Un petit coucou, juste en passant, pour vous parler du permis « de l’intérieur » parce que j’ai travaillé quelque temps dans une auto-école comme secrétaire : voici quelques tuyaux pour vous aider à comprendre le fonctionnement et donc à vous en sortir à meilleur prix !
Si d’une manière générale, il y a beaucoup de voyous chez les gérants d’auto-école, il faut bien admettre qu’ils n’ont pas intérêt, non plus, vu la concurrence, à avoir mauvaise réputation ! Donc, si les prix sont plutôt élevés, ce n’est pas pour vous embêter et perdre des clients : à ce rythme, ils ne s’enrichiraient pas longtemps !
Il faut reconnaître que, même si je connais beaucoup de monde qui aimerait s’enrichir sans travailler, les auto-écoles ont des frais assez élevés :
- ça peut paraître idiot à dire, mais il faut un moniteur (donc un salaire complet) par voiture ! Là pas question de tirer sur le nombre des employés et de charger la mule !
- avoir un parc automobile suffisant pour que les rotations de leçons soient acceptables au niveau qualité du véhicule et au niveau du roulement de la clientèle : donc il faut des voitures récentes (on ne va pas vous faire vos leçons dans une vieille 2CV des années 70 !) et en nombre suffisant. Ce qui signifie qu’il faut les acheter (elles sont plus chères car elles ont l’équipement spécial « double conduite »)et les changer régulièrement (une voiture ne dépasse pas 2 ans d’utilisation dans une auto-école, sinon, après, on enchaîne les pannes, ce qui n’est pas très intéressant 20' onClick="correctionSuggest('reponse','20',this);">(immobilisation d’un véhicule, frais de garagiste et vieillissement des options proposées, les nouvelles voitures ayant chaque fois plus d’options auxquelles il est commercial de vous former) !
- s’acquitter de tout ce qui rime avec « automobile », c’est-à-dire « carte grise » et « assurance » et croyez-moi, pour les risques encourus par une auto-école, les assureurs tirent à boulets rouges !!!
- mettre « de la benzine » dedans : même si c’est du diesel, il ne faut pas perdre de vue que les voitures sont dehors toute la journée ! Ça chiffre vite par les temps qui courent !!!
- côté code, c’est aussi le coup de fusil : à l’époque où je travaillais, il y a environ 6 ans, il fallait compter environ 1200 frs pour un DVD de code (ce qui le fait à environ 100 euros maintenant si rien n’a changé) et l’idéal est d’en avoir une vingtaine afin que les clients ne finissent pas par les connaître par cœur, ou qu’ils soient privés d’une diversité de cas possibles, ce qui ne les aiderait pas pour la réussite de leur examen de code !
Ceci étant dit, il faut savoir que :
- la loi a situé à 20 le nombre de leçons de conduite minimum pour apprendre les différents postes à connaître pour le permis, c’est pourquoi les auto-écoles proposent des forfaits « 20 heures » mais ce n’est pas vraiment suffisant pour acquérir l’aisance au volant attendue le jour du permis ; il y a des élèves qui s’en sortent avec ça, mais, généralement, il vaut mieux rajouter quelques leçons si l’on veut avoir son permis du premier coup et ne pas avoir des frais supplémentaires : 3 ou 4 leçons de plus avant le permis coûtent moins cher que des frais de dossier d’inscription à la préfecture en supplément (généralement, ces frais d’inscriptions sont compris dans le prix du forfait pour une première présentation, mais pas au-delà) et la kyrielle de leçons supplémentaires pour développer les acquis en attendant la deuxième présentation, ou, en tous cas, pour au moins ne pas les perdre !
- ce ne sont pas les auto-écoles qui fixent les dates d’examen, mais la préfecture : les places sont octroyées en fonction des places légalement disponibles (il y a des quotas qui limitent le nombre de nouveaux conducteurs lancés sur la route) et du nombre de clients inscrits dont les dossiers ont été déposés à la préfecture ; donc, une auto-école se voit attribuer, par exemple, « x » places pour le code et « y » places pour la conduite au mois de janvier, « x – 2 » et « y + 3 », au mois de février, « x + 1 » et « y – 2 » au mois de mars, etc…
Une auto-école qui fonctionne correctement commence par vous mettre aux cours de code ; lorsque vos résultats commencent à être bons (régulièrement pas plus de trois fautes par série, comme à l’examen), on commence à vous mettre en conduite ; c’est en général à ce moment qu’on vous demande de régler le solde, si vous n’avez payé qu’une partie du forfait, parce que les frais les plus onéreux vont commencer pour l’auto-école et qu’on vous tarabuste pour compléter votre dossier pour la préfecture. Lorsque l’on vous estime apte à l’obtention du code (plus de fautes du tout à chaque série, ou alors, très occasionnelles), on vous propose une date d’examen. Si vous l’obtenez, on termine rapidement votre reste de leçons en vue de la prochaine date d’examen de conduite, sur laquelle on se dépêche de vous caler, ce qui fait que vous êtes le plus opérationnel possible pour cet examen.
Donc, laissez tomber le mythe de l’auto-école qui vous garde au chaud pendant des mois : ça ne les arrangent pas du tout, parce que, vu le nombre restreint de places allouées par la préfecture, un recalé, c’est une personne qui bouchonne dans le circuit et qui fait attendre les suivants en prenant une deuxième (voire troisième ou plus) date de code ou de permis !
Il n’y a pas 36 solutions ! Si votre apprentissage est trop long c’est que :
- soit vous glandez dans la salle de code à rigoler avec les autres et chez vous à ne pas apprendre votre code…
- soit il y a des glandeurs, autres que vous, qui bouchonnent en gaspillant le quota de dates allouées à l’auto-école…
- soit vous n’avez pas encore rendu votre dossier ou il manque des pièces, ce qui fait que vous n’existez pas pour la préfecture et que vous ne pouvez être présenté…
- soit vous n’êtes pas réglo côté finances et on attend que vous ayez soldé votre compte pour vous mettre en conduite…
- soit vous avez échoué à l’un ou l’autre des deux examens plus de deux fois et l’on commence à vous mettre sur la touche en attendant que vous réagissiez sérieusement et pour ne pas pénaliser les autres qui attendent leur première présentation…
- soit vous n’êtes pas au top côté conduite et l’on ne veut pas perdre une place à vous mener à l’abattoir : dans ce cas, généralement, le moniteur vous propose de prendre des leçons supplémentaires ; surtout ne soyez pas vexés ou n’allez pas croire que c’est pour vous piquer du fric : il y a assez de monde en demande de permis pour faire vivre les auto-écoles et ils ont tout autant intérêt que vous à ce que vous passiez le moins de temps possible dans leur locaux ! Donc, si l’on vous suggère quelques cours supplémentaires, débrouillez vous pour accepter (prévoyez ce dépassement possible dans votre budget) C’est justement ça, le truc : un bon client qui leur a bien rapporté est celui qui a obtenu son permis en 4 mois, du premier coup dans les deux cas, avec 2 ou 3 leçons supplémentaires… c’est aussi le client qui aura déboursé le moins !
Côté examinateur, on attend un candidat qui ne fait pas de faute majeure (si vous grillez un feu rouge, il n’y aura pas que le feu que vous aurez grillé !!!) et qui prend les bonnes décisions sur la route sans mettre en danger la vie d’autrui ou la sienne, mais qui n’est pas timoré pour autant au volant : un excès de prudence vous grille aussi sûrement que l’exemple du feu rouge, parce que la lenteur et le manque de confiance en soi sont aussi dangereux que l’inverse. Si vous tergiversez à une balise de priorité, l’examinateur sera en droit de penser que vous n’arrivez pas à évaluer les distances et la vitesse des autres véhicules, ou bien que vous paniquez et que vous n’osez plus bouger en attendant que ça se calme sur la route.
Donc, si vous ne vous sentez pas suffisamment à l’aise, 2 ou 3 leçons supplémentaires peuvent suffire à régler le problème et vous coûterons moins cher que d’être recalé !
Attention aussi à la convivialité : appréciée lorsqu’elle est utilisée à bon escient, elle peut vous coûter votre permis si le fait de laisser traverser poliment le piéton là où il n’a pas droit le met en danger ou bien si l’examinateur peut en conclure que vous n’avez pas su que la priorité était pour vous !
Enfin, sans faire une démonstration de mime, n’hésitez pas à tourner légèrement la tête pour les vérifications rétros : un simple coup d’œil peut ne pas être perçu par l’examinateur qui vous reprochera d’avoir changé de file sans regarder.
Gérez votre calendrier : comme pour Bison Futé, il y a des périodes classées rouge par les examinateurs : si vous n’êtes pas franchement un conducteur irréprochable et plutôt hésitant, vous avez plus de chance d’avoir votre permis en octobre ou février, plutôt qu’à la veille des vacances d’été ou des fêtes de fin d’années, car l’examinateur ne veut pas endosser la responsabilité de lâcher un pitt bull déjanté sur les routes à des périodes où elles sont surchargées !!!!
D’une manière générale, si vous en avez la possibilité, le 100 pour 100 de réussite, c’est la conduite accompagnée parce que, justement, vous avez acquis l’aisance d’un conducteur.
Le « plus » non négligeable de la conduite accompagnée, c’est que, côté assurance, vous ne démarrez pas au statut jeune conducteur puisque vous avez derrière vous 2 ans de conduite attestés par l’auto-école et au prix où sont les assurances, le gain est énorme !
Si vous avez choisi la conduite accompagnée, faites l’effort financier de reprendre 1 ou 2 leçons avant l’examen pour vous remettre la voiture de l’auto-école en main, sinon, le changement peut vous faire perdre les pédales (c’est la cas de le dire) et caler ou brouter à chaque démarrage parce que la sensibilité de l’embrayage est différente : ce n’est pas franchement propice à la réussite !!!
Voilà ! Bon usage et bonne chance !