Il est impossible de comptabiliser les SDF en France car bon nombre se cachent dans des endroits inaccessibles et ne profitent pas des centres de secours et d’hébergement, ni même de nourriture dispensée par les Restos du Cœur par exemple, ou de soins par la Croix-Rouge. Selon quelques enquêtes émises par des associations spécialisées, on trouverait chez les SDF de plus en plus de femmes (mais en nombre inférieur quand même par rapport aux hommes) mais aussi de plus en plus de jeunes.
L’ancienne Ministre Christine Boutin avait voulu recenser les SDF en France mais elle s’est heurtée à l’opposition des associations qui s’en occupent sur le terrain, celles-ci étant aussi opposées à l’idée d’un hébergement forcé quand leur vie était en danger.
D’après l’Insee et sa dernière étude de 2001, il y avait 86 000 SDF en France mais les associations évoquaient un chiffre de deux à trois fois plus élevé à l’époque.
Selon l’association Don Quichotte, la situation empire année après année car, malgré les annonces gouvernementales, l’on construit de moins en moins de logements et les ménages sont touchés de plus en plus par la crise.
Difficile de brosser un portrait type de SDF : il peut s’agir d’immigrés, de personnes en surendettement qui ont tout perdu, d’autres ayant subi un accident de la vie (un divorce, un décès, le chômage) ou même de personnes qui ont un contrat de travail mais qui ne gagnent pas assez pour trouver à se loger (caution demandée, contrat CDI plutôt que CDD, etc.). Il y a même aussi des étudiants qui sont SDF car il n’y a pas assez de logements !
En outre, le « droit au logement social » est peu connu et les gens ne savent comment faire pour intenter une action et les municipalités ne respectent pas toutes les 30 % de logements sociaux obligatoires dans toute nouvelle construction, certains maires préférant payer une amende plutôt que de construire des logements sociaux. Quid aussi des logements laissés pour compte et inoccupés par des propriétaires ou par des collectivités dont l’Etat fait d’ailleurs partie ? Rien ne se passe… Juste un peu plus de communication en hiver car les gens sont choqués de voir des SDF mourir de froid à la télé alors qu’ils meurent plus en été !
Alors qu’auparavant, les sans abris étaient souvent des personnes qui avaient fait le choix, pour une raison X ou Y, de faire du vagabondage, la situation n’est plus du tout la même aujourd’hui. Même des mères de famille se trouvent dans la rue avec leurs enfants (même si les cas sont rares car elles sont assez rapidement prises en charge).
Ma sœur, qui il y a deux ans encore était sous-directrice d’un centre d’hébergement pour adultes masculins dans le Nord, me disait qu’elle n’avait jamais vu autant de jeunes frapper à la porte depuis ses 30 ans de carrière !!!
Et tout ça ne doit pas occulter par ailleurs tous ceux qu’on appelle les « mal-logés », qui vivent dans des caravanes, dans des hôtels pourris, dans des chambres de bonnes vétustes, non réglementaires et à l’hygiène plus que douteuse…