Histoire de la France libérée. Août 2030 :
Le 26 août de l’an 2 (2030 en calendrier grégorien), le camarade Cochise fut emmené devant le tribunal exceptionnel du Peuple pour répondre de ses propos du temps du joug libéral. La camarade Karol- Que le peuple soit loué d’avoir enfanter en son sein de telles dirigeantes !- dressa un réquisitoire accablant dans sa verve inimitable, mêlée d’ironie mordante :
-« Je m’étonne, ironisa t-elle, que le camarade Cochise prétende qu’il s’est toujours mis du coté du peuple …qu’il a toujours critiqué les théories libérales responsables de tous nos maux... Depuis quand un progressiste se fait le fervent défenseur de la peine de mort ? Car, je vous le dis, cet homme que vous voyez menotté là en faisait l’apologie ; bien avant la grande catastrophe écologique de l’an 1 ! Or cette même peine de Mort, qui fut remis en France par l’infâme, n’ a-t-elle pas servi à abattre nombre de nos frères, des activistes anarchistes aux alter mondialistes ? S’était-il coupé du monde, dans sa campagne, pour ne pas le savoir ? A-t-on vu des anticapitalistes réclamer une mesure qui les dessert et qui fut utilisée principalement contre leur propre camp ? Ce triste individu voudrait nous faire croire qu’il participa aux poches de résistances qui, par leur courage, firent basculer la France dans le vote d’extrême gauche. Absurde ! »
Le verdict tomba, aussi sec que le tranchant d’une guillotine : « écoute en boucle de la chanson des bisounours ! » jusqu’à rédemption. Le camarade Cochise s’est débattu, pleurant beaucoup, réclamant plutôt l’empalement, l’écartèlement ou éventuellement le rôtissage... Une telle indécence prouve la justesse du réquisitoire et qu’il était indigne des idéaux de courage, d’abnégation et de sacrifice réclamés par le parti du peuple.
Il ne supporta pas sa peine et se pendit dans sa cellule. Sur sa tombe, l’épitaphe suivant fut écrite :
« Ici gît suit ; Ici gît reste
La vie est ingrate : elle m’a donné une chienne de vie alors que j’ai été un bon maître »
Puis vint le tour de Carter. Bien qu’apprécié à ses débuts, l’homme, par esprit de contradiction, se demandant si finalement, le néolibéralisme n’avait pas du bon…
"Ne prenez pas la vie trop au sérieux. De toute façon,vous n'en ressortirez pas vivant!"