Nicolas Sarkozy a décidé de lancer un grand emprunt national ce que trouvent inutile bon nombre d’économistes… En effet, un emprunt national est beaucoup plus cher pour l’Etat qu’un emprunt fait tous les jours sur les marchés car, pour être attractif, il doit proposer des taux alléchants. En outre, les Français ont été un peu échaudés avec l’emprunt EDF, souscrit en masse, alors que quelques jours plus tard, le PDG d’EDF proposait une hausse des tarifs de l’électricité de 20 % sur trois ans !
Quoi qu’il en soit, puisque l’annonce a été faite, il faudra bien mettre en place cet emprunt national, qui représente plus un geste politique et un test de confiance qu’un acte économique sensé.
La commission sur le grand emprunt national a donc été mise en place mercredi 26 août. Les deux ex-Premiers ministres Alain Juppé et Michel Rocard vont en prendre la direction et cette commission a un délai de deux mois pour faire des propositions concrètes concernant le montant, les modalités et les réalisations de ce grand emprunt national qui doit avoir lieu en 2010. Il est d’ailleurs assez étonnant que deux personnalités averties au plan de l’économie comme Alain Juppé et Michel Rocard se prêtent au jeu !
La commission comprendra 22 autres personnalités, des économistes, des scientifiques, des hauts fonctionnaires et des chefs d’entreprises afin de « projeter la réflexion au-delà de l’horizon de la crise ». Parmi les personnalités faisant partie de la commission, on trouve des personnes de tout bord, allant de Nicole Notat, ex-secrétaire générale de la CFDT, Olivier Ferrand proche du PS et Président de « Terra Nova » ou encore Erik Orsenna, écrivain et ex-conseiller de François Mitterrand… Il ne manquerait plus que Bernard Tapie !
Il devrait s’agit d’investissements utiles à long terme, après la crise. Nicolas Sarkozy a évoqué « trois défis majeurs » avec des termes un peu pompeux comme « l’économie de la connaissance » (pour faire court c’est relever le niveau général de qualification).. Autre but, « le renforcement des entreprises innovantes et exportatrices » l’effort étant mis sur les PME et enfin, troisième but « les filières de demain » avec des investissements dans les nouvelles industries stratégiques, scientifiques et technologiques (on pense évidemment au développement des filières « vertes » concernant l’énergie, de la fibre optique, des nanotechnologies ou des biotechnologies).
Face à ces beaux discours, d’aucuns ont réagi en pointant du doigt la dette faramineuse du pays qui a été balayée d’un revers de main par le Chef de l’Etat, qui a indiqué que la commission ne devait pas restreindre sa réflexion à un cadre budgétaire précis.
Bref… Aucune indication pour l’instant sur le montant de cet emprunt national ni sur les modalités (appel aux Français ou aux marchés ?)… Il a juste indiqué qu’ll opterait pour la solution la moins coûteuse (donc, ce devrait être les marchés).
Reste l’image forte, d’un ex-premier ministre de droite et d’un ex-premier ministre de gauche, travaillant main dans la main pour œuvrer « à la reconstruction de la France »… Une image d’Epinal qui ne doit pas cacher la question essentielle : les Français sont-ils d’accord avec cet emprunt national ou seraient-ils bien plus prudents en pensant à la dette et aux déficits ?