Bonjour. L’exception d’inconstitutionnalité a été adoptée lors du congrès de Versailles. Il s’agit de l’article 61-1 de la Constitution qui crée un recours d’exception, pour n’importe quel citoyen (particulier, entreprise), dans le cadre d’un litige. Ainsi, il peut contester la conformité d’un texte législatif par rapport à la constitution. Avant tout jugement, le tribunal devra alors saisir la Cour de cassation ou le Conseil d’Etat qui décideront, soit d’adresser la requête au Conseil constitutionnel, soit de trancher directement la question posée. N’importe quel justiciable pourra ainsi contester la constitutionnalité d’une loi ce qui est une réforme très importante car le Conseil constitutionnel aura une position suprême par rapport à la Cour de cassation et au Conseil d’Etat. Certes, les changements ne seront pas perceptibles au début car la Cour de cassation et le Conseil d’Etat auront un rôle de filtration pour que le Conseil constitutionnel ne soit pas débordé de demandes. Mais en cas de recours au Conseil constitutionnel, ce dernier verra son pouvoir grandi et dans tous les cas, il devra être averti d’une demande en exception d’inconstitutionnalité et en connaître les conclusions. À savoir, si la Cour de cassation ou le Conseil d’Etat ont rejeté une telle demande, le Conseil constitutionnel devra en connaître les causes et il pourra donner son avis sur sa « non-saisine ». Cette évolution du rôle du Conseil constitutionnel est importante car il pourra intervenir dans un procès selon les règles imposées par la Convention européenne des droits de l’Homme. La méthode de nomination qui le concerne devra aussi être revue car ne devraient être nommés dans cette haute juridiction que des professionnels du droit. Car actuellement, les services administratifs du Conseil constitutionnel sont dirigés par un secrétaire général qui est nommé par décret par le Président de la République. Il emploie des administrateurs d’assemblées parlementaires, des magistrats, du personnel administratif et financier, un greffe, des rapporteurs du Conseil d’Etat et de la Cour des comptes, etc. Il s’agit donc d’un organe d’Etat qui dispose d’un budget inscrit dans le projet de loi de finances. Or, avec cette réforme, le droit constitutionnel ne sera plus seulement une affaire d’Etat mais pourra être utilisé par des entreprises dans le droit des affaires, le droit fiscal, les problèmes d’environnement, etc, avec le risque de voir se multiplier les affaires liées à l’exception d’inconstitutionnalité et les conflits de jurisprudence.