Selon Max Weber il y a deux types d’éthique : l’éthique de la conviction (qui pour moi, s’apparenterait plutôt à la morale) et l’éthique de la responsabilité.
Dans le premier cas, on obéit à des valeurs considérées comme absolues, « je ne dois pas mentir, je ne dois pas tuer, etc. » Ici, nous sommes très proches de la conception de Kant. Je le cite «Agis uniquement d’après la maxime qui fait que tu peux vouloir en même temps qu’elle devienne une loi universelle. » Chez Kant ce sens du devoir (qui s’oppose à la recherche de son intérêt personnel) aboutit à la vertu mais pas forcément au bonheur et encore moins au plaisir. Il parle d’effort « méritoire » et recherche l’intention parfaite qui pourrait, à ce titre, être érigée en règle universelle.
Dans le second cas – toujours selon Weber - on prend en considération la répercussion de ses actes pour déterminer ce qui est bon ou mauvais, quitte à prendre quelques libertés avec les règles morales (exemple : dans certain cas le mensonge peut s’avérer salutaire même s’il est condamné par la morale qui prétend qu'il faut toujours dire la vérité). Ici, on le voit bien, on s’intéresse à des valeurs relatives : ce qui est bon pour l’un peut être mauvais pour d’autres. Pour moi, cette conception se rapproche plus de ce que nous appelons communément « éthique ».
D’autres philosophe comme Spinoza ou même Epicure préfèrent se demander comment vivre pour atteindre le bonheur et la sagesse en ne nuisant pas à autrui. Pour ces derniers cela ne consiste pas à suivre des valeurs transcendantes et absolues. Leur conception de l’éthique différent radicalement de celle de Kant.
Pour résumer, c’est au nom de la morale que l’on dira : « c’est bien, ou c’est mal ». C’est le propre du jugement moral. Ces valeurs sont implicitement considérées comme invariables et absolues, c’est ce qui leur donne leur légitimité et leur pouvoir de condamnation. Pour finir, je me réfèrerai à Paul Ricoeur qui considère que la morale recouvre le domaine de l’obligation.
Voilà. Quoiqu’il en soit la définition de ces concepts est mouvante et varie d’un philosophe à l’autre. La morale étant, pour Weber, similaire à l’éthique de conviction, on peut éventuellement dire que la morale est une forme particulière d’éthique. En ce qui me concerne, je préfère distinguer les deux selon ce que j’ai exposé précédemment.
Nulle intelligence pour ce que nous faisons, rien que des éloges ou des blâmes.