cher achillek... désolée pour ce qui t'arrive et pour tout ce que je vais te dire ; je ne cherche pas à te casser les pieds (une fois suffit, non ?!) avec une morale à 2 balles, mais à t'aider pour l'avenir qui se déroule devant toi :
1/ tu ne récupéreras jamais complètement : une cicatrice, quelle qu'elle soit, est un tissu cicatriciel, pas un tissu neuf. Tout ce que tu peux faire, c'est chercher un maximum de soutien pour aider ton organisme à se rapprocher le plus possible de son état antérieur : culture d'une bonne motivation personnelle, car la guérison commence par toi, lectures, recherches sur internet d'articles, de forum de discussion, etc., recherches de médecins, praticiens qui peuvent vraiment t'aider à récupérer au maximum et surtout, à éviter les trucs à ne pas faire ; par exemple, une de mes connaissance vient de se faire immobiliser la cheville car elle n'en pouvait plus de souffrir, or, il paraît que c'est une erreur car, si la douleur disparaît effectivement, elle ne disparaît pas définitivement et revient au bout de quelques mois, jambe raide en prime posant problème à l'autre jambe et au rachis...
2/la prochaine fois, bla la bla...
En plus simple, contrairement à ce que cherche à nous faire croire cette société consumériste à outrance, un corps, ça se casse, et même, c'est fragile ! Or, comme c'est notre camping car perso et qu'on ne peut pas en changer, on a intérêt à le bichonner si l'on ne veut pas perdre à l'argus !
En résumé, quand James Bond se prend un chargeur de mitraillette ou saute du 5ème étage et continue sa course sans sourciller ni froisser son costard... ou qu'Indiana Jones est tiré à plat ventre sur 5kms par un tank au grand galop et s'en relève en tapant la poussière de sa veste avec le plat de son fouet... c'est du cinéma, pas la vraie vie ! Et je ne parle pas de l'arnaque morale des jeux vidéo où "même joueur", lui, "joue encore !"...
Je sais que tu ne l'as sûrement pas fait exprès (enfin, j'espère !), mais quand je vois des jakass ou des abrutis.com, je m'inquiète beaucoup pour leur santé mentale... et leur avenir !
J'ai vu, dans un centre où l'on tente de récupérer les comateux, un gosse de 18ans à qui il manquait 1/4 de la boite crânienne parce qu'il s'est mangé le trottoir avec son scooter en faisant le mariol, la mâchoire pendante et le regard absent... flanqué à sa droite d'une mère détruite et d'un père effondré, et à sa gauche, d'une petite copine qui ne voyait visiblement pas son avenir dans tout ce désastre... Alors, le "à moi, ça ne m'arrivera pas !", ça commence à me gaver !!!
Tout ça ne veut pas dire qu'il faut vivre plan-plan sans rien risquer, mais qu'il faut avoir le bon sens de mesurer avec lucidité les enjeux...
3/Enfin et surtout, le plus important, ne fait jamais aveuglément confiance au corps médical, qu'il soit de Dakar, de New-York ou de Paris... Ces gens-là sont des hommes comme les autres : comme dans toutes les professions, il y a des "mauvais"... même les bons passent aussi de mauvaises nuits et ont des mauvais jours où ils se plantent ou passent à côté de quelque choses qu'ils n'auraient pas laissé passer d'ordinaires.. et , zut, pas de bol, ça tombe sur toi !... d'autre part, le corps médical montre une fâcheuse tendance à se croire infaillible, à considérer que l'enseignement qu'ils ont reçu l'est aussi et qu'il ne saurait y avoir de trublion dans le genre "exception qui confirme la règle"... que,"eux, ils savent, mais toi, même si c'est de ton corps dont on parle, tu n'y comprends forcément rien et que, donc, ce que tu ressens est purement psychosomatique (ça, asséner le "psychosomatique", ils aiment bien !)"... et tiennent rarement compte de remarques que tu pourrais susurrer poliment...
Petit exemple de réaction avertie :
un de mes amis fait une chute de ski ; comme on le déconseille, il avait la sangle de son bâton entre le pouce et le reste de la main et,bien sûr, comme c'est la raison pour laquelle on le déconseille, il a le tendon du pouce arraché.
Aux urgences proches de la station où l'on a pourtant l'habitude de voir défiler cette pathologie, il y a tellement de monde qui afflue pour des soins, qu'on le plâtre vite fait pour une entorse au poignet, sans prendre le temps d'une radio et on le renvoie chez lui au repos pour trois semaines.
Vrai coup de bol : il rentre immédiatement chez lui où une de ses amies, infirme de la main à cause d'un même cas de figure (pas de bol !) lui explique qu'il faut diligemment aller passer une radio de contrôle, pour s'assurer que le ligament n'a pas été arraché car, dans ce cas, il faut le recoudre rapidement avant qu'il ne se racornisse définitivement et de manière irrécupérable.
Il se précipite à l'hosto du coin et, oups ! son ligament est en roue libre : immédiatement pris en charge pour casser le plâtre et recoudre son ligament, il a retrouvé un usage normal de son pouce qu'il aurait perdu sans le témoignage de sa copine.
Bon courage pour la suite... (on ne peut pas enlever les éclats d'os ?)