Cochise : « Le procès d'un inculpé, qu'il soit condamné à vie ou à mort coûte le même prix, les enquêtes sont les mêmes »
Faux : Dans le cas des condamnations à mort, les procédures d'appel durent des années, le procès est plus complexe et plus long et la plupart du temps, les condamnés sont défendus par des avocats payés par l'État (dans la mesure où ils n’appartiennent aux classes sociales les plus défavorisées) Désolée, je suis obligée de parler des USA parce que dans les autres pays pratiquant la peine de mort, les procès sont approximatifs – on peut lapider un criminel d’enfant mais également une femme adultère ou un homosexuel - et les méthodes d’exécution sont très sommaires donc forcément, le coût est moindre. Mais je ne pense pas qu’il soit envisageable de faire cela en France… (Sources : Le Point et Le Figaro)
Pour reprendre la même idée :
« Les affaires criminelles concernées par la peine de mort impliquent de doubler le nombre d'avocats, multiplient les motions préalables aux procès, nécessitent la présence d'experts, des processus de sélections des jurys beaucoup plus longs et onéreux et, d'une façon générale, des temps de préparation passés au tribunal par tout ce petit monde beaucoup plus longs que la moyenne. Par ailleurs, dans les cas où la sentence mortelle est prononcée, un nouveau et toujours très long processus d'appel auprès des différentes institutions juridiques est engagé. Multipliant d'autant ces coûts déjà très élevés. » (Source : Jim Oppedahl, un ancien administrateur de la Cour d'État du Montana)
Cochise : « La différence de coût se fait donc sur le séjour en prison.... ou pas.... rien d'autre..... et comme on ne parle pas de quelques mois, c'est cela qui coûte, et comme vous le dites qui coûte la même chose pour tous les prisonniers, quel que soit leur degré de délinquance »
Entretenir un couloir et une chambre de la mort est aussi plus onéreux que le fait d’entretenir une prison classique (source : courrier international, le point)
Pour finir, je soulignerais le fait que la peine de mort n’a aucun effet dissuasif et ne protège en rien du crime. Mais cela, tout le monde le sait déjà. La preuve chiffrée avec l’exemple du Canada :
1975 : taux d’homicide par 100 000 habitants : 3,09
1976 : Abolition de la peine de mort
1980 : taux d’homicides par 100 000 habitants : 2,19
2002 : taux d’homicides par 100 000 habitants : 1,9
(Source : Amnesty International)
Si les codes pénaux actuels n'autorisent pas à incendier la maison de l'incendiaire, à violer le violeur ou à torturer le tortionnaire, ce n'est pas parce qu'ils tolèrent les délits commis. C'est parce que les sociétés comprennent qu'elles doivent être bâties sur des valeurs différentes de celles qu'elles condamnent
Excusez moi d’avance mais je vais donner moi aussi dans l’émotionnel comme Cochise lorsqu’il évoque l’affaire Fofana (tout à fait dramatique c’est certain et personne ne remettra ça en cause) Je n’aime pas utiliser ce type d’argument mais sur ce forum, il n’y a que cela qui marche semble-t-il. Voici la description d’un exécution par injection :
« Mercredi soir, attaché sur la table d'exécution, Angel Nieves Diaz, 55 ans, avait une aiguille dans chaque bras quand il a pu protester une dernière fois de son innocence. Puis les autorités ont administré les produits mortels, chargés successivement de l'endormir, de le paralyser, puis d'arrêter son coeur. Mais au lieu de s'éteindre paisiblement en quelques minutes, Angel Nieves Diaz a grimacé, frissonné, lutté pour respirer, les yeux grands ouverts, avant d'être pris de convulsions et de mourir au bout d'une longue demi-heure : les aiguilles étaient trop enfoncées et les poisons ont été injectés hors de ses veines. »
Glauque, non ?
Nulle intelligence pour ce que nous faisons, rien que des éloges ou des blâmes.