« « des rêves socialement préfabriqués oui, mais des rêves génétiquement programmés, »
Voile de belles paroles fabriquées au coin du bon sens. Bon, on peut toujours remarquer que le social se construit forcement sur le biologique ; mais que l’action de ce dernier lui laisse suffisamment de champ libre pour penser autrement les rapports humains… il est indéniable que les gènes ne programment pas plus à devenir « belle gourde » que « 1er de la classe » (ce dont nos profs tendent à oublier en prétextant des manques de compétences de la part des têtes récalcitrantes). Au fond, il n’est même pas sur que la Nature ait conféré un but à l’homme ; contrairement à ce que l’on nous dit (après tout, l’argument de l’évolution ne confère des buts aux hommes que s’ils ont le bon goût de vouloir se reproduire ; ce dont ils ne sont obligés de faire…)
La question est donc plutôt de savoir ce que l’on fait de ce constat…on peut :
a) postuler une dissymétrie des rapports hommes/femmes ; forcement à l’encontre de l’un des deux protagonistes qui bouffe littéralement l’autre..
b) postuler que nos sociétés sont tellement technocratiques qu’elles produisent par besoin d’efficacité une telle répartition des taches que nul ne peut y réchapper, une fois l’étiquette collée à son front : la liberté serait dans la polyvalence et non pas dans la spécialisation des taches. Dit autrement, se spécialiser, c’est créer de facto la notion de métier…Savoir que certains métiers sont plus ou moins valorisés importent peu : parce qu’ils existent, l’inégalité existe.
Bon, le constat a) est le plus souvent admis. Il aboutit à :
1) avantager le désavantagé. Donc la femme…
2) égaliser les rapports en les dénivelant vers le bas, soit la condition la plus critique pour tous : c’est le mouvement actuel : on pousse les hommes a développer les « idéaux communément admis comme féminins », parfaitement en accord avec une société dépolitisée et consumériste. La fameuse « féminisation actuelle des hommes », où l’homme est convié à devenir un « homme pétasse » ; ses fesses s’exhibant désormais dans les pubs et je suppose qu’il faudra peu de temps avant que l’on nous montre après le JT un homme jouir en bouffant des petits suisses…
3) égaliser les rapports en le dénivelant vers le haut : pas d’exemple précis en tête…
Bon, je parlote mais encore faudrait-il savoir si la dissymétrie des rapports hommes/femmes est vraiment au désavantage des femmes…Ben, ouais.. C’est con à dire mais je trouve l’analyse de la balance pas si objective que ça : les sociologues ne prenant au fond qu’un patchwork de faits tirés de leurs points de vue…
Or il me semble qu’il y’a là une faille de la méthode…Elle est, au mieux, exclusivement sociologique (au mieux, économico sociologique, on va dire), or la sociologie n’est qu’une approche parmi tant d’autres de l’être humain…
L’approche la plus complète sur l’être humain à ce jour étant l’approche biopsychosociale, il me semble qu’affirmer une dissymétrie entre les sexes ne peut passer que sur une telle analyse…
Prenons un exemple simple : La Justice défavorise t-elle les femmes ?
Je n’ai pas entendu une féministe se plaindre de l’injustice dont sont victime les pères dans les jugements actuels dans la garde des enfants, selon le principe de « l’instinct maternel » ?
Quelle féministe trouve anormale qu’un homme ne puisse refuser d’être père contre son gré ? La femme choisit sa maternité mais l’homme ne peut choisir sa paternité…
Pourquoi la loi prétend une quelconque inégalité entre les hommes et les femmes en ce qui concerne le viol : les hommes sont les « auteurs de viol », passible de 15 ans de réclusion, tandis que les femmes ne peuvent se rendre coupable que d’agression sexuelle, délit puni de 5 ans…
En parcourant le « Nouveau Code de la sexualité » de Barillon et Benussan, l’inégalité des rapports hommes/femmes ne semblait pas au désavantage des femmes ; bien au contraire.
Vous voyez où je veux en venir ? Insister sur certains poids de la balance (salaire, répartition des taches,) en omettant le reste modifie forcement l’analyse des rapports de forces. Ou le bon vieux principe de mysdirection des prestidigitateurs : amener le projecteur là où l’on souhaite prouver son point de vue… Je passe l’approche sociale sur les salaires, les études, le « plafond de verre » dont sont victimes les femmes. Je ne vais pas contester les évidences ! Mais seule une approche biopsychosociale peut résoudre de la question dans sa globalité (et pour statuer, il me semble que seule une approche globale le permet) …
Alors, y’a-t-il eu une approche biopsychosociale des rapports hommes/femmes ? Dit comme ça, je n’en ai pas lu ; mais il y’a eu un petit livre d’un psychiatre et psychologue universitaire, Richard Cloutier, nommé « les vulnérabilités masculines ». Il n’a pas pour but de rejouer la guerre des sexes mais d’analyser les difficultés des hommes au cours de leurs vies, en vue d’une meilleure socialisation des hommes. Donc, pas la peine d’aller dénigrer ce livre… Mais sa lecture a fait l’objet d’une bombe à mes yeux. Ce livre partait de son étonnement de rencontrer plus de difficultés à soigner en psychiatrie les hommes que les femmes. Y’aurait-il une vulnérabilité masculine ?
Bref, stats à l’appuie, il montre ;
- la vulnérabilités physiques des hommes, de leurs naissances à leurs morts: plus grande mortalité néonatale du sexe masculin, plus grande sensibilité aux maladies infectieuses, 22% de chance de mourir prématurément pendant l’enfance, faible réactivité immunologique comparée au filles, développement précoces des filles comparée aux garçons. Bablabla bablabla…
-une plus grande vulnérabilité psychique : le suicide touche plus les hommes que les femmes (au Qebec, 4 suicides sur 5 sont des hommes) Si les femmes font plus de tentatives de suicides, ce sont les hommes qui se suicident le plus. Soins psychiatriques plus long que pour ses dames…
- une plus grande vulnérabilité comportementale : les hommes sont bien moins suivis en santé que les femmes (ils passent moins d’examens préventifs). Plus d’obésité chez l’homme que la femme, plus de malnutrition, moins d’activité physique, plus de comportement à risque, plus de travail à risques élevés, moins de soutien social (ils sont tous seuls, les mecs)
Sur ces faits, on peut en conclure :
-la supériorité génétique des femmes : cette vulnérabilité physique des hommes sur les maladies se retrouve tout au long de la vie, de la naissance à la mort. Selon Overfield (« Biological variation in health and illlness ») : « lorsque les conditions sociales sont contrôlées, les femmes démontrent une santé égale et meilleure que les hommes » de sorte que les arguments socioculturels et économiques ne tiennent plus. .Pour Fischer, c’est le métabolisme lent des femmes qui explique cette supériorité génétique…
-la dominance et vulnérabilité masculines sont complémentaires ! : les théories de l’evopsy ou la psychologie évolutionniste expliquant les rapports hommes/femmes se confirment dans les faits : les hommes tentent désespérément de diriger pour s’approprier les femmes et c’est cette énergie à vouloir la dominance qui débouche sur ces mêmes vulnérabilités…
Pauvre mâle ! T’aurais mieux fait d’être homo, mon gars ! Tu te détruis proprement à la tache, mon bougre d’âne...
Bref, question biologique, le femme est sur avantagée…Question psychique aussi…Reste que le social au mieux pour identifier les inégalités à l’encontre des femmes…
J’en arrive donc à soupçonner derrière les combats féministes actuels une simple guerre de pouvoir ou finalement, on veut être « calife à la place du calife »…
Ce n’est pas l’égalité qui est recherchée, mais le pouvoir social. Et si tel est le cas, le combat des féministes m’importe peu.
Et j’ai même envie de dire : gagner le, ce fichu combat ! Développer une dominance féminine ! Puisque qu’il a un lien entre vulnérabilité et dominance, il se pourrait qu’en 2000 ans d’Histoire, la condition du mâle prédateur s’améliore (mais pas celle des femmes)…
"Ne prenez pas la vie trop au sérieux. De toute façon,vous n'en ressortirez pas vivant!"