Re-bonjour eretria,
Signification. S'inquiéter, se faire du souci à propos de quelque chose.
Interprétation. Cette expression médiévale est pleine de bon sens et pas si loin que ça de la vérité scientifique. Se faire du mauvais sang, c'est fabriquer du sang de mauvaise qualité à cause du souci qui nous perturbe. Sans pouvoir dire que le stress influe sur la composition de notre sang, il a en tout cas une influence désormais prouvée sur notre santé. Nos ancêtres l'avaient déjà compris.
"Se faire du mauvais sang" s'est aussi décliné au fil des années en diverses expressions approchantes : se faire de la bile (la bile est sécrétée par le foie, on y revient !), se faire un sang d'encre, se tourner les sangs, se ronger les sangs... A noter que ces formules sont souvent utilisées dans leur forme négatice : "Ne te fais pas de bile" par exemple, pour dire à quelqu'un de ne pas s'inquiéter.
Se faire du mauvais sang dans la littérature. L'expression apparaît pour la première fois dans le Dictionnaire de l'Académie française en 1718. Elle est ensuite reprise en 1877 dans un ouvrage d'Eugène Sue
« Se faire du mouron »
S'inquiéter, se faire du souci.
Le chat aime se faire du mou, mais peu lui chaut qu'il soit rond, cubique ou dodécaédrique (essayez un peu de demander du mou dodécaédrique à votre boucher, pour voir).
D'ailleurs, le chat n'est pas vraiment un animal qui a l'air de se faire du souci. Ses rares moment de fébrilité sont pour chercher sa pitance ou trouver un endroit où faire une de ses nombreuses siestes quotidiennes. Heureux animal !
Qu'est-ce donc que ce 'mouron' ?
Cette expression est citée par Gaston Esnault en 1948, soit assez récemment.
A la place du 'mouron', on peut aussi "se faire de la bile" ou "se faire du mauvais sang".
Dans ces locutions, le sens de "se faire" doit être compris comme "s'en faire". Ce qui ne nous avance pas plus sur le 'mouron'.
Il s'agit en fait d'un mot d'argot qui, depuis le milieu du XIXe siècle, désigne... la chevelure.
Autrement dit, vous faire du mouron, ce n'est ni plus ni moins que "vous faire des cheveux", mis à la sauce argotique.
Quelques esprits tatillons, qui veulent rien faire qu'à m'embêter, pourraient dire que, quand on a des soucis, on a plutôt tendance à "s'arracher les cheveux". Il semble donc illogique de "se faire des cheveux" ou du 'mouron' quand on est inquiet.
Mais c'est oublier que cette autre expression, à l'origine de la nôtre, est en fait un raccourci (une ellipse, en terme académique) de "se faire des cheveux blancs". Ce qui, là, est beaucoup plus en phase avec ce que l'on sait de l'inquiétude et des soucis.
www.expressio.fr
expressions anciennes sur google !
A bientôt