Me voila taxé de terrorisme intellectuel : on m’accuse d’utiliser mon petit savoir pour violenter autrui… ce qui m’envoie au panthéon des salauds de la « violence institutionnelle », ce plaisir des petites bites et des vagins asséchés du clan des enseignants (dont je ne suis pas) de tourmenter les élèves pour camoufler leurs frustrations…
J’espère ne pas être ni l’un ni l’autre. Je suis désolé si je t’ai blessé. Je me suis sans doute emporté mais je vais plaider ma cause, question de savoir si elle est légitime ou pas:
En te lisant, j’y ai vu plusieurs reproches et sous entendus :
-sous entendre l’incompétence de l’auteur : Allons bon ! Elle aurait oublié la plasticité cérébrale ; si le cerveau féminin existe, il tend à se libérer au fil des ans des déterminations biologiques. C’est vrai, mais l’auteur ne traite que du déterminisme hormonal sur le cerveau… Au mieux, on peut taxer le livre de mentir par omission et se simplifier le savoir (quand elle compare la vasopressine à une « énergie mâle agressive subtile », je suppose que les scientifiques « sérieux » ont du ricaner.) mais peut-on évacuer sa démarche en un tournemain (les hormones influencent le cerveau et les comportements. On le sait) ?
-sous entendre l’absence de débat alors que la communauté scientifique est traversé d’avis contradictoires. La question finalement est de savoir ce qu’en pense la communauté scientifique dans son ensemble. Tandis que la recherche française s’oppose bec et ongle à l’idée que notre destin en tant qu’individu sexué puisse être inscrit dans notre cerveau ; la recherche américaine développe largement la thèse. L’honnête homme doit admettre que le champ est libre.
-sous entendre le ridicule de la question : ça y est ! En revoilà une autre qui relance le débat sur les vieux préjugés…On taxera de « réductionnisme » le point de vue (remarque : quand un sociologue dit que l’identité féminine est une construction sociale, il fait aussi du réductionnisme…la femme peut être biologique, psychologique, littéraire, que sais-je ?) Que le livre soit bourré de préjugés hommes/ femmes ; ben, c’est normal ; elle propose une explication dessus.
Finalement, pour moi, ça suintait le flicage de la pensée et le désir de « boycotter » des livres sous prétexte qu’ils n’entrent pas dans le moule de la pensée unique. Désolé donc si mes suppositions étaient foireuses, mais tout lecteur tend à lire au delà des mots…
D’où mon exhortation à le parcourir, ce livre tant décrié. Il n’est sans doute pas le brûlot que l’on vous fait croire…Et si en interrogeant un neurologue français ; il crie au scandale ; je constate avec un brin d’ironie que le neurologue américain, lui, applaudirait…
ET C’EST LA OU CA DEVIENT INTERESSANT !!!!! (Attention : Carter lève le voile !)
Pourquoi la recherche américaine apprécie tant ce genre de thèse tandis que la recherche française les rejette ?
La réponse claire, honnête est de dire que s’il y’a des déterminismes biologiques, le cerveau a l’entière capacité de s’en libérer. C'est-à-dire que l’individu lambda peut ou non s’en libérer : c’est un acte personnel ; mieux : psychologique au sens noble. Bref, entre le déterminisme biologique et le déterminisme social, existe la liberté de la psyché…
Dit comme ça, ça ne passionnerait pas les foules. Pourquoi donc une polarisation du débat chez les américains ?
Parce qu’à mon avis - et c’est purement mon avis- l’Amérique et les université américaines ont été traversées par la violence du féminisme et qu’une nouvelle génération d’intellectuels de tout bords ont tout simplement marre de subir cette violence. C’est la contre-attaque.
D’ailleurs, les travaux américains montrent qu’il n’y a pas de différences de salaires entre les hommes et les femmes et que les présupposés inégalitaires du féminisme sont caducs. Le livre « 101 idées reçues en économie », qui vient de sortir, s’interroge sur les fameuses statistiques françaises et les réduisent largement leur portée (elles ne prennent pas en compte le fait que les femmes ont plus de boulots à mi-temps, de sorte que cela creuse un écart plus grand dans le calcul des inégalités). Personnellement, j’ai toujours trouvé bizarre cette idée qu’un patron puisse moins bien payer une meuf que son homologue masculin à l’embauche. La morale bourgeoise des patrons ne devrait pas aller dans ce sens…
Pourquoi tant de travaux américains en psychologie, en neuroscience, en économie et autres dessus ? Parce que ça fait un quart de siècle que les femmes ont tapé sur les mecs dans leurs propos et que de nombreux mecs devenus chercheurs,ayant vu la génération de leur père se faire traiter de tous les maux, se rebiffent.
Les excès du féminisme vont se payer cher. Elles ne l’ont pas démérité car c’est un peu de leur faute : elles ont toujours taxé de facho, de misogyne toute personne critiquant leur point de vue. Et c’est aussi de la faute des intellectuels mâles qui n’ont jamais eu les couilles d’oser lever le voile sur les contradictions manifestes de leurs théories ; de sorte qu’elles n’ont pas pu les polir par la saine action de la critique, comme le fit Karl Marx ou Freud face aux nombreuses attaques argumentatives. Dans la pensée, mieux vaut se faire plein d’ennemis prêts à lancer le fer ; plutôt que de les voir se taire par la craindre d’une disgrâce.
Les féministes n’ont fait que regimenter leurs pensée par la PEUR et la disqualification systématique de leurs opposants. C’est déjà intolérable intellectuellement, même si la condition de la femme dans le monde non occidental leur donnait une grande légitimité.
En parfait observateur de mon temps, je constate où cela nous amène de diaboliser des argumentations. Et il ne suffira pas de cracher sur un livre, tant leur nombre grandisse sur les étals des librairies…
"Ne prenez pas la vie trop au sérieux. De toute façon,vous n'en ressortirez pas vivant!"