"Dans le monde, penses-tu vraiment qu'il y a autant de femmes qui violent des hommes que d'hommes qui violent les femmes? "
En effet, je pense pas que les femmes violent plus que les hommes...mais la violence dont va user un individu nait de ses avantages acquis ou innés...le patron pratique un harcèlement moral du fait de son statut, l'homme une violence physique de sa force et la femme?
Mais, loin de moi l'idée de rejeter les évidences, de spolier la femme des violences qu'elle subies...Mon propos est autre...
Pour prétendre à une inégalité dans une condition, la logique veut que l’on utilise une balance et que l’on mette dans l’une des coupelles la somme des inégalités à l’encontre de l’un des plaignants et dans l’autre les mauvais traitements dont se plaint l’autre protagoniste ; afin de savoir ou penche la balance…
Le principe de Salomon transposée à une question dont la réponse finit plus par être un conditionnement pavlovien qu’à une véritable démonstration :
- au jeu victimaire, la condition de la femme est-elle pire que celle des hommes ? dit autrement, la dissymétrie des rapports hommes/femmes est vraiment au désavantage des femmes ?
Car sinon, vous n’émettez pas la possibilité « d’avantages secondaires » qui puissent contrebalancer une forme d’injustice : il est peut être injuste en soi d’être « dominé » par un patron mais si cela vous l’enlève la peur de la décision, on doit admettre que vous y gagnez quelque chose (horreur ! c’est moi qui parle ainsi !)
Un exemple que tu cites : "Certes les filles réussissent mieux à l'école que les garçons jusqu'au secondaire, mais elles ont un parcours bien différent "
Il faut alors distinguer deux choses dans les injustices possibles:
-les difficultés scolaires et la facilité à réussir scolairement
-le choix de l'orientation
Il me semble déjà que l'une est légèrement plus injuste que l'autre. Si l'orientation est souvent un choix personnel, les difficultés scolaires, elles, ne le sont pas. Et le taux d'obtention d'un diplôme de fins d'études secondaires, selon le sexe dans les 19 pays de l'OCDE montre que plus d'hommes que de femmes cessent d'étudier sans avoir de diplôme. En 1997-98, au Québec, la cohorte des élèves du primaire affichant un retard était composée d’une proportion de 61% de garçons, tandis que la cohorte des élèves en avance était constituée de filles dans une proportion de 59%. C’est un fait : les garçons peinent scolairement plus que les filles…
Admettons toutefois qu’il y’ait une injustice dans le choix des filières peu reluisantes chez les femmes. Apres tout, il est difficile de créer une hiérarchie des injustices, je le concède ! Mais le principe de la balance devrait nous aider à identifier la « victime » ! Mettons les deux injustices sur la balance, sans poids sur leurs valeurs, il me semble que le choix catastrophique de ces dames s’annihile avec la difficulté d’apprendre des garçons.
La balance, logiquement, ne penche pas vers l’un ou l’autre plaignant…
Donc l’absurdité comportementale des filles à s’orienter dans les filières prestigieuses serait forcement la marque d’une inégalité ; par contre la difficulté des garçons à apprendre leurs cours ne devrait soulever aucune indignation…Curieuse conception de l’égalité des chances…
Bon d’abord, quelques précisions : je ne conteste nullement les avancées du féministe et ma critique concerne deux points :
- au jeu victimaire, je ne suis donc pas sur que la condition de la femme soit pire que celle des hommes : elle est différente mais pire, j’en doute ! La femme a aussi ses « avantages secondaires » et cela explique sûrement qu’elle préfère les podiums aux cours de mathématiques appliqués, au grand dam des féministes qui les exhortent à choisir un oscilloscope plutôt que des dessous affriolants...
Une analyse biopsychosociale des inégalités hommes/femmes ne donne pas cette impression. Déclarer une vulnérabilité des hommes ne réduit en rien l’inégalité des traitements, c’est exact, ni n’annule la démarche…mais cela réduit indéniablement la charge contre la fameuse « domination masculine », non ?
-point 2 : le féminisme peut cacher une volonté de suprématie sociale, une vision ou la femme a toujours le beau rôle face à de méchants garçons (qui doivent chaque matin regarder dans leurs caleçons pour trouver le motif de la vindicte à leur égard, chemin de croix que tu m’as gentiment conseiller de faire… « Regardes, Carter ! Regarde l’objet du tous ce mal terrestre ! » ). Je ne joue au mieux que les Cassandres, soucieux qu’un argument d’égalité ne se pervertisse pas en une dictature de la bien pensante (et perso, il suffit de me dire « interdit de penser à cela » pour que je gratte la question…). Mais bon je n’ai pas parcouru l’intégrale de la littérature de ces dames, de sorte que je n’émets qu’une hypothèse…
Les limites de mon analyse sont les suivantes :
-mon approche est viscéralement subversive (désolé, mais les féministes ont pignon sur rue. Je ne les vois nulles parts attaquées en occident ! Donc ça me donne forcement envie de le faire !)
-je ne parle que dans les sociétés dites « riches et développés ». Les arguments comme les conditions des femmes de Kaboul, le viol comme stratégie militaire et gestion des troupes, la polygamie, et tout et tout, ne sont pas mes propos…Mon intuition me dit que tu les développeras mieux que moi…
-je ne me focalise pas sur un passé somme tout victorieux et respectable du féminisme. Et je n’ai pas envie spécialement de faire renvoyer les femmes aux fourneaux…Me faire l’apologie des conquêtes passées (avortement, droit de vote) pour interdire toute critique est fallacieux. Ca me rappelle l’argument de ceux qui nous exhortaient à voter oui au traité constitutionnel européen en en appelant à la paix en Europe.
- « Voulez-vous donc que la guerre ravage l’Europe ? » nous disaient-ils…
- « Non, bien sûr, mais c’est plus pareil » rétorquait-on
Bref, un fois dites les choses, on peut couper dans le gras…Ce qui aboutit, n’en déplaise aux universitaires qui flingue la nouvelle approche si «réactionnaire » de la psychologie évolutionniste à l’introduire dans mon champ de vision (je me demande d’ailleurs en quoi une approche scientifique doit-elle à s’occuper des idéaux sociétaux ? Elle recherche à décrire une réalité. Point barre) … Alors que ou pencherait la « balance » virtuelle ?
Darwin a définit le principe de sélection sexuelle chez l’homme, où l’accès à un partenaire sexuel repose sur l’avantage de certains individus possèdent sur les autres du même sexe : il l’appelle dominance (et c’est plus classe que « domination » cher à Bourdieu). Au cas ou tu ne l’aurais pas remarqué, il ne suffit pas d’avoir un zizi qui fonctionne pour se reproduire. Encore faut-il trouver un partenaire, la convaincre que l’on est le meilleur, le plus génétiquement apte, et tous les conneries qui vont avec.
Et c’est la que niche la dissymétrie des rapports hommes/femmes : les stratégies sexuels des hommes ne sont pas celles des femmes, c’est à dire que l’effort à consentir pour se reproduire est donc différent d’un sexe à l’autre : tandis que l’effort de l’homme se concentre sur la recherche d’une partenaire, celle de la femme se concentre dans l’énergie du parentage des enfants.
Traduisez simplement : l’énergie de l’homme sera dépensé dans la COMPETITION et la recherche de cette dominance, si haïe par les femmes (et dont finalement, elles ne sont pas nombreuses à rechercher en pratique ; et pour cause). Etre le plus fort, avoir les ressources pour « impressionner » Madame, cela a un coût qui ne va dans le principe de conservation de l’organisme : il doit se dépenser et prendre infiniment plus de risque pour impressionner Madame ! D’où sa grande fragilité comportementale, psychique, et physique...
Du coup, on peut voir le paradoxe de la condition masculine : les hommes sont attirés par la dominance, le pouvoir et le statut hiérarchique parce que la sélection naturelle les a fait évoluer vers ce profil afin d’assurer la survie de l’espèce. Malheureusement, cette même dominance les fragilise et devient la responsable de ces vulnérabilités masculines que l’on observe (lire Cloutier et l’analyse, stats à l’appuie de ces vulnérabilités)
Conséquemment, on comprend pourquoi le bourgeois a moins de pathologie que l’ouvrier :
En effet, le bourgeois n’est pas plus programmé pour être plus résistant, mais il culmine dans la hiérarchie sociale et c’est sa condition « de dominant » le rend indéniablement moins vulnérable car il a moins à se battre pour justifier sa dominance : voila pourquoi moins d’obésité, moins de malnutrition, moins d’activité physique, moins de comportement à risque, moins de soutien social peuvent être relevés chez nos bourges (comme chez leurs femmes d’ailleurs…). Le fait que le bourge n’ait pas à obtenir une dominance me parait l’argument phare…
Et vous voyez vite ma conclusion : pour comparer les rapports hommes/femmes dans ma logique : « la condition de le femme est-elle pire que celle de l’homme ? », on se doit de les comparer sur des mêmes classes sociales (ce qu’a fait Overfield). Introduire la notion de classe sociale, c’est introduire une autre variable, elle aussi décisive. Mais cherche t-on a définir les inégalités hommes/femmes ou les inégalités de classe ???
Et on obtient quoi si on compare ?
Ce que j’ai précisé plus tôt. Mes sources sont celles de travaux de Tremblay et al. Realisés au Quebec ; de ceux de Courtenay aux USA ; et de la Meta analyse de Byrnes sur la santé des hommes. Je les pris dans « les vulnérabilités masculines » de Richard Cloutier. ET d’ailleurs, je me remarque que tu ne me contredis que sur l’interprétation…
Bref, si la dominance est une malédiction pour les hommes…si l’homme a aussi des vulnérabilités … Si finalement, il y’a une vraie souffrance de la condition masculine… Où penche la balance virtuelle ?
Et si elle ne penche nulle part, c'est-à-dire que la souffrance de l’un n’est pas celle de l’autre, mais se valent ; alors on voit la vanité des apports des féministes actuels à l’humanité : leur idéal est de changer de calife à la place du calife pour être plus heureux ! Changer les rôles sociaux ne nous rendra pas plus heureux : le système n’est pas modifié ; seulement ses rapports de force… Quelle belle révolution en perspective…
Si la souffrance de l’un n’est pas celle de l’autre, mais se valent car la balance ne penche ni pour l’un, ni pour l’autre ; il faudra admettre que ces souffrances sont plus le fruit d’une société hiérarchisée à l’extrême plutôt que ceux d’une déplorable domination que les hommes ont sur les femmes depuis 2000 ans…
Soit la thèse b) que j’avais émise sur le fait que la polyvalence serait la fin des inégalités pour tous (hommes et femmes compris)
"Ne prenez pas la vie trop au sérieux. De toute façon,vous n'en ressortirez pas vivant!"