La tutelle d’Etat est une procédure stricte qui veut dire que la personne n’est plus capable de gérer ses biens et que la famille n’est pas forcément la meilleure des tutrices (on a vu beaucoup de « vieux » trucidés parce que sa descendance voulait gérer tout à sa place). C’est bien pour protéger cette personne atteinte dans ses facultés mentales ou corporelles ce qui empêche sa volonté de s’exprimer que cette mesure, rare au demeurant, a été mise en place. La tutelle est donc vacante, ce qui veut dire que les parents ou amis n’ont aucun mot à dire tant que la tutelle d’Etat est mise en place. Car c’est alors l’Etat et ses représentants qui se chargent de tout. La tutelle d’Etat peut être prononcée à la demande de la personne elle-même si elle a encore ses facultés, ou à la demande de tiers proches pour la protéger d’éventuels prédateurs, ou encore sur ordre du Ministère public, du curateur ou du Juge d’office.
Auquel cas, non, la famille n’a aucun droit de savoir comment est géré le patrimoine d’une personne placée sous tutelle d’Etat. Celle-ci est conditionnée par une enquête avec notamment une déclaration du médecin traitant ou un avis d’un médecin spécialiste qui va évaluer l’état de la capacité du majeur protégé. Le Préfet est mandaté et délègue ses pouvoirs en général à la DDASS.
Aucun conseil de famille ne peut intervenir, sauf en cas de divorce ou de mariage si la personne a encore une part de facultés psychologiques. Il faudra, dès lors, entamer une procédure qui peut s’avérer très longue avec expertises à l’appui.
La tutelle d’Etat employant un administrateur légal sous contrôle judiciaire, la famille n’a plus aucun droit dès le prononcé de la prise en charge. L’Etat se chargera des soins à prodiguer à la personne en état de faiblesse, mais aussi de la gestion du patrimoine, de l’inventaire des biens, des titres bancaires, de la conversion des titres au porteur et de l’utilisation des capitaux disponibles.
Un compte-rendu de gestion sera remis au tuteur légal ou au Juge des Tutelles ainsi qu’à la DDASS mais à moins d’un jugement contraire, la famille n’est pas tenue d’être au courant de la gestion effectuée par l’Etat.