A Don.r : laisse tomber la jalousie, ça fait souffrir inutilement ; moi aussi j'ai eu mon compte sur de nombreuses autres questions !
A soconfidenciel et karol, si elle passe par là :
Le vrai secret du bonheur :
Voir les choses telles qu’elles sont et non :
- tel qu’on aimerait qu’elles soient
- tel qu’on croit qu’elles sont
C’est- à dire voir que les choses sont :
- dépourvues de soi
- impermanentes
- conditionnées
Et ce, à commencer par soi en se posant quelques questions du genre :
- s’il y avait un soi, c’est-à-dire un être éternel et autonome, nous serions maîtres de ce corps : il n’y aurait donc ni vieillesse, ni maladie, ni mort, car il n’y a personne qui le souhaite et nous serions tous beaux (que ceux qui ont envie d’être laids ou sont contents de l’être lèvent le doigt !!!)
- s’il y avait un soi, où se situerait-il ? Seraient-ce toutes les parties du corps : dans ce cas, si l’on se coupe un doigt, il y aurait deux soi ?!
- s’il y avait un soi, où serait-il quand on est dans le coma ?
- etc… il y en a beaucoup, des questions comme celles-là !
Donc, à l’observation, il semble qu’il n’y ait pas de soi, de personne autonome et distincte, mais un ensemble de causes et conditions qui font que les phénomènes se manifestent : ils apparaissent, croissent, puis décroissent et disparaissent. Dans le cas de l’être humain, l’assemblage est des plus complexe et le but ici n’est pas de nous lancer dans une telle étude : le but est plutôt de comprendre CE QUE L’ON N’EST PAS !
Les progrès de la science en ce qui concerne la chimie du cerveau sont en train de mettre au jour le jeu complexe des hormones sur le comportement que l’on appelait jusqu’alors « personnalité » : c’est amusant de voir qu’il y a des hormones de l’amour maternel ou de la violence, par exemple, ce qui fait qu’à la grande loterie de la naissance, il y a des aimants, des indifférents ou des violents qui viennent au monde totalement victimes de leur lot. Et il serait vain d’espérer ou de croire que la beauté, la santé et toutes les plus belles qualités de mental mettront à l’abri de la souffrance, de la plus petite insatisfaction à la souffrance morale ou physique la plus intense.
Aussi, tout ce qui arrive à ce corps et le fruit de causes et conditions : en cela ; l’univers est parfait, car il ne pouvait rien arriver d’autre que ce qui arrive, sinon, les causes est conditions auraient été différentes.
Et, du coup :
- le cœur s’ouvre et la compassion se dispense à constater que nous sommes tous dans la même galère à souffrir, à ne rien maîtriser, à subir beaucoup et à devoir s’accommoder souvent… et que ce n’est de la faute de personne : ce sont simplement les causes et conditions… Même nos pires ennemis sont dans la même souffrance que nous et le savoir modifie notre regard sur eux…
- tout ce qui arrive n’est jamais personnel et les pensées du genre « je n’ai vraiment pas de chance », « ça n’arrive qu’à moi » ne sont que des souffrances supplémentaires que nous nous ajoutons tout seuls.
- la vision du monde s’éclaire et, plutôt que de nous accrocher à nos regrets et remords ou au contraire, à notre autosatisfaction ou encore, à nos projets comme à des choses d’importance vitale, nous commençons à lâcher-prise…
Vivre heureux, c’est regarder la réalité telle qu’elle est, la sienne et celle du monde, d’avoir des projets de vie en adéquation avec cette réalité, mettre en place toutes les conditions pour qu’ils se réalisent sans en faire une affaire personnelle et se contenter de ce qui en ressort : c’est une réussite, tant mieux ; c’est un échec, tant pis, ce n’est pas grave, l’important est d’avoir fait de son mieux pour avoir la conscience tranquille et d’accepter la donne…
Ainsi, dans le cas des histoires d’amour, par exemple, voir la réalité comme elle est et vivre heureux c’est :
- voir l’autre tel qu’il est vraiment et non comme on le fantasme
- ne pas perdre de vue un seul instant que, comme tous les phénomènes conditionnés, l’amour est sujet au changement et à la maladie, puis à la mort
- si l’amour qu’on éprouve est fort et sincère, faire de son mieux pour nourrir la relation le plus possible pour qu’elle dure le plus longtemps possible
- ainsi, quand il finira, parce qu’il finira forcément, ne serait-ce que par la mort de l’un des deux, être en paix avec cette fin, parce qu’on aura tiré le meilleur de cette opportunité que la vie nous a offerte
Si tu as envie de développer un peu le sujet, je te conseille de lire ce livre remarquable tout frais traduit par une amie bouddhiste :
Ajahn SUMEDHO
L’ESPRIT ET LA VOIE
Reflexions d’un moine bouddhiste sur la vie
Editions SULLY