux. De toute façon,vous n'en ressortirez pas vivant!"


 lucius a écrit [11/11/2008 - 18h38 ]  
lucius

Le monde diplomatique défend sans se cacher un système qui vient une fois de plus de faillire!
t'es comme tous ces économistes qui viennent nous dire qu'il faut continuer dans la meme voie,que c'est bien de renflouer ceux qui nous ont flouer?
Tu fais pas partie de leur "élite"carter,tu vas en baver comme nous avec ce "new world order"

Faut faire péter le système,avec une banque d'état qui préte à l'état sans intérets et en fonction de ce qu'elle a dans ses caisses:stop à l'argent dette!




Gare au gorille !


 carter a écrit [11/11/2008 - 18h58 ]  
carter

"'es comme tous ces économistes qui viennent nous dire qu'il faut continuer dans la même voie,"

Ha! je retrouve le trait d'analyse de ce bon lucius: l'aboiement...Et pourtant, aujourd'hui était un grand jour! Lucius avait enfin des arguments étayés...




"Ne prenez pas la vie trop au sérieux. De toute façon,vous n'en ressortirez pas vivant!"


 carter a écrit [11/11/2008 - 21h39 ]  
carter

Houlala...mais j'avais pas vu! Lucius confond le Monde diplomatique avec le Monde tout court...Je vois qu'on ne fait pas souvent des ballades aux kiosques...
Bon... Je vais faire ton éducation: le Monde diplomatique n'a plus rien à voir avec le Monde, du moins actuellement: elle s'est libérée de sa tutelle et développe des positions anticapitalistes, antinéoliberales et altermondialistes...C'est devenu l'un des mensuels phares de l'altermondialisme (c'est au Monde diplo que le concept d'Attac a été développé...)

Pour un type qui veut dresser les chiens, te voila chèvre...




"Ne prenez pas la vie trop au sérieux. De toute façon,vous n'en ressortirez pas vivant!"


 cochise_fr a écrit [12/11/2008 - 00h01 ]  
cochise_fr

Bonjour,
Bien sur Carter, qu'il ne faut pas se limiter aux contrôles des banques..... et je veux bien qu'on en parle, ici ou ailleurs,...... mais on risque d'y passer la nuit et peut être un peu plus.

Le problème va s'étendre à toute la politique, quel que soit le gouvernement et sa couleur.




La richesse d'un pays ne se mesure pas à son PIB. mais à celle du plus pauvre de ses habitants. Améliorez son sort et toute la société en sera meilleure. Dans un pays riche, l'existence de la pauvreté devrait être un délit.


Répondre à rac73






Attention vous n'êtes pas connectés !!! sad

Renseignez vos identifiants de connexion au site, sinon votre réponse ne sera affichée qu'après avoir été validée par notre équipe de modérateurs (et sera en plus postée en "Anonyme")

Votre pseudo :
Mot de passe :

smile wink confused normal lol laugh sad angry cool surprised cry eek

    


 Je souhaite être alerté des prochaines réponses !






Articles de la même thématique :

• Causes de la crise financière : quelles sont-elles ?




Poser votre question !   Poser votre question !
* Avertissement : les propos tenus sur cette page sont le fruit de la discussion entre les internautes membres de la communauté Web-Libre, et ne reflètent en rien la conviction personnelle des administrateurs du site.
Copyright © 2013 - Weblibre / Tous droits réservés, propriété exclusive de web-libre.org - Toute reproduction même partielle de ce site sans consentement est interdite et donnera suite à des poursuites.